home Politique Pointe-Noire : Pour Paul-Marie Mpouelé, le combat «politique» ne fait que commencer

Pointe-Noire : Pour Paul-Marie Mpouelé, le combat «politique» ne fait que commencer

Paul-Marie Mpouelé
Meeting du Frocad à Pointe-Noire : Pour Paul-Marie Mpouelé, le combat «politique» ne fait que commencer

Au cours de la sortie officielle de leur plateforme, les responsables des partis et associations membres du Frocad (Front Républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique) ont expliqué, au cours d’un meeting populaire au Rond-point de la République (ancien rond-point Lumumba), à Pointe-Noire, le dimanche 3 mai 2015, que le débat sur le changement de la Constitution n’a pas sa raison d’être, sous la coordination de Paul-Marie Mpouelé, qui a laissé entendre que le combat «politique» ne fait que commencer.

Ce meeting a mobilisé des milliers de sympathisants de l’opposition, venus de tous les quartiers de la capitale économique et du Kouilou, malgré la rareté des bus de transport, l’absence de tee-shirts et surtout le non-paiement de frais de transport. La force publique a assuré la sécurité, avec un déploiement impressionnant de policiers. Tout s’est passé dans la discipline et on n’a déploré aucun  incident.

Les dirigeants de l’opposition étaient là : Christophe Moukoueké (C.a.p), Clément Miérassa (P.s.d.c), André Kamba (Must), Crépin Gouala (Dnerd), Pascal Tsaty-Mabiala (Upads), Guy-Romain Kinfoussia (Udr-Mwinda), Tito Mpwati (U.p.r.n) et Paul Marie Mpouelé, le coordinateur du Frocad. Chacun d’eux est passé à la tribune, développer un thème. La conclusion a été faite par Paul-Marie Mpouelé.

«Ce débat n’existerait pas, si le président de la République pouvait respecter la Constitution. C’est vrai qu’on peut réviser. Mais, il y a des points qu’on peut réviser et ceux-là qui sont inchangeables. Pire encore, cette Constitution ne prévoit pas les mécanismes de son abrogation», a souligné Guy-Romain Kinfoussia, le premier orateur qui a parlé de la Constitution, du référendum et du dialogue. Pour lui, le référendum n’est possible que pour la révision de la Constitution, pas pour le changement.
Exposant sur le thème: «Gouvernance électorale et alternance démocratique», Clément Miérassa a souligné, avec des preuves, que depuis 2002, aucune élection n’a été libre et transparente, au Congo. «À Abala, par exemple, en 2012, la population était de onze mille habitants, mais, quelqu’un a été élu avec dix-neuf mille voix. À Mfilou 2, la population était de 2.000 habitants. Mais, le député élu a recueilli 4.000 voix. Idem à Madibou, où le nombre d’inscrits, au premier tour était de 7.000 et de 45.000, au deuxième tour». Au point que Clément Mierassa a fini par ironiser: «Le président Sassou est comme Jésus-Christ qui a multiplié cinq pains et cinq poissons, pour nourrir près de 6.000 personnes».

D’où la question posée par Pascal Tsaty-Mabiala, quand il a commencé à exposer sur le thème: «Paix et unité nationale». «Cette mauvaise gouvernance électorale peut-elle favoriser la consolidation de la paix?». Une question à laquelle l’assistance a répondu par un «non» tonitruant. De l’assistance ont fusé des critiques en kituba, lingala et français, contre les pouvoirs publics. Ce faisant, l’orateur a démontré que la paix au Congo n’est pas menacée par l’Opposition, mais, selon lui, par le pouvoir. «Nous n’avons pas parlé de guerre, ici. Qu’on ne vienne pas vous tromper. Nous n’avons pas intérêt à faire la guerre. Pour nous, la paix n’est pas menacée pour en parler à chaque instant».  

Quant à André Raymond Safoux, membre de l’Upads et considéré comme un des rares vétérans politiques en vie et natif du Kouilou, il a souligné que la forte mobilisation à ce meeting est «un cinglant démenti à ce que des mendiants sont allés dire au chef de l’État. Les habitants du Kouilou ne sont pas favorables au changement de la Constitution».

Dans son mot de circonstance, Paul-Marie Mpouelé a déploré l’incarcération des jeunes vendeurs de C.d. «C’est vraiment déplorable, ce que fait le pouvoir. Il y a des jeunes qui, pour atténuer la misère à laquelle ils sont contraints, multiplient et vendent des C.d relatant les activités que nous menons. Malheureusement, ils sont, aujourd’hui, en prison». D’où cet appel: «Comme vous le constatez, le pouvoir veut une crise. Mais, il ne l’aura pas. Voilà pourquoi je vous exhorte à la prudence. Ne cédez pas à la provocation. Nous ne sommes qu’au début du combat». L’assistance a demandé aux orateurs de ne pas lancer le slogan: «Nié Nié!». «Épargne-nous de ça. C’est le slogan des fossoyeurs de la paix», ont-ils lancé à Jean Ngouabi, qui était le modérateur.

John NDINGA-NGOMA/ Le semaine Africaine 

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