RD Congo : Une trentaine d’arrestations après l’opération « ville morte » à Kinshasa

RD Congo :  Une trentaine d’arrestations après l’opération « ville morte » à Kinshasa

Les Nations unies ont dénoncé, mercredi 24 août, à Kinshasa, l’arrestation la veille de 32 personnes en marge de la journée ville morte décrétée par une frange de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC).

Ces arrestations ont eu lieu dans la capitale Kinshasa et à Mbuji-Mayi, dans le centre du pays, a précisé à l’AFP José-Maria Aranaz, directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme en RDC (BCNUDH).

Certaines personnes interpellées ont été accusées d’avoir affiché des « comportements contraires à une manifestation pacifique » mais, il y a eu aussi des cas « d’arrestations arbitraires », a dit M. Aranaz.

Mardi, le « Rassemblement », coalition d’opposition politique congolaise réunie autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi avait appelé à une journée ville morte pour récuser le facilitateur désigné par l’Union africaine (UA) pour le dialogue politique national en RDC, l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo.

Grève suivie à Kinshasa, ignorée ailleurs

Cette grève générale a été partiellement suivie à Kinshasa et ignoré dans d’autres grandes villes du pays, alors que M. Kodjo lançait les travaux préparatoires du « dialogue national » dans la capitale.

Convoqué fin novembre 2015 par le président congolais Joseph Kabila, ce dialogue est censé conduire à la tenue d’« élections apaisées » en RDC. L’opposition dans son ensemble avait d’abord boudé ce dialogue avant de donner son accord moyennant des préalables, notamment la libération de prisonniers politiques et d’opinion.

Mardi, les représentants d’une partie de l’opposition, un peu plus modérée, ont pris part au lancement des travaux préparatoires du dialogue. Le climat politique est tendu en RDC à mesure qu’approche la fin du mandat de M. Kabila, le 20 décembre.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, la Constitution lui interdit de se représenter, mais l’opposition soupçonne le chef de l’Etat de manœuvrer pour s’accrocher à son poste, quitte à reporter la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année. La décision de la Cour constitutionnelle, en mai, lui a fourni l’argument qui manquait à sa stratégie de « glissement » électoral en lui permettant de se maintenir en poste tant qu’un nouveau président ne serait pas élu.


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