Si le Congo rate l’alternance démocratique en 2016, la faute reviendra à l’opposition

Si le Congo rate l’alternance démocratique en 2016, la faute reviendra à l’opposition
Quelques leaders de l'opposition

Quelques leaders de l’opposition

Plusieurs Congolais aspirent à l’alternance politique en 2016, surtout l’opposition qui la réclame à tout prix. Mais, l’opposition commet la maladresse de penser que l’alternance politique doit être facilitée par le pouvoir, oubliant que c’est elle qui en est actrice principale. Il est une évidence que si l’alternance politique échoue en 2016 au Congo-Brazzaville, la faute reviendra à l’opposition pour n’avoir pas su jouer son rôle.

On appelle alternance politique, la permutation de deux partis ou de deux coalitions au pouvoir et dans l’opposition. Dans le respect du régime en vigueur, elle opère un changement de rôle entre des forces politiques situées dans l’opposition qu’une élection au suffrage universel fait accéder au pouvoir, et d’autres forces politiques qui y renoncent provisoirement pour entrer dans l’opposition (Quermonne, 2000 : 8). L’alternance concilie donc la continuité des institutions avec le renouvellement des élites. Mais elle n’entraîne pas nécessairement un changement fondamental de programmes et de politiques. Elle peut même déstabiliser le régime démocratique lorsque les projets de société qui s’affrontent sont trop éloignés l’un de l’autre. C’est pourquoi, elle requiert un minimum de consensus qui préserve les principes et valeurs de la démocratie pluraliste.

De ce point de vue, l’on comprend facilement que l’alternance démocratique ne peut s’opérer que s’il existe une bipolarisation des forces politiques : d’un côté une majorité qui cherche à conserver le pouvoir, et de l’autre une opposition qui cherche à ravir le pouvoir. Pour ravir le pouvoir, l’opposition doit mettre en œuvre une politique efficace, sur la base d’un projet de société réaliste. Son discours doit être guidé par les points inscrits dans son projet de société. Malheureusement, l’on constate que l’opposition congolaise est dans l’incapacité de proposer une alternative au pouvoir en place, à tel point qu’on la soupçonne de chercher à s’intégrer dans un système qui exclut toute possibilité d’alternance politique.

L’opposition a un grand rôle à jouer dans la vie politique d’un pays démocratique, au regard de ses fonctions : elle constitue un contre-pouvoir, c’est-à-dire empêche la majorité à mener une politique portant atteinte aux droits et libertés du peuple ; elle représente la possibilité d’une alternance politique en participant à l’existence du pluralisme politique, l’une des bases de la démocratie ; elle permet de renouveler le personnel politique, car si la majorité perd le pouvoir, il y a une forte de change de voir une nouvelle génération d’hommes politiques naître dans le pays. Le rôle de l’opposition étant essentiel en démocratie, dans certains pays elle bénéficie d’un véritable statut. En Grande-Bretagne, par exemple, on a érigé la fonction de chef de l’opposition en fonction officielle. En France, depuis la réforme constitutionnelle de 2008, la constitution prévoit que les groupes parlementaires d’opposition, ainsi que les groupes minoritaires, bénéficient de « droits spécifiques » (art. 51-1).

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  1. Céleste
    Céleste 26 mars, 2015, 23:58

    Le plan machiavélique de Sassou : empêcher l’alternance démocratique en 2016 par des voies louches.
    Monsieur Gaspard Lenckonov, vous aviez publié le 25/03/2015 sur le site de journaldebrazza.com, un article institulé “ Si le Congo rate l’alternance démocratique en 2016, la faute reviendra à l’opposition.”
    Cher monsieur votre article se donne à désirer et vous faites le jeu de Sassou et de son clan. En effet, si l’opposition dans sa conquête du pouvoir doit, selon vous, user de toutes stratégies démocratiques pour arracher le pouvoir, la majorité au pouvoir doit aussi user de toutes les voies démocratiques pour conserver le pouvoir. C’est tout à logique et juste. La majorité au pouvoir doit utiliser les moyens légaux et démocratiques pour conserver le pouvoir, faire autrement serait un coup d’état. Les stratégies politiques de conservation du pouvoir ne sont pas légales et démocratiques. Donc si vous dites que la majorité au pouvoir a le droit d’user de toutes les stratégies politiques pour conserver le pouvoir, vous invitez par de tels propos le pouvoir de Sassou à utiliser des moyens illégaux et antidémocratiques pour conserver le pouvoir. La conservation et la conquête du pouvoir doit se faire comme dans des sociétés démocratiques par des voies légales et démocratiques.
    C’est vraiment malhonnête et injuste de dire que l’opposition doit user de toutes les voies démocratiques pour arracher le pouvoir et que la majorité au pouvoir doit user pour conserver le pouvoir de toutes les voies politiques imaginables. Il y a dans votre analyse deux poids et deux mesures. Dès lors votre analyse sur l’alternance démocratique au Congo est squelettique.
    Dans un état de droit, les voies de conservation et conquête du pouvoir sont légales et démocratiques . Donc pour conserver le pouvoir, la majorité doit user des stratégies légales et démocratiques. Le Congo-Brazzaville a une constitution et cette constitution doit être respectée la majorité. Si la majorité veut conserver le pouvoir, elle doit utiliser les voies légales et démocratiques.
    Cher monsieur ce n’est pas l’opposition congolaise qui utilise les voies illégales et antidémocratiques pour conquérir le pouvoir mais c’est plutôt la majorité au pouvoir qui utilise ces voies pour conserver le pouvoir. Ce qu’on demande à Sassou et son clan c’est de respecter la constitution et de créer les conditions d’un dialogue pour la gouvernance électorale afin que l’élection présidentielle du 12 juillet 2016 soit juste transparente,libre et honnête, et qu’elle se déroule aussi dans un climat apaisée.
    Le peuple congolais veut le départ sans condition de Sassou et son clan ce qui veut dire qu’il est pour l’alternance politique et démocratique . Diviser l’opposition par la corruption ne servira à rien car le président Sassou est en fin de Mandat, il doit laisser impérativement le pouvoir. Son mandat fini en juillet 2016 et le souverain primaire ne veut plus de lui.

    Maître Céleste Ngantsui.

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