Parfait Kolelas au PCT : « même le Christ – le fils de Dieu – n’a pas fini toute l’œuvre »

Parfait Kolelas au PCT : « même le Christ – le fils de Dieu – n’a pas fini toute l’œuvre »

Guy Brice Parfait Kolélas

Guy Brice Parfait Kolélas|DR

L’opposition congolaise continue sa mobilisation contre le référendum devant permettre un changement de Constitution qui permettrait au président Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat lors de l’élection de juillet 2016. Au sein de la majorité, des voix s’élèvent pour dénoncer un « coup d’Etat constitutionnel». Parmi ces voix bien audibles, figure Guy-Brice Parfait Kolelas, ministre de la Fonction publique également président du parti MCDDI, membre de la majorité.

Invité mercredi de RFI, le ministre congolais de la Fonction publique, Guy Brice Parfait Kolelas s’est prononcé contre un référendum en faveur d’une nouvelle Constitution au Congo-Brazzaville. «Je ne suis pas opposé à un référendum pour l’évolution des institutions au Congo-Brazzaville. Je suis opposé  à un référendum qui est anticonstitutionnel. Si la question est ‘ oui ou non pour le changement de la Constitution’, la Constitution actuelle n’a pas prévu cela», a-t-il indiqué.

Pour le ministre congolais, il n’est pas question d’autoriser un référendum qui permette à Denis Sassou-Nguesso de solliciter en 2016 un troisième mandat. Il soutient que la Constitution stipule que tout peut se réviser, sauf le caractère laïc et républicain de l’Etat et le nombre de mandats présidentiels. «Vous savez que le nombre de mandats présidentiels est un acquis de la Conférence nationale souveraine qui s’était organisée au Congo en 1991», a-t-il dit.

Le ministre Kolelas indique qu’il est nécessaire de défendre l’esprit de la Conférence nationale de 1991 parce que la Constitution congolaise actuelle s’adosse sur la Conférence nationale. «Sinon, ce serait un royaume avec un nombre de mandats ad vitam æternam. Ce n’est pas sérieux», soutient-il.

Parfait Kolelas qui soutient que Denis Sassou Nguesso est un grand homme, l’invite donc à s’exprimer sur le sujet. «Nous débattons, mais il ne s’est pas encore prononcé», a déclaré le ministre.

Aux partisans de Denis Sassou-Nguesso qui ont récemment tenu un dialogue à Sibiti réclamant un troisième mandat pour le président afin d’achever les travaux nécessaires au redressement du Congo, Guy Kolelas répond : « Moi, je suis un chrétien. Et même le Christ – le fils de Dieu – n’a pas fini toute l’œuvre. Ce sont ses apôtres qui sont venus achever cette œuvre. Le Congo n’a pas commencé aujourd’hui, il y a eu plusieurs présidents qui sont passés. Donc, il faut permettre aux nouvelles générations d’insuffler un nouveau dynamisme. C’est cela que nous voulons : l’alternance politique ».

Désigné candidat par le parti MCDDI à la prochaine élection présidentielle, le ministre congolais de la Fonction publique pense qu’il faut d’abord achever le débat sur la Constitution avant de penser aux élections.

«C’est en fait un faux débat, cette Constitution nous a amenés à la paix au Congo, cette Constitution nous a amené la tranquillité. Il n’y a pas de crise des institutions au Congo. Pourquoi veut-on amener une crise là où il n’y en a pas ? C’est chercher du désordre, créer le désordre dans le pays, alors que le pays est en paix», affirme M. Kolelas.

Le futur candidat à la présidentielle annonce qu’ils utiliseront les instruments reconnus par la loi pour empêcher ce référendum. Il a par ailleurs dénoncé les rumeurs qui courent au Congo, selon lesquelles, des armes circuleraient dans le territoire.

«Je n’ai aucune arme, je n’ai pas de mercenaire. C’est un débat d’idées. Pour le moment, le dialogue continue, il faut négocier… Quand tout cela se présentera à nous, nous verrons ce qu’il y a lieu de faire, mais conforme aux lois de la République, nous sommes des personnes non violentes», a-t-il laissé entrendre.

Quant à sa présence dans ce gouvernement, le ministre de la Fonction publique soutient que son parti a accompagné le président Denis Sassou-Nguesso dans le cadre de son programme de société et sera présent jusqu’à ce que le président décide de les remercier.

«Quand le président décidera de se séparer de nous, nous partirons… Si demain on nous amène un référendum sur le changement de la Constitution, je pense que j’en tirerai des conséquences… J’en tirerai des conséquences. Je suis moi-même, je suis resté moi-même», déclaré Guy Parfait Kolelas.

Le ministre dit espérer une issue négociée sans changement de République parce que selon lui, Sassou Nguesso est un grand homme d’Etat. « Il gère des conflits : le conflit de la Centrafrique, le conflit en Côte d’Ivoire. Donc, il sait comment régler les conflits… Vous savez, en 1991 il y a beaucoup de jeunes qui lui avaient dit de s’accrocher au pouvoir, mais il avait pris de la hauteur et il s’était retiré», avance-t-il.

Le président du parti MCDDI s’est dit inquiet pour le Congo si le président s’entêtait.

(AVEC OEILDAFRIQUE)


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