Congo : la centrale hydroélectrique de Liouesso sera bientôt inaugurée

[GARD align=« center »]

La centrale hydroélectrique de Liouesso (19,2 MW), fruit de la coopération sino-congolaise, dans le nord-ouest du Congo, sera inaugurée dans les prochains jours, après une phase d’essais techniques jugés concluants par les autorités congolaises.

Les travaux de cette centrale électrique ont été lancés en 2012 par le président congolais Denis Sassou N’Guesso. Ils sont exécutés par la société China Gezhouba Group Company Limited, pour un coût initial de plus de 54 milliards de francs CFA.

Il s’agit du troisième barrage hydroélectrique du Congo construit avec l’appui de la coopération chinoise, après ceux de Moukoukoulou (74 MW) et d’Imboulou (120 MW).

Le projet du barrage de Liouesso est assorti de la construction des lignes de transport d’énergie par la société chinoise CMEC pour environ 17 milliards de francs CFA, ainsi que d’autres ouvrages connexes.

Ancien habitant de Ouesso, Aurélien Nkou estime que la mise en service du barrage de Liouesso apportera une forte impulsion aux activités socio-économiques dans la région. « Ouesso et d’autres localités du département de la Sangha ont désormais l’électricité pérenne, une grande première depuis les indépendances. Ce barrage est le point de départ du développement de l’économie de la Sangha qui ne reposera plus sur l’exploitation forestière mais aussi sur l’industrie et d’autres secteurs », renchérit-il.

La ville de Ouesso bâtie à environ 830 km de Brazzaville, chef-lieu du département de la Sangha, est située au bord du fleuve de la Sangha et compte quelque 45.000 habitants. C’est une agglomération cosmopolite où l’on trouve des Camerounais, des Centrafricains, des Congolais de la République démocratique du Congo (RDC), des ressortissants d’Afrique de l’ouest et des expatriés européens évoluant dans les sociétés forestières.

Pour le maire de Ouesso, Thierry Ghislain Maguessa Ebome, le barrage de Liouesso est une aubaine pour sa ville. « Le barrage de Liouesso fait partie des infrastructures longtemps attendues par les populations de la Sangha et de ses environs », dit-il.

« La fourniture permanente de l’électricité est un élément qui donnera plus d’efficacité au poids économique du département et particulièrement de la ville de Ouesso », a-t-il indiqué, ajoutant que cette centrale facilitera l’éclosion des petits métiers et l’implantation des industries hormis celles du bois.

La mise en service du barrage de Liouesso vient augmenter la capacité de production d’électricité au Congo qui est passée de 89 MW en 2000 à plus de 590 MW actuellement.

« Dans la sphère et autour, l’impact de ce projet est bien perceptible. La centrale et le réseau de transport vont résoudre de façon pérenne, le déficit récurrent de l’offre d’énergie et réduire la dépendance actuelle de Ouesso de 100% de la production thermique fournie occasionnellement et à des horaires réduits », a déclaré lors du lancement des travaux, Jean Jacques Bouya, ministre congolais en charge des grands travaux.

Longtemps enclavée, la Sangha a été reliée à Brazzaville et aux autres départements par le biais de la route nationale n°2 qui fait une jonction avec la nationale n°1 conduisant au port maritime de la capitale économique Pointe-Noire. Cette région est frontalière aux pays tels le Cameroun, la République centrafricaine (RCA) et la RDC.

Elle regorge plusieurs potentialités culturelles, économiques et touristiques. L’on peut énumérer le parc national de Nouabalé Ndoki et celui d’Odzala Kokoua qu’elle partage avec le département voisin de la Cuvette-ouest.

Ce département est aussi réputé pour la culture du café, du cacao, et de palmiers à l’huile. Il recèle des gisements de fer, de l’or et d’autres minerais. On y trouve aussi des sociétés forestières parmi les plus importantes d’Afrique centrale.

Dans le cadre de l’intégration sous-régionale, les gouvernements congolais et camerounais co-financent la construction d’une route devant relier les deux pays (Ouesso-Sangmélima) avec le soutien de la Banque africaine de développement (BAD).

[GARD align=« center »]

Congo : Denis Sassou N’Guesso optimiste pour le barrage de Liouesso

[GARD align= »center »]

Le président congolais Denis Sassou N'guesso
Le président congolais Denis Sassou N’guesso

Au terme d’une visite effectuée mercredi sur le site du barrage de Liouesso en construction dans le département de la Sangha où il avait lancé, la veille, les travaux de la municipalisation accélérée, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso s’est dit heureux de l’avancement des travaux.« J’ai tenu à venir tâter l’évolution du chantier après la cérémonie de la première pierre (en mai 2002). Je suis heureux de constater que les travaux avancent bien. Les constructeurs disent que dans un an il y aura le barrage construit ici », a-t-il déclaré.

LDB : Monsieur le président avec ce qui se fait ici (au barrage de Liouesso) on  se rend finalement compte que c’est un rêve qui est en train de devenir réalité…

Denis Sassou N’Guesso : C’est vous de la presse qui  vous rendez compte maintenant que dans le pays des programmes se réalisent. Si vous étiez perspicace vous auriez expliqué au peuple qu’on a franchi le Mayombe. En y construisant une route sans tunnel. Je crois qu’on a taillé la montagne dans le Mayombe à des hauteurs bien plus importantes qu’ici où l’on a également taillé la montagne pour construire ce barrage. Les travaux se réalisent et j’ai tenu à venir tâter l’évolution du chantier après la cérémonie de la première pierre (en mai 2012, ndlr). Je suis heureux de constater que les travaux avancent bien. Les constructeurs disent que dans un an il y aura le barrage construit ici. Vous avez certainement vu que les lignes de transports (très haute tension) sont déjà en construction et seront même prêtes avant la fin des travaux du barrage. Donc, dans un an on transportera l’électricité à Ouesso, Pokola, Ngombé, Mokeko, Ngbala. Ce sera donc une réalité.

LDB : Monsieur le président, le port, l’aéroport et la route se construisent dans la Sangha. Ce département est en train de tourner le dos  au Cameroun dont il dépendait jusque-là pour regarder vers Brazzaville ?

DSN : Non ! La Sangha ne tourne pas le dos au  Cameroun. Au contraire nous sommes pour l’intégration économique sous-régionale. En même temps que nous construisons cette route Ouesso-Pointe-Noire (…), nous  construisons aussi l’aéroport de Ouesso qui sera le quatrième aéroport international du pays. Il est long de 3.000 mètres. Donc, désormais il y aura quatre aéroports internationaux : Brazzaville, Pointe-Noire, Ollombo et Ouessso. Pointe-Noire-Brazzaville c’est 500 kilomètres ; Brazzaville-Ollombo c’est pratiquement la même distance ; Ollombo-Ouesso également. Nous construisons aussi une route d’intégration sous-régionale Ouesso-Sembé-Souanké jusqu’à la frontière du Cameroun. La Sangha ne tournera pas le dos au Cameroun ; mais s’ouvrira au reste du Congo. Pour l’intégration économique sous-régionale avec le président Paul Biya et moi-même, nous nous sommes entendus pour construire une route d’intégration qui part du côté du Cameroun, précisément de Sangmélima vers la frontière congolaise, puis du côté congolais de Ouesso vers la frontière camerounaise. Jusqu’à Sembé nous avons déjà réalisé entre 140 et 147 kilomètres. On peut aller à Sembé sur une route bitumée. Mais, pour l’intégration économique sous-régionale, tout comme nous avons construit la route Obouya-Boundji-Okoyo frontière du Gabon avec le président Omar Bongo (…). Il a emmené la route jusqu’à Franceville et nous sommes allés à la rencontre de cette route après Lekety. Nous l’avons déjà inaugurée. Le Congo ne tourne le dos à aucun pays de la sous-région. Nous sommes les fervents partisans de l’intégration économique sous-régionale.

Propos recuiellis par Gankama N’Siah