Le Congo exporte le fer vers la Chine

 le Congo exporte le fer vers la Chine

Une vue du navire Ivy Ocean accosté au Port de Pointe-Noire ©Adiac

Quelque vingt-trois mille tonnes de fer extraites par Sapro Mayoko SA, dans le département du Niari, ont été chargées, le 19 avril, au Port autonome de Pointe-Noire, dans le bateau Ivy Ocean de la compagnie Ashley Global Shipping à destination de la Chine.

D’un coût global de cinq cent cinquante millions de dollars américains, environ trois cents milliards francs CFA, ce projet a été financé par un tour de table auquel Sapro est en tête de file. Le minérai de fer exploité a pour acheteurs des Européens. « C’est depuis près de dix ans que nous travaillons sur ce projet. Ici au Port autonome de Pointe-Noire, nous présentons la première production sortie de Mayoko à la grande satisfaction de tout le monde. Nous avons brisé là ce qui paraissait comme un tabou car, désormais, la production du fer de Mayoko est devenue une fierté congolaise », a indiqué le président directeur général de la société Sapro Mayoko Paul Obambi.

Du fer de bonne qualité

Selon lui, l’exploitation de la mine de Mayoko est un symbole inscrivant le Congo parmi les pays producteurs du minerai de fer, une matière première indispensable à l’industrie automobile, à l’aéronautique et à la fabrication des rails. Il a également rappelé les différents piliers mis en place par cette entreprise depuis près d’une année, notamment l’exploration et la production ; l’amélioration de la compétitivité, l’innovation et bientôt la formation.

« Aujourd’hui c’est le lancement officiel de l’exploitation du fer de Mayoko, une réalité Made in Congo. Ainsi, nous avons deux objectifs clairs : bien positionner notre fer dont la teneur est de 65% sur le marché international ; garantir à cette industrie naissante les gages d’un développement tous à azimuts et qu’elle impacte considérablement sur le bien-être des Congolais en particulier », a expliqué le président directeur général de Sapro Mayoko.

Plus de 5000 emplois à créer 

La mise en exploitation du gisement génère, en effet, la création de plus de cinq mille emplois dont trois mille directs et deux mille indirects dans un premier temps. Ensuite, plus de dix mille autres emplois seront créés lorsque la société atteindra la phase 4 avec plus de douze millions de tonnes de fer l’année. Le but étant de révolutionner le marché congolais de l’industrie. Ainsi, avec la mise en production de Zanaga, Tsinguidi, Ngoubou-Ngoubou et la construction de la nouvelle voie de chemin de fer entre Madingou-Kayes/Mayoko/Zanaga, Paul Obambi estime que cette entreprise évoluera par phase avant d’atteindre près de cent cinquante millions de tonnes de fer par an.

« Cette voie aura la caractéristique d’être en partenariat avec le secteur privé. Si le tour de table des financiers en général et particulièrement les banquiers congolais en quête d’opportunités d’investissements et ceux de la sous-région est bouclé, nous aurons cet ouvrage moderne aux normes standards et géré avec des instruments numériques dans six ans exactement », a-t-il conclu, invitant les autres acteurs du secteur privé à la solidarité et la jeunesse congolaise à innover et créer des entreprises, autour de la mine de Mayoko.

Représentant la société Ashley Global, Roddy Mann a indiqué que son navire, d’une capacité de plus de quarante mille tonnes, est doué dans le transport de minerais en Afrique de l’ouest. « Je suis fier pour le minerai et surtout que ce premier navire donnera lieu à un deuxième puis à un autre de plus en plus rapide pour pouvoir développer finalement l’économie du pays. Le fer chargé dans le bateau a été extrait par des Congolais et certains Sud-Africains. En Chine, il sera fondu pour faire de l’acier liquide avec lequel on fabriquera les barres de fer qui, au final, serviront pour la construction des voitures et pour tout le fer que vous consommez au quotidien », a-t-il annoncé.

Le fruit d’un dur labeur

Présidant la cérémonie, le ministre des Mines et de la géologie, Pierre Oba, est sorti du pessimisme qui le rongeait depuis la réception du premier train transportant ce fer l’année dernière. Les résultats auxquels est parvenue la société Sapro-Mayoko SA sont, a-t-il déclaré, le fruit d’un dur labeur qui a porté sur la production du minerai, les conditions de transport par rail. « J’ai personnellement vaincu la peur qui s’installait en moi eu égard au grand pessimisme qui entoure ce projet depuis que nous essayons de le mettre en route. Ce n’était pas facile. Nous assistons au chargement du navire affrété pour la première exploitation du minerai de fer extrait du sous-sol congolais, précisément à partir du gisement Mayoko-Lékoumou », s’est-il réjoui.

Notons que la cérémonie s’est déroulée en présence des ministres en charge des Transports, Fidèle Dimou, des Affaires foncières et du domaine public, Pierre Mabiala, ainsi que des autorités départementales de Pointe-Noire et du Kouilou.

Parfait Wilfried Douniama

Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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