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Congo: l’écrivain Alain Mabanckou renvoie le président et l’opposition dos à dos

L'écrivain congolais Alain Mabanckou

L’écrivain congolais Alain Mabanckou

L’écrivain congolais Alain Mabanckou a appelé vendredi le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso à ne pas s’accrocher au pouvoir malgré la nouvelle constitution qui l’y autorise, tout en fustigeant le comportement de l’opposition qu’il juge discréditée.

« Dans l’intérêt du Congo-Brazzaville, le président Denis Sassou Nguesso ne doit pas se représenter pour un autre mandat. Je pense qu’il faut qu’il favorise une transition vers une nouvelle génération », a-t-il expliqué en marge d’une interview consacrée à son nouveau roman « Petit piment ».

Mais l’auteur s’en est aussi pris vertement à l’opposition congolaise qu’il considère comme « la plus bête du monde », car « elle ne sait pas ce qu’elle veut, elle vit aux dépens du gouvernement donc sa parole n’est pas forcément légitime ».

« L’opposition a pris en otage la jeunesse congolaise. Elle a menti, elle a fait croire que son heure était venue de gouverner et a emmené les jeunes dans la rue. Puis quand ça a commencé à crépiter l’opposition s’est cachée et a laissé la jeunesse congolaise sous les balles », a-t-il dénoncé.

Le lauréat du prix Renaudot 2006 a souligné qu’il parlait « en tant qu’écrivain et en tant que Congolais », et « pas en tant que candidat à quoi que ce soit ».

Âgé de 72 ans cette année, M. Sassou Nguesso, qui cumule plus de 30 ans au pouvoir, a dirigé le Congo sous le régime du parti unique (1979-1992). Après avoir perdu les premières élections pluralistes en 1992, il est revenu au pouvoir par les armes en 1997 à l’issue d’une guerre civile. Il a ensuite été élu en 2002 et réélu en 2009.

Il a fait approuver fin octobre par un référendum, qualifié de « mascarade » par l’opposition, une nouvelle constitution qui lui permet de briguer un nouveau mandat en 2016.

Le 20 octobre, la répression de manifestations contre le référendum à Brazzaville et à Pointe-Noire (sud), la capitale économique du pays, avait fait 17 morts selon l’opposition, quatre selon les autorités.

Le 30 octobre, l’opposition congolaise avait annoncé des marches de protestation contre les résultats du référendum finalement annulées à la dernière minute, officiellement pour pleurer les morts du 20 octobre.

Par l’AFP

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