Sénégal : Doudou Ndiaye Rose, le grand percussionniste est décédé

Sénégal : Doudou Ndiaye Rose, le grand percussionniste est décédé

L’un des plus grands musiciens africains du 20ème siècle, celui que l’on surnomme « le mathématicien des rythmes » ou encore « le grand maître des tambours » s’est éteint ce mercredi 19 août 2015, laissant un grand vide dans le monde de la culture sénégalaise.  

Comment parler de culture sénégalaise sans le citer ? Il a été témoin, mais aussi acteur de l’histoire de son pays et par extension, de l’histoire africaine. Figure historique et musicale incontournable, Doudou N’diaye Coumba Rose, de son vrai nom Mamadou N’diaye, est un monument de la musique sénégalaise. Celui qui a joué aux côtés de grands noms de la musique comme Miles Davis ou les Rolling Stones, s’en est allé ce mercredi, à 85 ans. Né en 1930 à Dakar, il devient très tôt un virtuose du Sabar (tam-tam sénégalais). Il a connu l’époque coloniale, puis l’indépendance du Sénégal en 1960 et devient de ce fait une encyclopédie vivante de l’histoire africaine. Joséphine Baker en personne voit pour lui un grand avenir. « Tu seras un grand batteur », lui prédit la star, éblouie par sa prestation lors de la première partie de son concert en 1959 à Dakar.

Un monument historique

Grand griot reconnu, amoureux de la culture africaine, Doudou N’diaye Rose n’a eu de cesse de répandre dans le monde les beautés du continent à travers son art. De l’Asie au continent américain, en passant par l’Europe, il a été célébré dans le monde entier. Le Sénégal lui doit l’africanisation du défilé des majorettes lors de la fête de l’indépendance. « Un jour, après l’Indépendance, Senghor m’a demandé d’africaniser les majorettes. On a donc changé le costume, supprimé la fanfare. Mais on a gardé les bottes… et j’ai trouvé le rythme de la parade » confiait l’artiste en 2000 (Tenaille 2000 : 117). Il participe même à la création de l’Hymne national sous la coordination de l’ethnomusicologue Herbert Pepper. En 1981, il crée le premier groupe de femmes percussionnistes d’Afrique, bousculant ainsi la tradition sénégalaise qui interdit aux femmes de toucher au tambour. « Les Rosettes » voient donc le jour, en hommage à sa mère Rose.

Doudou N’diaye Rose qui a été successivement nommé Chevalier des Arts et des Lettres par les présidents François Mitterrand et Abdou Diouf, est l’un des rares êtres humains à accéder au titre de « Trésor humain vivant » par l’UNESCO en 2000.

Marie-Hélène Sylva


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