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Congo – Panier de la ménagère : Des mesures anti crises dans les familles

Le secteur de la viande de bœuf vide au marché Total (crédit photo adiac)

Le Congo, comme d’autres pays producteurs d’hydrocarbures, n’a pu échapper à la crise financière actuelle constatée il y a deux ans.

A Brazzaville par exemple, la consommation alimentaire de certaines familles n’est pas du tout épargnée par cette conjoncture. Le constat fait dans différents marchés de la place nous renseigne que, les prix des boissons sucrées, l’eau en bouteille, les plats cuisinés ont baissé.

Ainsi, la consommation du poulet, poissons de mer, haricot, aile de dinde, feuilles de manioc, communément appelées saka saka et autres produits moins chers continue de croître au détriment des viandes rouges, plus chères. En outre, la consommation de la viande de bœuf et de mouton dans les foyers démunis a fortement diminué.

« Je vends la viande de bœuf depuis dix ans, mais cette année, on sent que la crise est là. La majorité de mes clients a disparu. Je les aperçois parfois de l’autre côté, dans les secteurs poisson, saka-saka ou légume sec (haricots, petits-poids), des produits consommés par la plupart des familles nombreuses », nous a confié Filankembo, vendeur de viande de bœuf au marché Total, à Bacongo, dans le deuxième arrondissement de Brazzaville.

«Regardez cette petite quantité de viande que je n’arrive pas à liquider », a renchéri son voisin d’à côté.

Nous avons croisé Aurore, une jeune enseignante âgée de 32 ans, qui, désormais élève seule ses trois enfants, car son ex-mari qui la soutenait est au chômage, depuis quelques mois. Ce dernier travaillait dans une entreprise privée à Pointe-Noire.

« Actuellement, nous privilégions l’alimentation, en lieu et place des habits et des loisirs. Nous devons faire attention aux dépenses, car, nous ne savons pas ce que le lendemain nous réserve comme surprise encore », a-t-elle mis en garde.

Dans le textile et la restauration, les petits patrons de Poto-poto, dans le troisième arrondissement sont un peu anxieux. Mohamed, qui tient une boutique de pagne, se dit inquiet de la situation économique actuelle : « Et pourtant mes prix sont stables et même plus bas, mais les clients viennent au compte goute, parfois non ».

En effet, avec cette contrainte économique, les commerçants sont unanimes : « Les clients comparent, réfléchissent, il n’y a presque plus d’achat pulsion ». Certaines personnes regardent désormais surtout les prix avant de s’engager dans des dépenses inutiles.

On vit désormais au rythme de cette situation, en prenant en compte le poids croissant des dépenses contraintes (santé, logement, eau, gaz, électricité, téléphone et transports).

Yvette Reine Nzaba

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