home Afrique, International Polémique : les voyages de François Hollande en Afrique sont-ils si courts que ça ?

Polémique : les voyages de François Hollande en Afrique sont-ils si courts que ça ?

José Eduardo Dos Santos et  François Hollande,
José Eduardo Dos Santos, le président angolais, et François Hollande, son homologue français, à Luanda ce 3 juillet.|AFP

Au Cameroun, la visite de François Hollande prévue vendredi fait beaucoup parler. Notamment en raison de sa courte durée. Mais la visite du chef de l’État français est-elle vraiment une exception en la matière ? Vérification.

Le président français ne passera que quelques heures à Yaoundé, vendredi 3 juillet. En provenance de Luanda, la capitale angolaise, d’où il est censé décoller à 14h30, heure locale, il atterrira à Yaoundé en milieu d’après-midi et ira rencontrer le président Paul Biya au Palais de l’Unité, à Etoudi.

Suivra ensuite une courte réception protocolaire en l’honneur de la communauté française et en présence de la Première dame, Chantal Biya, récemment faite ambassadrice de l’ONU. Le décollage de l’avion présidentiel vers la France est ensuite prévu pour 23h.

François Hollande ne passera donc qu’une toute petite demi-journée dans la capitale camerounaise. Une durée de séjour trop courte aux yeux de beaucoup de Camerounais. Cette visite éclair n’est pourtant pas une exception.

Au même rythme que Nicolas Sarkozy

Lors de cette même mini-tournée africaine, François Hollande n’a passé en réalité qu’une demi-journée au Bénin, où aucun président français ne s’était rendu depuis Jacques Chirac, en 1995. S’il a certes atterri à 23h30 heure locale à Cotonou, son entretien avec le président Boni Yayi s’est déroulé le lendemain à 8h30, pour un décollage vers l’Angola à 14h30. Une durée réduite sévèrement critiquée par la presse béninoise, qui est allée jusqu’à parler d’ »humiliation ».

Le 19 juillet 2014, dans sa tenue de chef de guerre, Hollande n’avait passé que quelques heures au Tchad.

Pourtant, cette tournée au pas de charge n’est pas exceptionnelle. Le chef de l’État français est même un habitué du genre. Le 19 juillet 2014, dans sa tenue de chef de guerre, il n’avait passé que quelques heures au Niger, contre une demi-journée et une nuit au Tchad. Il avait en revanche, en février 2014, passé deux jours complets au Nigeria. Mais il était alors invité d’honneur du centenaire de la création du pays.

D’ailleurs, François Hollande ne reste pas moins longtemps que son prédécesseur en terre africaine lors de ses voyages officiels. Nicolas Sarkozy, qui n’a d’ailleurs jamais mis les pieds au Cameroun en tant que chef de l’État, n’avait accordé, au lendemain de son élection, le 28 juillet 2007, que quelques heures au Gabon, pourtant historiquement proche de la France. Il n’avait, la veille, passé qu’une seule journée au Sénégal. Bis repetitae l’année suivante : Nicolas Sarkozy s’était offert une demi-journée seulement à N’Djamena, au Tchad, le 27 février, après avoir longuement hésité en raison du contexte humanitaire. Il avait ensuite passé deux jours – davantage tournés vers l’économie – en Afrique du Sud.

Hollande, plus africain que Chirac ?

Il faut remonter un peu plus loin pour trouver un rythme protocolaire un peu plus souple. Et encore. Jacques Chirac, le dernier chef de l’État français à avoir foulé le sol camerounais, avait passé quatre jours, du 17 au 20 janvier 2001, entre Yaoundé et Garoua, mais à l’occasion du sommet Afrique-France. Un séjour un peu plus long qu’une visite d’État, donc.

Jacques Chirac aura visité 39 pays africains en douze ans de présence à l’Élysée.

Même chose en 2005, avec trois jours au Mali du 2 au 4 décembre, pour le 23e sommet Afrique-France, mais également deux jours en Égypte les 19 et 20 avril 2006, à l’occasion de sa septième visite dans ce pays.

Jacques Chirac aura visité 39 pays africains en douze ans de présence à l’Élysée. François Hollande en est à un peu moins de la moitié, en seulement trois ans de pouvoir (Bénin, Cameroun, Angola, Algérie, Sénégal, Guinée, Tchad, Niger, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud, Tunisie, Maroc, Mali, Centrafrique, RDC, Nigeria). Une multiplication des visites, mais qui sont aussi plus courtes. Signe des temps, peut-être… mais pas forcément de son désintérêt pour le continent.

(Jeune Afrique)

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