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[Tribune] Gestion post-Covid-19 au Congo-Brazzaville : l’opportunité de réformer la chaine de valeur stratégique et opérationnelle de l’Etat.

Plongé depuis plus de quatre ans dans une crise économique et financière suite à une baisse brutale des cours du baril de pétrole, le Congo est frappé comme d’autres pays du monde par la pandémie du Covid-19. 

Cette maladie, à ce jour qualifiée d’infectieuse, a causé un choc majeur qui perturbe la perspective de croissance économique dans tous les secteurs d’activités.  Elle a également affichée des évidences tant organisationnelles que structurelles qui ont révélé la fragilité d’un tissu économique largement dépendant des importations, dont on n’avait pas assez mesuré la dimension stratégique dans la dynamique de la globalisation. 

La crise du Covid-19 constitue donc une période de grande transition du fait notamment qu’elle bouleverse les équilibres de nos économies et nous impose de se relever plus fort à la sortie de la transition.

Dans cette optique, il y a lieu de redistribuer les « rôles », d’ouvrir la voie à l’intégration sous régionale et à une coopération continentale pour aboutir in fine la zone de libre-échange continentale. Il y a là une opportunité de s’émanciper de modèles de coopération obsolètes et de faire confiance à l’Afrique.

Pour dépasser nos défis communs, une fenêtre d’opportunité se présente pour essayer un modèle de société différent, davantage collaboratif, solidaire, mais surtout développé en Afrique et pour l’Afrique, donnant lieux à des changements structurels afin d’augmenter la résilience économique et sociale des populations de notre continent aux chocs extérieurs.

Gérer c’est prévenir dit-on. Ainsi, la possibilité nous est donnée de réformer l’État. Ne serait-il pas temps d’initier des réformes de tout genre, en fonction des limites enregistrées ?

A l’horizon de ce constat, l’approche globale pourra se concentrer sur les propositions suivantes :

  • Structurer le secteur informel

Avec un secteur informel peu développé et très peu structuré quoi qu’important dans notre tissu économique, une observation évidente est faite au niveau de nos populations vivant au jour le jour. En effet, cette crise a révélé la vulnérabilité des acteurs de l’économie informelle, qui se sont retrouvés handicapés.

Il y a intérêt à réduire cette vulnérabilité par la formalisation du secteur informel. L’Etat en sa qualité de garante des équilibres sociaux, doit enclencher une transformation structurelle de notre marché locale en commençant par l’identification pour mieux cerner les activités que l’on peut formaliser ou moderniser dans les meilleurs délais et de même orienter les autres dans la mesure du possible. L’enjeu étant également de permettre à ces entrepreneurs individuels d’intégrer le circuit bancaire pour prétendre à un développement rapide.

Entre temps, l’absence de statut juridique, d’un processus administratif complexe et d’éventuelle pression fiscale n’incitent pas les opérateurs du secteur informel à formaliser leurs activités. Ainsi, je préconise, un statut favorable, moins contraignant administrativement et intéressant fiscalement dans l’optique que ces derniers participent à l’économie locale.

A terme, le secteur informel peut devenir l’un des leviers d’une transformation de l’économie, à condition que l’effort d’investissement public ainsi que celui des organisations non gouvernementales soient orientées vers la création des conditions d’une adaptabilité permanente de l’offre.

A court terme, nous pourrons renforcer les projets LISUNGI et TELAMA par une offre (formation, financement, suivi, etc.) plus durable, un développement structurel, qui à moyen terme génèrera des impôts et taxes qui amélioreront les recettes fiscales.

  • Accompagner le secteur formel 

En vue de maintenir la dynamique globale économique mise à mal par la pandémie du Covid-19, l’Etat a pris des mesures pour protéger les activités des entreprises, en procédant à une révision sensibles du dispositif fiscal en vigueur et en recommandant la mise en place des dispositifs de soutien de la trésorerie dont l’opérationnalisation en cette matière  peine malheureusement à se concrétiser. Pire encore, suites aux répercussions de la Covid-19, tous les chiffres convergent vers une hausse substantielle du chômage de masse et de la précarité marquée par la réduction drastique des revenus de nos compatriotes avec le dispositif de chômage économique.

Il est souhaitable que l’on aboutisse à une plus grande implication de l’Etat et que la mesure financière soit plus prononcée notamment dans les secteurs d’activités les plus sensibles afin de préserver les milliers d’emplois vitaux à la vie des Congolais et à notre équilibre social.

Il y a donc lieu de :   

  • Procéder à la mise en œuvre d’un dispositif de prêt garanti par l’Etat et accordé par les banques afin de soulager la trésorerie des entreprises pour stabiliser l’activité des différents secteurs d’activités impactés par la crise. Alléger les taux d’intérêts dans la mesure du possible, pour les TPE et PME ;
  • Débloquer des aides spécifiques pour les secteurs de l’hôtellerie, du loisir, de la restauration et du tourisme et tout autre secteur actuellement à l’arrêt ;

En outre, il est favorable aux chambres de commerces et d’industries d’assister les petites entreprises par un soutien au développement des affaires, l’élaboration d’un plan de continuité d’activité et de restructuration ainsi qu’un suivi et un accompagnement dans la mise en œuvre.

Enfin, dans l’optique de booster le marché local et de mettre l’Homme au cœur du développement, l’Etat peut initier avec des partenaires privés un fonds de garantie à la création des jeunes entreprises, destiné à faciliter pour les porteurs de projets l’accès au soutien bancaire. Ce fond peut constituer une réponse face aux problèmes de financement que rencontrent les jeunes créateurs d’entreprises et peut permettre leur insertion dans la vie active en créant leur propre affaire. A ce titre, on pourra s’inspirer de l’expérience du Maroc.

  • Instaurer une bonne gouvernance 

L’impératif post-covid-19 exige un nouveau type de gouvernance et une transparence qui répondent à des normes précises, définies et respectées en matière de gestion des finances publiques et cela suppose aussi une gestion budgétaire basée sur une approche managériale pour d’avantage d’efficacité.

Il est temps d’initier des mesures nécessaires afin de rendre transparente l’action financière de l’Etat pour que tout soit clair et accessible. Il s’agira de numériser les opérations fiscales et financières pour sécuriser et fiabiliser la traçabilité des deniers publics en mettant en place un logiciel de gestion des finances publiques, à l’instar de CHORUS qui est utilisé en France depuis 2009.

Par contre, pour un meilleur recouvrement des recettes fiscales et non fiscales, faudrait-il continuer à avoir plusieurs régies financières ou immigrer vers une seule Direction Générale des Finances ?

Entre autre, pour mieux mobiliser des sources de financement pour son programme, l’Etat peut chercher d’autres modes de financement de son budget, le cas échant améliorer son dispositif de recouvrement de recettes fiscales et créer de nouvelles recettes dans l’optique de toujours obtenir les ressources utiles au financement de son budget notamment : 

  • harmoniser la taxe foncière des particuliers ;
  • définir des impôts annuels sur toutes activités immobilières des particuliers.

Dans le même registre de la transparence, je propose la création d’une haute autorité de transparence chargée de promouvoir la probité et l’exemplarité des responsables publics, de contrôler la déontologie de certains responsables et agents publics.  Aussi, nous recommandons un renforcement des prérogatives de la Cour des Comptes pour lui permettre de juger les acteurs de la comptabilité publique, de contrôler et de certifier les comptes de l’Etat.

  • Renforcer l’économie nationale et sous régionale pour limiter notre dépendance à l’extérieur

Par ce modèle, nous prônons de faire en sorte que la densité des flux économiques et des échanges commerciaux entre les structures présentes au pays et dans la sous-région soient nettement plus importantes que le volume des interactions hors zone.

Il s’agit de favoriser la création d’industries de transformation en tout genre dans nos économies, de nous doter des compétences nouvelles pour exprimer notre génie créateur, de rendre disponible sur place l’essentiel des produits et service nécessaire à nos besoins sociaux et économiques. 

En outre, le fait de réduire notre dépendance extérieur, ne pourrait qu’avoir des incidences positives sur notre monnaie qui s’en retrouverait valorisée grâce à l’augmentation éventuelle de nos réserves de change, auxquels nous auront moins recours avec la baisse des importations et certainement  renforcées grâce aux devises que nous pourrons obtenir avec d’éventuelles exportations de biens et services si nous renforçons la compétitivité des structures de notre chaine de valeur.

Ce scénario favoriserait une intervention au plus tôt pour limiter les conséquences négatives des crises. Pour ce faire, il s’agira de capitaliser sur nos atouts économiques (biodiversité, vaste terre arable, climat propice à l’agriculture, richesse du sol, …) et de l’opportunité du numérique pour en faire des leviers de croissance en vue de diversifier l’économie.

A ce titre, grâce au travail de General Trading Company (GTC) Congo et l’aide du Programme Alimentaire Mondial (PAM) Congo, l’huile de palme est à présent référencée dans le panier des produits alimentaires du PAM

  • Décentraliser les actions du pouvoir public par le bais de la société civile

Le partenariat public-privé (PPP), outil d’attractivité des investissements étrangers pour l’émergence économique, peut être un levier au service de l’action sociétale. En effet, il peut contribuer à favoriser la coopération décentralisée et renforcer les capacités de mise en œuvre de l’Etat dans le secteur communautaire.

A ce titre, les pouvoirs publics peuvent soutenir les actions de la société civile à l’instar de la Fondation Perspectives d’Avenir qui  apporte une contribution significative à la formation technique et professionnelle de jeunes cadres et d’ouvriers qualifiés pour satisfaire les besoins en travaux, biens et services du Congo. 

Il sied de noter que plusieurs organisations non gouvernementales sont engagées dans l’action communautaire sans être reconnues comme organisme d’utilité publique. Dans l’intérêt de l’Etat, il est recommandable de les identifier afin de mener des actions conjointes et de s’appuyer sur leur expertises.

Par Isaac SONIT, Lauréat de la Fondation Perspectives d’Avenir & Leader d’opinion 

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