home Congo, Économie Une terrible affaire, Mbere contre Warid Congo, tient la justice en haleine à Brazzaville!

Une terrible affaire, Mbere contre Warid Congo, tient la justice en haleine à Brazzaville!

Alors le Congo entier attendait le 20 juillet la fin dernière du jugement de la célèbre affaire Mbere contre Abu Dhabi Group ou Warid Congo, la Cour d’appel de Brazzaville a été étonnée de voir que les avocats de Warid n’ont pu apporter le fameux acte de cession exigé depuis longtemps par le juge. Une affaire de gros sous, environ 5 milliards de francs CFA en jeu, qui sent une vraie tentative de dissimulation des fonds, une pure arnaque en filigrane, saupoudrée de corruption. Et tout le monde sait qu’un acte de ce genre fout dans la poubelle tous les autres jugements déjà rendus et à rendre.

C’est dans le tâtonnement et le bégaiement que les avocats qui s’acharnent à défendre les intérêts de la société Warid, devenue Airtel Congo depuis 2013, ont obtenu auprès du juge de rapporter le fameux acte de cession à la prochaine et dernière audience fixée au 5 septembre. Un document lourd de conséquences qui reconnaît la créance de 5,4milliards de francs CFA au bénéfice de Daniel Henri Patrick Mbere, le plaignant. L’homme dit avoir pesé de tout son poids et de toutes ses tactiques professionnelles pour installer en 2008 la société Warid Congo, filiale de Abu Dhabi Group, basé aux Emirats Arabes Unies.

Après un premier procès au premier degré dont le verdict rendu le 26 juin 2015, condamnant le groupe à payer 5 milliards de francs CFA à M. Mbere, patron de la société Motorola S.A, l’affaire a atterri à la cour d’appel. Ici, le président Christian Oba est fatigué de juger d’une affaire aussi limpide, il réclame simplement l’acte de cession dans lequel Abu Dhabi Group reconnait cette créance à hauteur même de 5,4 milliards de francs CFA. Une affaire qui donne des vertiges à tout le monde, et on est tenté de violer la loi, les actes de l’OHADA, pour priver Daniel Henri Patrick Mbere, Congolais de basse échelle, et donc privée de justice, de son pactole.

Warid Congo, détenant quelque 17% des parts de marché dans la téléphonie mobile, et pesant plus de 83 milliards de francs CFA, avait notifié cette créance au moment de sa fusion avec Airtel Congo qui a racheté la société en 2013. Depuis que cette affaire a éclaté, magistrats, avocats et désormais autorités ne dorment plus. Chacun veut dire le droit à sa façon, à la congolaise. Des faux documents ont même été introduits dans le dossier pour émousser les espoirs de Motorola S.A. de toucher de la somme qui lui est due depuis des années. Et le 20 juillet on croyait enfin définitivement enterrer cette affaire qui commence à faire le tour du monde…

Mais comme elle sent bien louche! Les pièces ont disparu au tribunal et les comptes bancaires de la société bloqués par l’huissier de justice Victor Mabiala font l’objet d’une abondante littérature. Pas moyen de payer Daniel Mbere, en attente de sa commission de 5 milliards, et, depuis le jugement de 26 juin 2015, les intérêts de 6% ont dû gonfler ce montant.

Vous avez dit 5 milliards ? Mais oui! De quoi aiguiser les appétits et depuis lors, c’est le ping-pong entre celui qui a gagné le procès et les avocats qui s’évertuent à cacher la vérité. Alors que l’huissier Mabiala faisait les pieds et les mains pour se faire verser cette colossale commission, une lettre du ministre de la Justice Pierre Mabiala, datant du 13 juin 2016, demande qu’aucun paiement ne soit effectué à ceux qui ont gagné le procès.

Ho, mais pourquoi ? Le ministre explique dans sa lettre au directeur général de la BCI où les comptes de Airtel Congo qui a entre temps avalé (officiellement fusionné) Warid Congo, que cette saisie de comptes de la part de l’huissier de justice est illégale, car « le jugement qu’il exécute concerne Abu Dhabi Group, entité basée aux Emirats Arabes Unies ». Pierre Mabiale a également souligné que le jugement dont se prévaut l’huissier « n’étant pas assortie d’une mesure d’exécution provisoire, l’appel relevé par le conseil de Abu Dhabi Group est suspensif d’exécution ».

Donc rien ne doit être payé à M. Mbere, l’affaire étant en cours et la Cour d’appel devant intervenir, selon la lettre du ministre. C’est pourquoi M. Mabiala juge « inopportunes » les réquisitions du procureur général près la Cour suprême, prises le 26 mai 2016. « En conséquence, je tiens à la stricte application de cette instruction pour préserver l’ordre public économique, social et financier », conclut le ministre dans sa correspondance au DG de la BCI.

En fait, dans ses réquisitions, le procureur général Georges Akiera avait demandé que l’affaire soit réglée, les bénéficiaires payés totalement. Ce magistrat qui traine derrière lui 35 ans de carrière, avait pris six mois pour vérifier l’affaire. Convaincu des éléments à sa disposition, il a demandé que la procédure de recouvrement des fonds se poursuive. Mais face aux obstacles, la cour d’appel ne veut plus que voir l’acte de cession pour en finir. Pour éviter que les autorités ne se rentrent dedans en sortent salies.

Il semble que ce fameux document est introuvable. Mais quel est le notaire qui a conclu l’acte de cession, n’est-ce pas celui qui niche à l’immeuble City center de Brazzaville ? Warid Congo, ce n’est pas quand même Saka-Saka Développement ! Et le ministère des Télécommunications, n’a-t-il pas une copie de cet acte ? Airtel Congo qui a « adopté » l’enfant? Allez, les gars, laissez la honte, sortez le document et que la Justice fasse son travail !

En ce temps de vache maigre, même un radis est passé au peigne fin. Et lorsqu’on parle de 5 milliards, on veut bien y voir clair.

Telle de la levure, l’affaire secoue toute la justice congolaise. Les oreilles de grandes autorités se penchent même du côté du tribunal pour savoir de quoi il s’agit.

Par Arsène SEVERIN

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L'actualité congolaise est une affaire personnel. Mais je ne peux m'empêcher de la partager avec vous.

One thought on “Une terrible affaire, Mbere contre Warid Congo, tient la justice en haleine à Brazzaville!

  1. Un autre episode du pillage, de la desorganisation, de la pagaille, magouille, l’injustice, l’absence de droit, d’une vie comparable à celle de la jungle ou le plus fort fait la loi. Aujourd’hui les journalistes d’investigation ont commencé à publier la liste de grands pilleurs d’Afrique fans de l’évasion fiscale à la chaine abonnés au cabinet Mossack Fonseca ( Panama papers ).

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