Pénurie d’essence, Brazzaville tourne au ralenti

by Ici Brazza | 7 novembre 2017 10 10 42 114211

 

La guerre du Carburant dans la ville de Brazzaville[1]

Image d’archive|©DR

Une panique s’est emparée des automobilistes de Brazzaville qui ont constaté, un peu avant le début du week-end écoulé, une pénurie d’essence dans de nombreuses stations-service. L’affolement s’est exacerbé avec la généralisation de cette disette à travers toute la ville capitale. Et, les rares stations signalées pour disposer encore du carburant ont été prises d’assaut, aussi bien par les automobilistes que par des personnes qui y arrivaient avec des bidons. A titre d’exemple, une file d’attente interminable a été observée hier devant la station-service proche du parc zoologique. Depuis un bon bout de temps, c’est l’image qu’affichent toutes les stations-service ou presque de la capitale congolaise. Leurs cuves s’assèchent fréquemment au grand regret des consommateurs.

En attendant la communication officielle du gouvernement pour édifier l’opinion, le constat est là : la pénurie a largement gagné du terrain, matérialisée par de longues files d’attente dans les stations-service qui du reste sont transformées en stations de gardiennage pour automobiles.

Une pénurie d’essence, c’est avant tout la paralysie de la circulation. Combien de voitures avait-on vu garées le long des voies de circulation, faute de carburant ? Délaissant leurs véhicules, les congolais, armés de leurs bidons ou jerricans, faisaient de l’auto-stop pour envahir les rares stations-services où ils pouvaient encore trouver quelques gouttes du précieux liquide.

La Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), invoque les troubles dans le département du Pool (sud) et l’arrêt du trafic ferroviaire pour justifier ces pénuries. Celui-ci est désormais transporté par des camions citernes qui n’arrivent pas à satisfaire la demande.

 

En attendant, les Brazzavillois souffrent et les contrebandiers sourient.

Si le pire n’est plus à craindre, les déterminismes de cette situation qui confirme l’adage selon lequel «le cordonnier est toujours le plus mal chaussé» sont aussi divers que les sources auprès desquelles une explication a été recherchée. Le quatrième producteur de pétrole du continent africain se serait retrouvé dans cette pénurie du produit pétrolier essentiel du fait de l’arrêt du trafic ferroviaire dans le département du Pool.

De ce faisceau d’explications presque concordantes se dégage un fait : la pénurie d’essence notée à Brazzaville est la conséquence directe de la crise du Pool. Ce qui amène à penser à débloquer très vite la crise née de l’attaque présumée sur Brazzaville le 4 avril dernier, attaque attribuée par les autorités au pasteur révérend Ntoumi, toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Si rien n’est fait d’ici peu pour arrêter cette crise dans le Pool, les congolais ne pourront plus se déplacer. Le gouvernement et le pasteur Ntoumi doivent reprendre les négociations pour libérer l’économie. Le pays est bloqué.

Germaine Mapanga
Avec Lesechos

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