Teddy Riner : « J’ai été impressionné par la qualité des infrastructures sportives que possède le Congo »

Teddy Riner

Teddy Riner

En séjour à Brazzaville le week-end dernier, au cours duquel il a eu un entretien avec le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, le judoka français a visité quelques infrastructures sportives. Au terme de cette ronde, il a bien voulu répondre à nos questions.

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B.) : Que représente pour vous ce voyage au Congo ?

Teddy Riner (T.R.) : Ce premier voyage au Congo a une forte valeur symbolique pour moi, car le Congo c’est le pays de mon coach, celui qui m’a fortement inspiré dans ma carrière, Darcel Yandzi, qui est avec moi ici, et qui pendant des années n’a pas cessé de me dire, il faut qu’on fasse quelque chose au pays. Voilà, nous sommes venus voir, avec dans nos bagages, un beau projet pour le sport congolais, que nous allons essayer de mettre en place, vu que le président de la République est totalement d’accord pour que cela se fasse.

L.D.B. : Justement, parlez-nous un peu de ce projet.

T.R. : Nous avons été reçus par le président de la République à qui nous avons présenté notre projet. Il s’agit de l’organisation, à Brazzaville, d’un championnat du monde de judo avec la crème des judokas mondiaux. Dans notre démarche nous nous sommes dit, pourquoi ces événements majeurs ne s’organisent-ils pas en Afrique noire, alors que moi, par exemple, qui suis champion du monde et olympique dans ma catégorie, j’ai des racines africaines ? On estime que l’Afrique a aujourd’hui les moyens et les capacités d’organiser des grands événements sportifs, alors arrêtons de nous sous-estimer.

L.D.B. : Un événement de ce type nécessite d’importants moyens, pensez-vous que le Congo soit outillé pour ça ?

T.R. : Je vais vous dire que pour organiser un événement de ce genre, les moyens financiers ne sont pas forcément l’obstacle principal. Ce qui compte, c’est la volonté et la motivation du pays de vouloir se mettre au diapason des autres. Et j’ai compris, en échangeant avec le président de la République, qu’il a cette volonté de faire émerger son pays et de lui donner la place qu’il mérite sur le plan international dans tous les domaines.

L.D.B. : Vous avez visité les infrastructures sportives, notamment le complexe sportif la Concorde de Kintélé. Quelles sont vos impressions ?

T.R. : Franchement, en Europe on devrait parfois arrêter de toujours parler de façon négative de l’Afrique, parce que moi qui voyage partout dans le monde, j’ai rarement vu une telle qualité d’infrastructures. J’ai vraiment été impressionné par la qualité de cette infrastructure qui peut très bien abriter l’événement que nous voulons organiser. Et c’est même dommage qu’un tel site ne soit pas mis en valeur et plus souvent exploité à l’international. Tout cet investissement mérite mieux.

L.D.B. : Maintenant que vous avez obtenu le feu vert du chef de l’Etat pour votre projet, quelle est la prochaine étape pour sa matérialisation ?

T.R. : Nous allons rapidement nous mettre au travail avec la partie congolaise. Le plus important pour moi, en ma qualité de président de la commission des athlètes de la Fédération internationale de judo, était de m’assurer que le Congo possède bien des infrastructures de standard international pour une grande compétition de judo. Maintenant que j’en suis persuadé, le reste peut aller assez vite.

L.D.B. : Sur le plan sportif en général et du judo en particulier, en quoi un tel événement peut-il aider le Congo ?

T.R. : Des événements comme ceux-là attirent beaucoup de visiteurs pour le pays, sans compter les sponsors qui découvrent aussi un nouveau marché. Et puis pour le judo, il y a possibilité avec la Fédération internationale d’obtenir plus de bourses pour les judokas congolais, d’ouvrir une académie de judo, par exemple, et de profiter de nombreux autres avantages qui continueront à profiter au pays après l’événement.

L.D.B. : Votre mot de la fin ?

T.R. : Je suis vraiment content de ma visite au Congo, content aussi de mon entretien avec le chef de l’Etat. Vous savez, le judo m’a tout donné. J’ai réussi dans ma vie grâce au judo, alors j’estime que si je peux redonner un peu de ce que je connais à mes frères et sœurs africains, ce n’est qu’un bonheur en plus. Par mon coach, Darcel Yandzi, je me sens un peu redevable au Congo, alors je souhaite vraiment que l’on puisse faire aboutir ce beau projet pour payer ma dette envers le Congo.

Propos recueillis par Boris Kharl Ebaka 

Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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