Racisme : un Londonien noir débarqué d’un vol easyJet parce que son voisin se disait « en insécurité »

Racisme : un Londonien noir débarqué d’un vol easyJet parce que son voisin se disait « en insécurité »

Meghary Yemane Tesfagiorgis, passager victime d'un acte de racisme, le 29 mars 2016 à Rome. © Capture d'écran/Youtube Britishnews

Meghary Yemane Tesfagiorgis, passager victime d’un acte de racisme, le 29 mars 2016 à Rome. © Capture d’écran/Youtube Britishnews

Un Londonien d’origine érythréenne a été débarqué fin mars de l’avion de la compagnie aérienne easyJet parce que son voisin ne se sentait pas en sécurité à ses côtés. Meghary Yemane-Tesfagiorgis a raconté mercredi cet acte de racisme ordinaire à une télévision britannique.

Il était déjà assis à son siège et attendait tranquillement le décollage de l’avion qui devait l’amener de Rome à Londres où il vit. Mais Meghary Yemane-Tesfagiorgis, d’origine érythréenne, a été surpris d’être convoqué par un membre de l’équipage.

Nous sommes le 29 mars, à bord d’un avion de la compagnie easyJet sur le vol EZY5234. « On m’a demandé de me présenter à l’avant de l’appareil », a-t-il raconté, mercredi 6 avril, à ITV News London. Là, il apprendra que son voisin « ne se sentait pas en sécurité avec [lui] dans l’avion ».

Après des « contrôles spécifiques » complémentaires, confirmés par la compagnie aérienne, rien n’a été trouvé sur Meghary. Mais « il ne pouvait plus voyager avec son vol initial », a reconnu easyJet, qui souligne avoir offert par la suite « hébergement en hôtel » et « repas » au passager humilié, en attendant le prochain vol disponible.

« Je me suis senti violé »

Meghary a donc été débarqué, puis conduit à un poste de police de l’aéroport. « Les autorités italiennes m’ont posé des questions et m’ont intimidé avant de m’abandonner sur un siège pendant 15 heures », a-t-il expliqué.

Après son retour à Londres, via un autre vol, Meghary envisage de saisir la justice. Malgré les excuses de la compagnie aérienne. « Je me suis senti violé », a-t-il déclaré, dénonçant un délit de faciès, de « profilage racial ».

Ce n’est pas la première fois qu’easyJet se retrouve au cœur d’une affaire de racisme, sur fond de psychose terroriste. Le 25 février, un Britannique avait déjà été débarqué à bord d’un avion de la compagnie par la police à l’aéroport de Luton. Motif : un autre passager avait lu un texto sur son téléphone mentionnant le mot « prière » et avait alors dénoncé une menace à la sécurité.

Même scénario le 26 mars dernier, cette fois à l’aéroport de Vienne, sur la même compagnie quand un citoyen irakien, a été suspecté de terrorisme par sa voisine. « La femme croyait avoir vu des messages relatifs à l’EI (le groupe État islamique) sur le téléphone portable de l’homme », avait indiqué Karl-Heinz Grundboeck, porte-parole du ministère autrichien de l’Intérieur. Le vol avait dû être retardé et est finalement parti sans les deux passagers, interrogés par la police…

©Jeuneafrique


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