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RD Congo : Made in Kin met un coup de projecteur sur les «bus 207»

Bus Mercedes 207 sur le boulevard du 30 juin le 3/7/2013 à Kinshasa.
Bus Mercedes 207 sur le boulevard du 30 juin le 3/7/2013 à Kinshasa.

Le tout nouveau documentaire réalisé par Blaise Basomboli sur ce véhicule qui a mauvaise presse à Kinshasa est à l’affiche le 7 mai à 19 heures à l’Institut français pour une première projection publique.

La première projection congolaise et kinoise de Made in Kin prévue en présence du réalisateur Blaise Basomboli a été annoncée dans les détours du point de presse organisé en fin de matinée par la Halle de la Gombe. Pour peu que l’on dise, le film semble déjà susciter la curiosité de plusieurs. En effet, à Kinshasa il n’y a pas de bus plus populaire que les Mercedes 207, les fameux « Esprits de mort ».

Connus de réputation au-delà des frontières congolaises, ce moyen de transport en commun tristement rebaptisé de la sorte a fini par inspirer plusieurs œuvres artistiques. C’est dire qu’après les peintures, les nombreux airs entendus qui y font allusion, les pièces de théâtre qui évoquent « le phénomène » et les écrits qui en font écho tant dans la presse que dans la littérature, le document Made in Kin qui lui est ainsi consacré complète le tableau.

Du reste, ce n’est pas par hasard que le gouvernement a choisi de nommer « Esprit de vie » chacun des nouveaux bus de marque Hyundai mis en circulation au dernier trimestre de l’an dernier. Une façon de mettre en exergue le caractère malfaisant de ces engins que l’on retrouve quasiment sur toutes les artères de la capitale. Pourtant nul n’ignore que malgré tout, jusqu’ici, ils aidaient de façon notable à combler la carence des moyens de transport public dans la mégapole qui compte plusieurs millions d’âmes. Mais qu’à cela ne tienne, même la population à qui elle rend de « fiers services » ne se garde pas de s’en plaindre. En effet, il n’est pas étonnant que les 207 souvent rafistolés comme ils le sont « causent de nombreux accidents à travers la ville », comme le soutient le synopsis du film.

Ce serait donc faute de mieux et malgré eux, conscients du danger encouru que les Kinois continuent de l’emprunter la mort dans l’âme et non de gaieté de cœur. D’où d’ailleurs le surnom vite popularisé « Esprits de mort » qui leur colle à la peau depuis quelques années déjà. Aussi, l’on comprend que rien n’y fasse alors même que le gérant d’une entreprise privée de « 207 » a pris l’option personnelle de rebaptiser l’un d’entre eux « Esprit d’amour ». Si pour le réalisateur, cela passe pour une tentative légitime à faire bonne figure pensant de la sorte « conjurer l’esprit de mort », à voir les railleries que le bus suscite au contraire à sa vue, il est clair qu’il lui sera « difficile d’y arriver ».

© Adiac-Congo

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L’Agence d’information d’Afrique Centrale

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