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Livre : « Congo-Brazzaville/Un Système de Santé dystopique » de Thierry-Paul Ifoundza

Médecin-pneumologue, Thierry-Paul Ifoundza est originaire du Congo-Brazzaville et exerce en France. Auteur de plusieurs articles dans les revues françaises, Congo-Brazzaville/Un Système de Santé dystopique est son premier livre. Un livre de constats, d’analyses et de questionnements.

Le 19 juin 2017, paraissait dans Les Dépêches de Brazzaville, un article inspiré et construit sur le CHU de Brazzaville. Sans circonlocution, le quotidien sonnait la charge : « Plus grand établissement sanitaire du Congo, le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B) serait-il aujourd’hui plus malade que les patients qui espèrent trouver auprès de ses services la nécessaire garantie de guérison ? Le CHU-B est-il frappé par la seule rareté des subventions de l’Etat observée depuis plusieurs mois, ou est-il sous l’influence de lobbies qui, aux dires de certains au sein de cette structure publique, s’entredéchirent pour le contrôle de sa gestion ?» Ces questions, le Docteur Thierry-Paul Ifoundza les a reprises dans son livre Congo-Brazzaville/Un Système de Santé dystopique (Page 40). La déliquescence de ce Centre universitaire ne reflète-t-elle pas la noirceur qui enveloppe, estime-t-il, le Système sanitaire du Congo ?… En pleine pandémie de la Covid-19, le CHU répond-il présent ? A priori, constate-t-il, la réponse est « NON ». En témoignent les critiques de Congolais sur le plus grand établissement de Santé du Congo. L’image du CHU, en tout cas, n’est pas bonne.

La maladie du CHU de Brazzaville n’est en fait que la partie émergée de l’iceberg. Le problème reste profond, aussi bien structurel que fonctionnel. La pandémie de la Covid-19 qui a mis à rude épreuve les différents Systèmes de Santé, n’est-elle pas l’occasion de repenser la politique et la philosophie du Congo en matière de Santé ?… 

En 2020, il est un fait inquiétant : selon les chiffres de la démographie médicale, établis par le professeur Bileckot en 2014 et publiés dans La Semaine africaine, le Congo ne compte que quelque 454 médecins (301 généralistes ; 151 spécialistes) pour 5 millions d’habitants ! Soit 1 médecin pour 11000 habitants. Incompréhensif ! Ce chiffre, à lire le docteur Thierry-Paul Ifoundza, n’a pas évolué. « L’autre évidence, c’est l’inégale répartition territoriale des médecins ! Très peu de médecins dans la partie Nord du pays ; une forte concentration dans la partie Sud. Comment pourrions-nous expliquer cette disproportion ? En fait, cette répartition est proportionnelle à la densité de la population : la majeure partie de la population réside dans la partie Sud, Brazzaville et Pointe-Noire détiennent à elles seules 83% d’effectifs du personnel médical. (…) Cette démographie médicale pose donc des problèmes d’inégalité territoriale d’accès aux soins. Bien que le personnel médical (et paramédical) soit important dans la partie Sud, l’offre de soins y reste cependant faible. Face à ce constat alarmant, il faut essayer de trouver des solutions. Beaucoup de médecins congolais ont été formés à l’étranger : en France, en ex-URSS, en Roumanie, au Sénégal, à Cuba, etc. A partir des années 1990, leur nombre a été fortement réduit, à la suite des changements politiques intervenus en Europe de l’Est. Comment, alors, pallier cette carence ? » Et de poursuivre : « Pourquoi ces effectifs n’ont-ils pas augmenté ? Pourquoi n’a-t-on pas créé d’autres Universités, ou Facultés de médecine, pour permettre au Congo d’affirmer son autonomie dans la formation de ses cadres de la santé ? Pourquoi les pays voisins, comme le Cameroun, ont-ils, eux, mieux réussi que le Congo dans la formation du personnel de Santé ? » (P93) 

« A titre comparatif, le Cameroun voisin dispose de plusieurs Universités dont six universités d’État (publiques) et deux Universités privées dotées de Facultés de médecine, pharmacie et odontologie. En 2019, les Universités camerounaises ont formé 629 médecins-généralistes, 133 médecins odonto-stomatologues, 118 pharmaciens, soit 880 Professionnels de Santé par an. A ce rythme, dans 7 ou 10 ans, le Cameroun sera autosuffisant dans ce domaine. Toujours en 2019, les autorités camerounaises ont annoncé le recrutement de 1000 (mille) enseignants dans les Universités publiques. En fin de compte, elles ont recruté plus que prévu : 1237 enseignants-universitaires, au lieu de 1000. La nationalité, les diplômes et un âge limite en ont été les critères. Au début de cette année 2020, il y a eu une deuxième vague de recrutement de 500 enseignants. Et, en 2021, il est prévu une troisième vague de recrutement, toujours de 500 enseignants-universitaires. » (P96) Qu’en est-il du Congo-Brazzaville ?

© ICIBrazza

Congo-Brazzaville/Un Système de Santé dystopique, Z4 Editions, 133 pages, 14 euros



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