RDC : 7 septembre, il y a 19 ans s’éteignait le puissant Maréchal Mobutu

RDC : 7 septembre, il y a 19 ans s’éteignait le puissant Maréchal Mobutu

7 septembre, une date souvenir en République Démocratique du Congo. Ce jour rappelle aux congolais le décès de Joseph Désiré Mobutu, ancien président du pays dénommé alors Zaïre.

De son nom complet, Mobutu Sese Seko Kuku Nguendu Wa Zabanga, il fut une figure importante de l’histoire de la République Démocratique du Congo. Né le 14 octobre 1930 à Gbadolité dans l’ancienne province de l’Equateur, Mobutu a connu un destin hors pair qui l’a conduit de l’ombre au sommet de l’Etat.

Un cheminement politique atypique.

Son destin a connu une évolution hors du commun. Jeune journaliste, il était un des protégés de Patrice Emery Lumumba, dont il fut assistant. Il a d’ailleurs fait partie du premier gouvernement Lumumba où il occupait le poste de secrétaire général. Ironie du sort, il sera un des artisans du déclin politique de son mentor.

Nous sommes au début des années 60, alors que la RDC venait d’accéder à la souveraineté internationale, l’on assiste en même temps à une crise au sommet de l’Etat entre le Président Joseph Kasa Vubu et son Premier Ministre Patrice Lumumba qui s’accusaient mutuellement.

Profitant de la situation, Joseph Mobutu, qui était Chef d’Etat major, parvient grâce au soutien de l’occident à isoler les deux protagonistes pour reprendre les commandes du pays. C’est le point de départ d’une très longue histoire de 32 ans de dictature dans un pays qu’il débaptisera Zaïre en y soufflant un vent du retour à l’authenticité. Peu à peu, l’homme prend ses marques et se façonne une image et une influence implacable dans le pays avant de l’étendre dans le continent. Tel un despote, il teint son pouvoir d’un culte de personnalité au point de se faire un demi-dieu.

Entre gloire et fantasmes, le Roi du zaïre prend rapidement goût pour le pouvoir et s’illustre dans des frasques et un train de vie ostentatoire au vu et au su d’une population dont la misère et la pauvreté ne faisait que se démultipliait.  

Un  règne chaotique

32 ans, c’est la durée exacte du régime de Mobutu. Un des plus longs dans le continent africain. 3 décennies durant lesquelles, le pays s’est enfoncé dans les profondeurs des pays moribonds. L’histoire retiendra que Mobutu s’était illustré par une megestion caractérisée et une mauvaise gouvernance d’un pays pourtant bourré des richesses incommensurables. Avec une économie à terre frappée du saut de la gabegie extrême, le pays à la dimension d’un mini continent est devenu un géant aux pieds fragilisés. 

De Mobutu tout n’était pas toujours négatif. On n’en compte également des positifs. Il a notamment le mérite d’avoir enclenché le processus de la démocratisation du pays lorsqu’en 1990 il met fin officiellement au système de monopartisme. L’on se souviendra de sa fameuse phrase « Comprenez mon émotion » lâchée en sanglots lors d’un discours où il annonçait publiquement son retrait du Mouvement populaire de la Révolution, MPR, son parti et l’unique autorisé à fonctionner dans le pays à l’époque.

Mobutu c’était aussi l’homme de l’unité et de l’intégrité territoriale. Celui qui a su maintenir son pays uni en luttant contre tout ce qui pouvait le déstabiliser. Dans sa peau de chef militaire, il a pu résister à une multitude de crise. Insurrection, sécession, agression, il les a toutes stoppées d’une main ferme. Toutes, sauf la dernière menée entre 1996 et 1997 par les troupes constituées par la coalition de l’Afdl chapotée par un certain Laurent Désiré Kabila. Le bourreau de son régime également son successeur.

Une triste fin

L’année 1997 consacre la fin dramatique de Mobutu et de son règne. Alors que son pays est rongé par une rébellion parti du Rwanda, Mobutu est lui, affaibli par un cancer de prostate. Sans force ni énergie pour résister à cet énième assaut, il assiste impuissant à la fin de son régime mais aussi celle de sa super puissance dans le continent africain. Après les échecs essuyés dans les ultimes négociations, il est contraint à l’exil à Rabat, capitale du Maroc. 4 mois après avoir été renversé, le Maréchal, comme il se faisait appelait s’était éteint dans la matinée du 7 septembre1997 à Rabat dans des circonstances aux antipodes de sa gloire et sa grandeur. L’homme est inhumé dans un petit cimetière dans la triste intimité de sa famille biologique.  Une descente aux enfers qui en disait long.

©OEILDAFRIQUE

 

 

 


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