RDC: Kabila cherche à resserrer les rangs de la majorité dans son fief du Katanga

RDC: Kabila cherche à resserrer les rangs de la majorité dans son fief du Katanga

Joseph Kabila

Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo

Le président congolais Joseph Kabila devait chercher lundi à resserrer les rangs dans son fief du Katanga où la majorité apparaît tiraillée entre son chef et le gouverneur de cette riche province minière, Moïse Katumbi, qui fait de plus en plus figure de présidentiable.

Selon une source à la présidence, 200 à 300 notables et hommes politiques katangais (chefs coutumiers, ministres, élus) devaient participer dans la journée à une réunion à huis clos à la ferme présidentielle de Kashamata, à une dizaine de km au sud de Lubumbashi, la capitale du Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo.

La rencontre se déroule dans un climat politique tendu à moins de deux ans de la prochaine présidentielle censée avoir lieu fin 2016, et après le retour triomphal de M. Katumbi à Lubumbashi après plus de deux mois d’absence.

« Tout tournera autour de l’unité du Katanga », a déclaré à l’AFP un proche du président de la République, sans donner plus de détails, mais en reprochant à M. Katumbi et à Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l’assemblée provinciale du Katanga, de s’être « désolidarisés de la majorité présidentielle ».

Charismatique autant que M. Kabila est discret, M. Katumbi, tout juste âgé de 50 ans, dirige le célèbre club de football « Tout Puissant Mazembe » de Lubumbashi. Il a reçu un accueil triomphal à Lubumbashi le 23 décembre après avoir séjourné hors du pays pendant plus de deux mois, selon son entourage pour des soins médicaux.

Il avait été accueilli ce jour-là par M. Kyungu, et les deux hommes avaient paradé côte-à-côte en cortège devant une foule immense avant de tenir des discours interprétés comme un affront fait au président, à qui la Constitution interdit de se présenter pour un troisième mandat présidentiel, mais que l’opposition soupçonne de vouloir se maintenir au pouvoir coûte que coûte au-delà de 2016.

Agé de 43 ans, M. Kabila a annoncé, le 31 décembre, le lancement, en 2015, d’un recensement général de la population, immédiatement dénoncé par l’opposition comme une tentative de retarder le cycle électoral afin de se maintenir au pouvoir.

Bien que Katangais et membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de M. Kabila, M. Katumbi a annoncé à l’AFP qu’il ne prendrait pas part à la réunion de Kashamata pour des « raisons de santé »

– des dissidents –

Au pouvoir depuis 2001, M. Kabila a été élu président en 2006 lors des premières élections démocratiques du pays depuis son indépendance de la Belgique en 1960, puis réélu en 2011 lors d’un scrutin contesté par la communauté internationale et l’opposition.

Au sein même de la majorité présidentielle, des voix s’élèvent publiquement depuis quelques semaines contre l’idée d’un maintien au pouvoir de M. Kabila. Ainsi, le Katangais Jean-Claude Muyambo, chef d’un parti de la majorité, a été jusqu’à rejoindre à la fin de l’année les rangs de l’opposition après avoir subi des pressions du pouvoir.

Selon son avocat, Vano Kalembe Kiboko, ancien député de la majorité ayant pris position contre une éventuelle modification de la Constitution qui permettrait à M. Kabila de rester en place, a été incarcéré vendredi après son inculpation pour incitation à la haine tribale.

Au Katanga, notamment dans le nord de la province, particulièrement déshérité dans un pays où la grande pauvreté est la règle, M. Kabila semble perdre progressivement le soutien d’une partie de la population l’ayant massivement soutenu par le passé et qui lui reproche aujourd’hui de n’avoir rien fait pour elle en près de 14 ans de pouvoir.

Bien qu’à la tête du Katanga (poumon économique de la RDC en raison de ses énormes ressources minières) depuis 2006, M. Katumbi ne semble pas aujourd’hui victime de la même vindicte populaire, au moins au Katanga, lui qui a instauré un salaire minimum et pris des mesures fiscales destinées à taxer davantage les minerais exportés.

Par l’AFP


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