Pêche maritime : le Congo entend durcir sa réglementation

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L’approche écosystémique est le nouveau concept que le gouvernement compte employer, à terme, pour garantir une pêche durable et permettre à celle-ci de contribuer à la diversification de l’économie.

Le récent forum sur l’agriculture, l’élevage et la pêche qui a réuni deux cents participants, surtout des cadres et experts du secteur, les organisations paysannes et les agro-industriels, a permis d’approuver, le 19 avril, un avant-projet de loi portant organisation de la pêche maritime en République du Congo. Le texte, encore à l’étude par des techniciens du ministère de tutelle, vise à moderniser et mieux encadrer le secteur.

Quatre types de pêche sont reconnus, à savoir la pêche scientifique, la pêche récréative, la pêche artisanale et la pêche industrielle. Pour le directeur général de la Pêche et de l’aquaculture, Benoît Claude Atsango, le choix de l’approche écosystémique de la pêche est une avancée en matière de gestion et de conservation des ressources halieutiques.

Contrairement à la pratique ancienne qui ne prenait pas en compte les aspects tels que la destruction des habitats, la pollution, l’aménagement des zones côtières…, la nouvelle approche écosystémique tente d’y remédier, en incluant la question environnementale. « La pêche écosystémique protège tous les éléments de l’écosystème naturel. Or, dans l’ancienne loi (n°2-2000 du 1er février 2000), cette approche n’y figurait pas », a indiqué Benoît Claude Atsango.

A en croire ce cadre de l’Etat, les activités de la pêche ne peuvent plus être considérées isolément mais plutôt dans un ensemble qui tient compte des interactions qu’elles entretiennent avec l’environnement et les autres activités humaines. C’est pourquoi, le projet de loi en cours d’élaboration aidera à dépasser les limites des méthodes d’évaluation de la pêche.

L’introduction d’un quota de pêche… 

D’autres concepts de la pêche maritime, reconnus au niveau international, vont également apparaître dans la nouvelle règlementation nationale. Il s’agit de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN ou INDNR) ; l’assurance qualité pour protéger la santé des consommateurs des produits de la pêche et de l’aquaculture et leurs dérivés ; la création des récifs artificiels ; et surtout l’instauration d’un Total admissible de capture en ce qui concerne les quotas de capture.

Cependant, le débat houleux qu’a suscité l’introduction de la nouvelle méthode d’attribution des quotas de pêche lors des consultations du 17 au 19 avril, à Kintélé, reflète la pertinence de la question. « Sans fixer des quotas de pêche, ce serait de la pagaille et la ressource va prendre un coup », a renchéri Benoît Claude Atsango, ajoutant que cette innovation permet de protéger le potentiel exploitable encore non-déterminé. 

Désormais, tout exploitant bénéficiaire d’un quota est tenu de l’épuiser au cours d’une année civile, sous peine de tomber en annulation automatique dès la clôture de la saison de pêche. Chaque navire capture selon les quantités minimales fixées par voie réglementaire. Lorsqu’il pratique une pêche mixte, portant à la fois sur les groupes d’espèces différentes, il lui est attribué un quota pour chaque groupe d’espèces visées.

Mais de quels moyens de contrôle dispose l’Etat ?

Malgré le durcissement des sanctions prévues dans le nouveau texte en cas d’infraction, rien ne garantit pour autant la mise en œuvre. « Si l’Etat ne dote pas d’assez de moyens humains, matériels et nautiques, tout ce que nous avons évoqué ne pourrait pas être appliqué », a insisté le directeur général de la Pêche et de l’aquaculture.

Il est tout de même mis en place un système de suivi, contrôle et surveillance, destiné à « prévenir, décourager et éradiquer » la pêche illégale ou INN. Celui-ci est composé d’agents assermentés de l’administration chargés de veiller à l’application de la loi. 

Fiacre Kombo

Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale


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