Pointe-Noire : «Comment un conseiller local peut-il faire l’objet d’interpellation et de séquestration?»

Pointe-Noire : «Comment un conseiller local peut-il faire l’objet d’interpellation et de séquestration?»

Mairie de Pointe-Noire

Hotel de ville de Pointe-Noire|DR

Accusé d’avoir empêché, le 14 juin 2015, la tenue d’une réunion de la section P.c.t (Parti congolais du travail) du quartier Matendé, à Mvou-Mvou 2, dans le deuxième arrondissement de Pointe-Noire, Parfait Ndongui-Matondo, président de la C.j.p (Convention des jeunes pour le progrès), une association proche de la majorité présidentielle, conseiller municipal et départemental de Pointe-Noire,…

pratiquant de karaté, style shotokan et détenteur de la ceinture noire 5ème Dan, a été interpellé et placé en garde-à-vue, lundi 15 juin dernier, par le service d’investigation de la D.d.s.t (Direction départementale de la surveillance du territoire), et a été libéré trois quarts d’heures plus tard. C’est ce qu’il rapporte dans l’entretien qu’il nous a accordé, pour parler de cette affaire qui a fait la une, ce dernier temps, dans la ville océane.

* Monsieur le conseiller municipal, beaucoup de choses sont en train d’être dites autour de votre séquestration au niveau de la Direction départementale de la surveillance du territoire. Est-ce que vous pouvez nous dire le motif de votre arrestation?
** Dieu sait faire les choses. Au moment où je comptais venir vers vous, La Semaine Africaine, journal le plus en vue et le plus sollicité de notre pays dont je suis un des abonnés, vous avez été plus prompt que moi. Je vous remercie infiniment d’être venu vers, moi, pour recueillir l’information à la source. Pour aller droit à votre question, je vais d’abord vous restituer les faits et vous allez comprendre que cette affaire est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Tenez! Dimanche 14 juin 2015, en matinée, accompagné de quelques membres de la C.j.p, j’ai effectué une descente dans le quartier 205, à Matendé, dans la circonscription de Mvou-Mvou 2 où les jeunes avaient repris avec les cas d’incivisme, de nuit comme de jour: vols, viols, braquages, raquettes… C’était pour remettre de l’ordre auprès de mes mandants. Nous avons conscientisé la jeunesse de ce secteur de ne plus agir ainsi, au grand plaisir de la population qui nous avait, d’ailleurs, accueilli en héros.
Quelques militants du P.c.t de notre zone ayant entendu les échos du climat de sécurité que j’ai réinstauré en tant qu’élu du peuple au quartier 205; les militants du P.c.t, dis-ai-je, avec à leur tête Magloire Mboumba, suppléant de Victor Foudi, actuel vice-président du Conseil municipal et départemental de Pointe-Noire, président fédéral du P.c.t à Pointe-Noire, candidat malheureux aux élections législatives de 2012, se sont rassemblés avec d’autres badauds, vers 15h, dans une ruelle du quartier 205 où j’avais remis de l’ordre et la discipline. Ils ont fait le désordre, en proférant des menaces à nos militants.
Informé, je me suis, de nouveau, dirigé sur les lieux où j’ai trouvé le président fédéral du P.c.t. Nous nous sommes  entretenus et tout s’est bien passé. Nous nous sommes séparés sans problème majeur. Curieusement, contre toute attente, alors que j’étais dans mon bureau, le lundi 15 juin 2015, Magloire Mboumba, commis par son président fédéral, est venu me déposer une convocation portant la signature du commandant  Alphonse Okouere, chef de service de la D.s.t à Pointe-Noire, qui m’invitait à me présenter dans son bureau, dès réception de la convocation.
Arrivé dans son bureau, après avoir décliné mon identité, j’ai demandé, poliment, au commandant de me notifier l’objet de la convocation. Ce dernier, sans ménagement, a ordonné, manu militari, que je sois mis aux arrêts et séquestré, en ces termes. «Arrêtez-le! Je m’en fous de son titre de conseiller, car il se croit intouchable… Mettez-le dans les geôles, je n’ai pas le temps de vous entendre. Vous pouvez appeler qui vous voulez; le reste, on verra après…». Trois bourreaux m’ont soulevé et m’ont jeté dans les geôles.
En gros, ils m’ont humilié. Voilà les méthodes peu catholiques de nos services de répression. Après trois quarts d’heure de séquestration, n’ayant pas de charge pour me retenir longtemps, il m’a libéré, sans être entendu. Dieu merci, j’ai retrouvé mes téléphones portables et le peu d’argent que j’avais ce jour-là. Voilà, en long et en large, ce qui s’est réellement passé.
Mais, comme j’ai dit en amont, cette affaire est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je vais vous faire un petit rappel, pour mieux comprendre la situation. Eh bien, ce conflit latent date depuis l’échec du P.c.t aux élections législatives de 2012, à Mvou-Mvou 2 où j’étais candidat. Echoué, j’ai apporté mon soutien, au deuxième tour, à Paul Tchignoumba, qui avait battu le candidat du P.c.t à Mvoumvou 2. Je pense que cette situation demeure, jusqu’à ce jour, une pilule amère à avaler par le président fédéral du P.c.t à Pointe-Noire, battu par Paul Tchignoumba.

* Après cette humiliation, qu’est-ce que vous comptez faire?
** Comment un conseiller local peut-il faire l’objet d’interpellation et de séquestration, en violation flagrante de l’article 9 de notre Constitution du 20 janvier 2002? Et des articles 16 et 17 du règlement intérieur du Conseil municipal et départemental de Pointe-Noire? A titre d’illustration, l’article 16 dit: «Le conseiller ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu, ni jugé pour des opinions et votes exprimés par lui dans l’exercice de ses fonctions». Et l’article 17 renchérit, en ces termes: «Lorsqu’un conseiller est susceptible d’être poursuivi ou inculpé pour un crime ou un délit commis hors ou dans l’exercice de ses fonctions, le procureur de la République, saisit de l’affaire, présente, sans délai, une requête à la chambre pénale de la Cour suprême qui procède et statue comme en matière de règlement de juge et désigne la juridiction chargée de l’instruction ou du jugement».
J’ai déjà saisi le procureur de la République, pour que justice soit faite. J’ai, également, adressé une correspondance au président du Conseil municipal et départemental de Pointe-Noire, pour que soit convoquée une session extraordinaire qui permettrait de ramener le climat de paix et de de cohésion au sein des conseillers départementaux et municipaux de la majorité présidentielle, en particulier, et de tous les conseillers, en général. Je suis un partisan de la paix. Cette paix si chèrement acquise, grâce aux efforts personnels du chef de l’Etat, Denis Sassou-Nguesso.

Propos recueillis par
Equateur Denis NGUIMBI



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