Congo-ONU: des échanges entre Sassou N’Guesso et Abdoulaye Bathily sur la sécurité en Afrique centrale

Denis Sassou N'Guesso et Abdoulaye Bathily

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Le président congolais, Denis Sassou Nguesso a échangé jeudi avec le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, Abdoulaye Bathily. A l’issue de la rencontre, le fonctionnaire onusien a indiqué qu’il compte prendre des initiatives hardies afin d’aboutir à « des solutions durables » aux crises qui secouent plusieurs pays de la sous-région.

L’assemblée générale des Nations unies se tient dans quelques jours à New York, aux États-Unis. Pour Abdoulaye Bathily, ce sera l’occasion pour les chefs d’État d’Afrique centrale présents à ce rendez-vous de faire le point sur la situation globale de la région. 

« La crise centrafricaine notamment fera l’objet d’une session spéciale organisée en marge de l’assemblée générale », a-t-il indiqué. Bathily affirme que le Congo est au centre des crises qui éclatent à ses frontières. «C’est pourquoi je suis venu voir monsieur le président Denis Sassou N’Guesso pour échanger avec lui sur les perspectives des différentes solutions à ces crises. Il est important que ces échanges puissent déboucher sur des initiatives hardies susceptibles de conduire vers des solutions pacifiques en Afrique centrale », a-t-il expliqué à la presse congolaise.

La crise postélectorale au Gabon n’était pas du reste. A ce sujet, Abdoulaye Bathily dit souhaiter que la décision de la Cour constitutionnelle chargée du contentieux électoral puisse ouvrir les perspectives de paix et une solution durable dans ce pays. 

La République démocratique du Congo (RDC) n’est pas non plus épargnée par la crise. Le fonctionnaire onusien émet le vœu que le dialogue politique en cours puisse aboutir.

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Présidence de la commission de l’UA: Le Sénégalais Abdoulaye Bathily, « candidat unique » de la Cedeao

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Le Sénégalais Abdoulaye Bathily a été choisi, samedi à Nairobi (Kenya), comme le « candidat unique » de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), au poste de président de la Commission de l’Union africaine (UA).

« Le Sommet de la CEDEAO a endossé la candidature du professeur Abdoulaye Bathily comme candidat unique de la Communauté au poste de président de la Commission de l’Union africaine (UA) lors des élections qui auront lieu au prochain sommet de l’UA prévu les 30 et 31 janvier 2017 à Addis-Abeba (Ethiopie) », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.

La Cedeao a pris cette décision lors du sommet extraordinaire qui s’est tenu, le 27 août à Nairobi (Kenya) sous la présidence du chef de l’Etat du Libéria, Ellen Jonhson Sirleaf, présidente en exercice de l’organisation, renseigne le texte.

Le Sénégal avait formellement présenté le 9 août dernier la candidature officielle du professeur Abdoulaye Bathily pour remplacer l’actuelle présidente de la Commission de l’Union africaine, la Sud-Africaine Nkosazzana Dlamini-Zuma, qui ne s’est pas présentée pour un nouveau mandat.

Lors du 27e Sommet des chefs d’Etat tenu en mi-juillet à Kigal (Rwanda), aucun des trois prétendants, l’Ougandais, le Botswanais et l’Equato-guinéen n’avait pu obtenir la majorité des deux tiers des suffrages pour remplacer Mme Nkosazana Dlamini-Zuma.

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Afrique centrale: Abdoulaye Bathily prévient les dirigeants des risques de déstabilisation

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Abdoulaye Bathily
Abdoulaye Bathily

Le représentant du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale, Abdoulaye Bathily s’inquiète de la possible étendue de l’influence de la secte islamiste Boko Haram sur les pays voisins du Nigéria. Il l’a d’ailleurs fait savoir au Conseil de Sécurité de l’ONU dans son dernier rapport.

De plus, dans une interview accordée à RFI, Abdoulaye Bathily craint des risques de déstabilisation en Afrique centrale avec les élections législatifs et présidentiels qui s’annoncent tout au long de l’année 2015.

Pour lui, l’Afrique centrale traverse une période de transition démocratique assez compliquée et dans la plupart des pays où doivent se dérouler ces élections, la tension est montée entre pouvoir et opposition. «Je le vois dans les deux Congo, au Gabon. Partout les gens se posent aujourd’hui des questions. Il y a ce que l’on peut appeler les effets du syndrome burkinabè. Face à cela, nous avons beaucoup d’inquiétudes », déclaré M. Bathily.

Le diplomate appelle les pouvoirs et oppositions de ces différents pays à se parler afin de parvenir à un consensus sur la manière d’organiser ces élections pour que l’on aboutisse à des scrutins libres, démocratiques, transparents. Pour le représentant du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale, le dialogue entre pouvoir et opposition la période va marquer une avancée démocratique et pas un recul.

Abdoulaye Bathily avance que la révolution burkinabè a permis aux dirigeants de l’Afrique centrale de prendre conscience qu’il faut compter avec les opinions publiques. «De mon point de vue, il n’est plus possible de faire des élections n’importe comment. Il y a toute cette jeunesse qui est aujourd’hui mobilisée, qui a pris conscience de ses droits et les pouvoirs doivent compter avec ces phénomènes-là», a-t-il dit.

Selon le représentant de Ban-ki Moon, les questions de constitution qui se posent ne peuvent être réglées de manière autoritaire mais de façon consensuelle, apaisée pour déboucher sur des élections démocratiques au risque de les banaliser pour déboucher sur une guerre civile, comme c’est le cas aujourd’hui dans beaucoup de pays.

«Quand les élections approchent, c’est comme si on allait en guerre. Il faut mettre fin à ce cycle. Tout ce qui va dans le sens des changements constitutionnels, qu’on ne le fasse pas, comme on dit à la hache. Il faut respecter les constitutions, il faut que les uns et les autres acceptent la règle du jeu», préconise-t-il.

Le respect de la Constitution, selon Abdoulaye Bathily, implique la non-modification de la limitation du nombre de mandats à des délais relativement courts des élections, à un ou deux ans des élections.

«Si on le fait un an ou deux ans avant des élections, c’est sûr que cela crée des tensions qui ne sont pas favorables à la sérénité du déroulement du scrutin», déclara-t-il, en ajoutant que les Constitutions ne doivent pas être modifiées pour simplement maintenir un individu à la tête d’un pays.

«Si on dit que la vie d’un pays dépend d’un seul individu, ça veut dire que ce pays est en danger. Je crois à la nécessité qu’un pays soit dirigé par une équipe d’hommes et de femmes interchangeables. C’est pourquoi je milite pour qu’il y ait des changements à la tête des pays et que les règles constitutionnelles soient respectées de manière globale», explique le diplomate qui soutient que deux mandats suffisent largement pour un président en Afrique.

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