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Référendum constitutionnel au Congo : Qui aura le dernier mot ? Le président ou le peuple ?

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, le 12 octobre 2014 à Pointe-Noire au Congo

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, le 12 octobre 2014 à Pointe-Noire au Congo

La situation est tendue au Congo-Brazzaville, où le président Denis Sassou Nguesso souhaite modifier la Constitution pour pouvoir se présenter pour un troisième mandat à l’élection de 2016. La colère de ses opposants grondent, mais ils savent que le dirigeant est prêt à tout pour se maintenir au pouvoir.

Qui aura le dernier mot ? Le président ou le peuple ? Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 30 ans à la tête de la République du Congo, est accusé de vouloir se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Dimanche, cinq dirigeants de l’opposition congolaise ont été bloqués plusieurs heures par les autorités à Pointe-Noire, au lendemain d’une manifestation contre le référendum constitutionnel du 25 octobre entachée de violences dans cette ville sud du pays. Finalement, «l’interdiction et les poursuites judiciaires que le procureur voulait intenter contre (eux) ont été levées sans autre forme de procès», a confié Mabio Mavoungou Zinga, porte-parole du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad) à «Jeune Afrique». «J’ai accompagné les amis à l’aéroport. Ils ont tous regagné Brazzaville pour préparer le meeting déterminant du 20 octobre» à Brazzaville, a-t-il ajouté.

En vertu de la Constitution congolaise, M. Sassou Nguesso, élu président en 2002 et réélu en 2009, ne peut pas briguer un troisième mandat à la présidence. Il n’a théoriquement doublement pas le droit de se représenter, car l’âge maximal pour être candidat à la magistrature suprême est de 70 ans. Or, le chef d’Etat soufflera ses 72 bougies le 23 novembre. Toutefois, le septuagénaire n’a pas l’intention de transmettre les rênes. Aussi a-t-il annoncé, le 22 septembre, son intention d’organiser un référendum visant à adopter une nouvelle Constitution qui ferait sauter ces deux verrous en vue de l’élection présidentielle de juillet 2016. (Le texte prévoirait un mandat de cinq ans au lieu de sept, renouvelable deux fois ; sans limite d’âge si ce n’est un minimum de 30 ans…) L’opposition congolaise dénonce un «coup d’Etat constitutionnel». «Tout sauf Sassou III !», ont scandé des citoyens lors de manifestations. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #Sassoufit rassemble les mécontents. Le Frocad et l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC) oeuvrent main dans la main pour que soient respectés l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique. Ce sont ces deux mouvements qui ont organisé un meeting, samedi, suite auquel cinq de ses leaders* ont été arrêtés –tandis que quatre personnes ont été blessées par balles par un policier. 

SOUPÇONNÉ DE CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ

Denis Sassou Nguesso est l’un des fondateurs du Parti congolais du travail (PTC). D’obédience marxiste-léniniste à l’origine, et parti unique sous le régime de la République populaire du Congo, le PTC a abandonné l’idéologie communiste à la chute de l’URSS, pour adopter une ligne officiellement proche du socialisme démocratique. Dans une interview accordée à Paris Match il y a deux ans, l’homme politique s’était décrit comme un «socialiste hybride, issu du communisme primitif puisque j’ai grandi dans un village où il n’y avait pas de barrières, et où la communauté se répartissait les tâches.» L’ancien militaire a dirigé le pays à l’époque du parti unique, depuis son coup d’Etat de 1979 jusqu’au premier scrutin pluraliste du pays en 1992, qu’il a perdu face à Pascal Lissouba. Une défaite qu’il n’aurait pas supportée, faisant tout, depuis, pour récupérer le pouvoir –et le garder. Au point d’être soupçonné aujourd’hui de crimes contre l’humanité. En juillet dernier, Opinion internationale (OI), un site consacré aux opinions et aux libertés, avait révélé des documents accablants, attestant de ces abus. 

En septembre 1999, soit deux ans après son retour au pouvoir -à l’issue d’une violente guerre civile- Sassou-Nguesso aurait notamment signé un Plan d’activités, ordonnant clairement de «dépeupler» les fiefs de l’opposition, de «maintenir les fugitifs dans les forêts par la terreur du pilonnage et les pousser à la mort lente par la famine et les maladies», ou encore de «brûler tout jeune en âge de combattre en provenance des zones à forte résistance»… Il demandait en outre «de pilonner et bombarder les lieux à forte concentration humaine» tels que les «marchés, églises, écoles» etc. L’objectif était même quantifié: «125.000 personnes tuées, 275.000 fugitifs et 40.000 exils forcés». En janvier 2000, un autre courrier officiel ordonnait des crimes systématiques pour, selon ses termes, «continuer de nous appuyer sur la force comme moyen essentiel de la conservation du pouvoir»… Et de citer Mao Zedong : «Le pouvoir est au bout du fusil». D’après OI, ces documents accablants ont récemment été transmis notamment à la Cour pénale internationale (CPI) et au Haut-Commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies.

En outre, le président du Congo et sa famille sont visés depuis 2007 par une enquête sur leur patrimoine français. Dans ce contexte, les juges en charge de l’enquête dite des «biens mal acquis» ont saisi plusieurs propriétés du clan Nguesso le mois dernier, notamment une luxueuse demeure au Vézinet (Yvelines), et un appartement à Courbevoie (Hauts-de-Seine). Ancienne puissance coloniale, la France se prononce peu sur la situation actuelle au Congo-Brazzaville. Le Quai d’Orsay se contente d’appeler «de ses vœux un processus électoral crédible conduisant à des scrutins libres et transparents, dans le respect de l’État de droit et des libertés publiques».

(Parismatch)

LIRE AUSSI >>: le Général Jean Marie Michel Mokoko met en garde Sassou N’Guesso

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