Pierre Ngolo : «Sassou doit rester au pouvoir pour éviter une autre guerre civile au Congo»

Pierre Ngolo : «Sassou doit rester au pouvoir pour éviter une autre guerre civile au Congo»

Le président congolais Dénis Sassou-Nguesso

Le président congolais Dénis Sassou N’guesso|DR

Pierre Ngolo, le secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) continue de défendre le changement de constitution à partir d’un référendum. Au micro de RFI jeudi, M. Ngolo pense que la question, ce n’est pas de permettre à Denis Sassou-Nguesso de briguer un nouveau mandat, mais la consolidation de la démocratie congolaise.

«Ceci appelle un changement de Constitution. Malheureusement, tous ceux qui réagissent ne posent le problème que par rapport à Denis Sassou-Nguesso. Mais on le redoute tant parce qu’il est le meilleur de tous. Etre le meilleur n’est pas une faute», a avancé le dignitaire du régime de Sassou Nguesso

Alors que  les observateurs de la scène politique congolaise et certains opposants au projet de changement de constitution estime que le dialogue national de Sibiti au mois dernier n’a pas mobilisé grand monde, Pierre Ngolo soutient le contraire.

«Sibiti a été un grand moment de mobilisation. On avait là-bas la majorité présidentielle, l’opposition dans sa plus grande partie, même le MCDDI, dont vous avez parlé, était à Sibiti et on avait là-bas tous les partis du Centre», a-t-il dit.

Pourtant, il manquait à l’appel à Sibiti, des personnalités comme Mathias Dzon de l’UPRN, Guy Brice Parfait Kolelas du MCDDI, Tsaty Mabiala de l’UPADS.

Le responsable du parti de Denis Sassou Nguesso accuse ces personnalités de faire preuve d’un radicalisme excessif et de refuser toute offre de dialogue.

Revenant sur l’opposition du ministre de la Fonction publique, Guy Brice Parfait Kolelas au changement de Constitution, M. Ngolo pense qu’il est normal qu’il y ait de divergences d’opinions. Mais selon lui, c’est la tendance majoritaire.

«Mais est-ce que consensus veut dire unanimité absolue ? Je ne pense pas. Je dis que dans le pays il y a consensus. La preuve : nous étions à Sibiti, et je dis à Sibiti c’était l’essentiel de la classe politique congolaise», défend le secrétaire du parti au pouvoir qui soutient que la situation en cours au Congo n’est pas la même chose que ce qui s’était passé au Burkina Faso.

«Mais il n’y a pas de raison. Avant Sibiti, il y a eu l’étape des consultations présidentielles. Ça n’a rien à voir avec la démarche du Burkina. Le Burkina, c’était: ‘nous voulons ceci et nous y allons, peu importe’. Ce n’est pas la logique du Congo », a-t-il ajouté.

Pierre Ngolo qualifie le dialogue alternatif de Brazzaville d’un véritable monologue, parce que regroupant seulement les partis de l’opposition radicale. Alors que e dialogue a connu la participation du ministre Guy-Brice Parfait Kolelas, de l’ancien ministre de la Défense, Charles Zacharie Bowao et d’André Okombi Salissa

«Mais tous ceux que vous citez là ce sont ceux qui disent non au changement de la Constitution. Vous n’avez personne investie par le Parti congolais du travail qui était là-bas. Nous étions en bureau politique du Parti congolais du travail sur la question. Le camarade que vous citez, le camarade Charles Bowao, était le seul du bureau politique à avoir une opinion contraire», soutient M. Ngolo.

Le Secrétaire du PCT reconnait qu’en principe, la démocratie est en danger quand les dirigeants refusent de quitter le pouvoir à l’issue de leur mandat, comme l’indiquait il y a quelques jours Barack Obama en Ethiopie. Mais selon lui, il n’y a pas de démocratie sans peuple.

Pour Pierre Ngolo, il faut changer la Constitution pour permettre à Denis Sassou Nguesso de continuer à régner pour éviter que le Congo revive la guerre civile comme en 1997.

(AVEC OEILDAFRIQUE)


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