Soudan : Une chanteuse se fait arrêter pour un pantalon trop «serré»

Soudan : Une chanteuse se fait arrêter pour un pantalon trop «serré»

Soudan : Une chanteuse se fait arrêter pour un pantalon trop «serré»

Une nouvelle affaire de port de pantalon secoue le Soudan. Après Loubna al-Hussein, journaliste qui s’est retrouvée plusieurs fois devant les tribunaux de Khartoum en 2009 pour sa tenue vestimentaire, c’est la chanteuse Mona Magdi qui a été arrêtée par la police pour avoir mis un pantalon jugé trop serré. Elle sera bientôt jugée. Des milliers d’internautes ont saisi l’occasion pour demander l’annulation de la loi dite de « discipline générale » qui permet d’arrêter les personnes qui s’habillent d’une manière jugée irrespectueuse par les forces de sécurité. Une loi pratiquement appliquée uniquement aux femmes.

Nombreux sont les internautes qui demandent l’abrogation de cette loi. Pourquoi le régime soudanais ne l’abroge t-il pas ? Pour Amal Habbani, membre de l’association «Non à l’oppression des femmes», « le gouvernement trouve que cette loi de discipline générale le représente. Elle représente son idéologie religieuse, sa vision de la femme. Ce gouvernement ne croit pas en la liberté de la femme ni en ses droits. Il la considère comme un citoyen de second degré. Tout en elle est interdit et honteux…

Une police dédiée

C’est une loi très floue qui est faite pour opprimer la société soudanaise. Il y a une police spéciale pour faire appliquer cette loi. Une police spéciale, la plus forte et la plus active des sections policières. Un tribunal spécial et un juge.

Cette police attrape les femmes, les jugent, les pénalisent et les fouettent… Cela n’a rien à voir avec la justice. Pour moi cette loi ressemble à celles de l’organisation Etat islamique qui violent les droits de la femme et pratiquent la violence et la barbarie ».

Détourner l’attention des Soudanais de la situation économique

Nous n’avons pas toujours été comme ça au Soudan, rappelle l’activiste soudanaise des droits des femmes, Abir Elmugammar. « Les femmes dans les années 60 et 70 étaient d’un autre niveau, elles étaient libres, elles ne mettaient pas de voile, elles s’habillaient comme elles le souhaitaient, elles mettaient même des minijupes.

Ce qu’il se passe aujourd’hui est directement lié au régime installé à Khartoum. C’est un régime qui utilise la religion à ses fins, cherchant à vaincre toute pensée moderne. Aujourd’hui, au Soudan nous souffrons de problèmes beaucoup plus graves que le pantalon de la chanteuse. Nous faisons face à une énorme crise économique.

Mais le pouvoir actuel est dans l’impuissance de trouver des solutions ; Il préfère alors distraire la société soudanaise par ce genre d’histoires. La loi de discipline générale s’applique au nom de la religion, c’est une facette du projet islamique de l’Etat. Historiquement l’islam politique est hostile à la femme, il la persécute ».

En avril dernier, lors de sa cinquième visite au Soudan, Aristide Nononci, l’expert indépendant de l’ONU pour la situation des droits de l’Homme au Soudan a appelé l’Etat à arrêter les poursuites contre les femmes dont les vêtements sont jugés inconvenants.

Avec RFI

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