Congo: Lancement des travaux du comité interministériel pour appliquer les conclusions du recensement des agents civils de l’Etat

Firmin Ayessa entouré d'Aimé Ange Wilfrid Bininga et de Raymond Mboulou

Firmin Ayessa entouré d’Aimé Ange Wilfrid Bininga et de Raymond Mboulou

Le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, de la réforme de l’Etat, du travail et de la sécurité sociale, Firmin Ayessa, a lancé, le 22 janvier à Brazzaville, les travaux de la structure dont la mission principale est de mettre en œuvre les seize mesures d’urgence et les six autres d’accompagnement préconisées au terme de l’opération menée en 2016.

Validés par le Conseil des ministres du 26 novembre 2018, les résultats du recensement physique des agents civils de l’Etat ont mis en lumière plusieurs irrégularités dans la Fonction publique, affectant ainsi lourdement les finances publiques. Il s’agit, par exemple, du cas de 4 525 agents civils de l’Etat non identifiés percevant indûment le salaire ; des 11 587 autres sortis de leurs corps d’origine mais qui continuent de bénéficier illicitement des primes et indemnités spécifiques liées à ces secteurs. L’opération a relevé également que 3 154 agents perçoivent toujours des indemnités liées à des fonctions qu’ils n’exercent plus ; 1 430 exercent cumulativement un autre emploi dans le secteur privé. Il y a aussi des agents recrutés ou reclassés sur la base de faux textes ainsi que des allocations familiales indûment perçues sur la base de fausses déclarations. Le recensement a aussi décelé des agents d’environ 30 ans ayant dix enfants pris en charge par la solde.

« Face à l’ampleur des irrégularités révélées par le recensement et, conformément aux instructions du chef de l’Etat, le comité interministériel doit poursuivre, sans complaisance, les actions déjà engagées: mettre en en œuvre les mesures urgentes, les mesures d’accompagnement et les réformes rendues nécessaires à travers les préconisations de l’opération de recensement », a rappelé le vice-Premier ministre.

Selon le rapport final de cette opération, la Fonction publique congolaise compte un effectif de 61 868 agents civils au 30 avril 2018, pour incidence financière mensuelle de 20 033 549 898 FCFA, soit 240 402 059 877 FCFA par an. S’agissant d’autres enseignements à retenir, il y a la répartition inégale des fonctionnaires par département du pays : Brazzaville 58,8% et Pointe-Noire 12,84% ; le vieillissement assez prononcé des effectifs : 0,6% de moins de 25 ans ; 48% 35 à 49 ans ; 37% 50 ans et plus ; le léger avantage numérique des fonctionnaires hommes sur les femmes, soit 51% contre 49%.

Tous les fraudeurs connus du gouvernement

Pour le ministre en charge de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat, le comité interministériel a la lourde responsabilité de mener à bien le processus nécessaire d’assainissement des mœurs et pratiques de l’administration publique congolaise. C’est ainsi qu’il a souligné la nécessité d’établir, selon une démarche responsable, les synergies d’actions devant aboutir à une meilleure maîtrise à la fois des effectifs et de la masse salariale, objectif principal du recensement. « Vous devez franchir les obstacles qui pourraient occulter la réussite du recensement solennellement saluée par le chef de l’Etat. J’attire, par conséquent, votre attention sur tout comportement complaisant ou partisan dans l’exécution des différentes mesures. Nous sommes appelés par le président de la République à agir dans la fermeté et la rectitude, sans arbitraire d’aucune sorte, dans le respect des droits de chacun », a exhorté Firmin Ayessa, précisant que les actions à mener par chaque commission étaient consignées dans un chronogramme dont le respect permettra d’en évaluer l’efficacité.

Composé de quatre-vingt-treize membres, le comité interministériel comprend une supervision, une coordination et deux commissions dont l’une est chargée du contrôle et de la vérification des situations et l’autre l’actualisation de la base de données des agents civils de l’Etat. « Soyez justes ! Ayez pour seule alliée la rigueur de la loi et de la réglementation. Tout au long de vos travaux, jugez et appréciez chaque situation à l’aune de l’intérêt général. Investissez-vous de telle sorte que le processus de renforcement des capacités, de réforme et de modernisation de l’Etat arrive à son terme et que le changement tant espéré soit profitable à l’Etat, à la nation et aux concitoyens, bénéficiaires du service public », a conclu le vice-Premier ministre.

Interrogé sur les premières sanctions attendues, l’inspecteur général des services administratifs à la Fonction publique, Gabriel Moussiengo, a annoncé que le rapport était clair. « Nous savons aujourd’hui qui a fraudé et qui a fait usage d’un faux diplôme ou d’un faux texte. Ce rapport n’est plus un secret, il est disponible pour tous les agents de la Fonction publique », a-t-il assuré, précisant que les premières sanctions tomberont dès la fin du travail.

Parfait Wilfried Douniama

Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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