RDC – Dialogue national : l’UDPS relance l’idée d’un médiateur étranger

RDC – Dialogue national : l’UDPS relance l’idée d’un médiateur étranger

Étienne Tshisekedi

L’opposant historique congolais Etienne Tshisekedi.|DR

Faisant référence à la résolution 2211 adoptée en mars par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi déclare qu’il participera au dialogue si celui-ci est piloté par la communauté internationale.

Alors que se poursuivent au Palais du peuple les consultations avec les partis politiques conformément à l’agenda établi à cet effet, des voix d’élèvent au niveau de l’opposition pour décrier, pour la énième fois, la démarche du chef de l’État. Curieusement, l’on assiste à un revirement à 90 degrés de certains partis politiques qui, hier encore, étaient plutôt favorables au dialogue. Le cas de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui s’est démarqué du groupe de Fatima pour appuyer l’idée du dialogue est patent. Ce parti historique, une des principales forces politiques de l’opposition, n’est plus pressé d’aller aux consultations. Il vient de se rétracter dans une mise au point faite le  4 juin par son secrétaire général, Bruno Mavungu. Fin mai, cette formation politique avait fait savoir qu’elle était prête à participer à un dialogue national, y voyant « la voie privilégiée » pour sortir le pays de la crise, elle n’affiche plus l’effervescence d’il y a quelques jours.

Les consultations préparatoires au dialogue ne semblent plus tellement émouvoir l’UDPS qui pose des conditions quant à sa participation éventuelle. Le ton est à la fermeté, preuve que le parti d’É »tienne Tshisekedi n’est pas prêt à se laisser embarquer dans une aventure sans issue. Dans son chapelet des préalables, le parti met notamment l’accent sur la médiation étrangère selon le vœu exprimé par la communauté internationale. Ce n’est qu’à ce prix qu’il pourrait accepter participer au dialogue. Pour l’UDPS, le dialogue attendu devra se conformer à l’esprit de la résolution 2211 adoptée en mars par le Conseil de sécurité de l’ONU qui en avait posé les bases avant que l’Accord de paix d’Addis-Abeba n’en fixe le cadre. Cet Accord-cadre avait, en effet, préconisé la tenue d’un dialogue entre le pouvoir et la classe politique pour résoudre la crise qui ronge le pays depuis 2011 et permettre la tenue d’élections apaisées. Dans son format tel que préconisé par les stratèges de la majorité présidentielle, pense-t-on à l‘UDPS, ce fameux dialogue apparaît comme une récupération politicienne de l’initiative du dialogue tel que prévu dans l’Accord-cadre.  

Dans les milieux proches de l’UDPS, l’on refuse de croire à une volte-face ni à un quelconque revirement par rapport à cette position pour autant qu’elle s’intègre parfaitement dans les options levées dans la feuille de route publiée le 14 février. Il est rappelé dans ce document la nécessité du dialogue sous les auspices du représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et patron de la Monusco, Martin Kobler. Et d’ailleurs ce dernier avait déjà exprimé sa disponibilité à faciliter ces échanges intercongolais. Une chose est sûre, c’est que cette prise de position de l’UDPS plombe davantage les consultations présidentielles qui risquent de se négocier sans les principales forces politiques de l’opposition.

© Adiac-Congo


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