Transport en commun à Brazzaville : le calvaire des usagers

Transport en commun à Brazzaville : le calvaire des usagers

Entre inconfort, surcharge, insolence de certains chauffeurs et contrôleurs (receveurs), l’utilisation des moyens de transport en commun n’est pas de tout repos pour le Brazzavillois.

Sur les grandes artères de Brazzaville, il n’est pas surprenant de voir des taxis-brousse et minibus bondés de passagers et de marchandises. Pleins comme un œuf, ils circulent en dépit du danger qu’ils font courir aux usagers. 

La surcharge est très courante au Congo. La première qui retient l’attention est celle pratiquée par les taxi-brousse communément appelés « cent-cent ». Ils ont en commun d’être souvent des véhicules de seconde main, bien incommodants pour le passager ou le voyageur. En y prenant place, le client doit généralement dire adieu aux règles de sécurité les plus élémentaires et aux horaires. Car ces taxis ne prennent la route que quand le quota des places fixé par ces chauffeurs est atteint.

S’arrêtant à tout-va, ces taxis sont utilisés pour la circulation des biens et des personnes dans la capitale et les petits villages à l’intérieur du pays. Avec de gros bagages attelés sur le toit ou dans le coffre, ceux qui desservent le tronçon des villages se font remarquer par leur surcharge pondérale. Le véhicule a l’air de se pencher sur le côté. Dans la ville, on y voit des passagers entassés comme des poissons dans une boîte de sardine. 

À cela s’ajoutent des gros camions qui approvisionnent la capitale en produits agro-alimentaires. On y voit des moutons, cabris, porcs, des sacs de foufou entassés mais aussi des passagers suspendus au-dessus des marchandises. Ces derniers ne semblent avoir conscience des risques qu’ils en courent lorsqu’ils sont à bord de ces fourgons.

Les motos-taxis ne sont pas en reste

Autre moyen de transport, les motos-taxis. Les commerçants de Brazzaville ont depuis quelques temps opté pour les tricycles motorisés de marque asiatique Kavaki Motor, pour transporter leurs marchandises, au détriment des pousse-pousse (brouettes). Il est vrai que cela leur est très utile. Mais lorsqu’on voit une dame assise inconfortablement au-devant de la moto ou au-dessus de la marchandise, la question liée à la sécurité du passager se pose.

La dernière place du classement revient aux minibus du groupe français Bolloré. Aussi surprenant que cela puisse être, les Bleubus entrent peu à peu dans la danse. Expérimentés lors des Jeux africains de 2015, les bus à énergie électrique du groupe Bolloré ont été mis en circulation, il y a deux ans. Plébiscités par la population, ils ont offert aux Brazzavillois une belle expérience en termes de transport en commun (confort, accès au wifi pour un moment…).

Mais à présent, ces Bleubus de six mètres qui, normalement, n’ont la capacité de transporter que vingt-deux passagers, commencent à pousser le bouchon un peu plus loin. En effet, on les voit maintenant remplis à ras bord et continuer à faire monter des clients sans se soucier de leur confort. Aux heures de pointe, le nombre de places debout dépasse souvent la norme. Les supplications des clients telles « on est déjà trop coincé », « les personnes que vous faites monter là vont rester où ? », tombent souvent dans les oreilles d’un sourd.

En général, dans les véhicules de transport en commun à Brazzaville, ce fait est très fréquent. Il s’est créé chez les chauffeurs une telle cupidité que les règles basiques de transport et de sécurité des passagers sont balayées d’un revers. Sous l’œil des policiers qui se contentent d’une quelconque somme d’argent, en signe de laisser-passer.

Loin de trouver un remède à ce problème, chauffeurs et usagers se rejettent la responsabilité. L’implication est partagée d’autant plus que les premiers ne se préoccupent que de leur gain, pendant que les seconds, pressés d’arriver à destination, ne pensent plus à leur sécurité. Or c’est normalement à eux de faire valoir leur droit car comme on dit « le client est roi ».

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette pratique. On cite les difficultés d’accès à un moyen de transport en temps voulu. L’expression « rien ne sert de courir, il faut partir à point » perd tout son sens lorsqu’il s’agit de se déplacer à certaines heures dans la ville. Lors d’un déplacement, les clients ont beau sortir très tôt de leur demeure, il y aura toujours des contretemps qui vont faire qu’ils arrivent plus tard que prévu. C’est ainsi qu’ à la fin, les passagers sont souvent obligés de fermer les yeux sur les conditions dans lesquelles se trouve le véhicule. Les Brazzavillois s’en accommodent car le choix reste limité en matière de transport public. 

Toujours parmi les aléas, il y a aussi le manque de voies praticables pour certaines zones de la ville comme Jacques-Opangault et Domaine. Il faut également souligner l’état débridé des routes et les bouchons ou embouteillages qu’elles entraînent.

Durly Emilia Gankama

Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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