Où vont les recettes de Radio-Congo et Télé-Congo?

Le Centre National de Radio et de Télévision à Nkombo

Le Centre National de Radio et de Télévision à Nkombo

C’est le journal «Le Patriote» qui s’interroge, dans sa dernière livraison du mardi 22 octobre 2018. «Bien malin est celui qui dira avec exactitude la proportion des montants collectés dans les deux principaux organes publics que sont Radio-Congo et Télé-Congo. 

Nul n’est besoin d’interroger la Nébuleuse d’Orion, ni de sonder les cuisses de Jupiter Optimus, pour se rendre compte de l’opacité qui caractérise la gestion des médias publics. Une opacité qui cache mal la fuite financière observable à l’œil nu dans les médias audiovisuels publics, reconvertis en véritables vaches à lait au profit des tiers. Des sommes d’argent difficilement quantifiables échappent au trésor public, année après année, pour servir des intérêts strictement égoïstes. En conséquence, ces médias battent de l’aile et ont du mal à assurer leur fonctionnement, notamment, à jouer leur partition dans la construction de la jeune démocratie congolaise, celle de l’éveil de consciences et de l’épanouissement de l’opinion publique. 

Chaque jour, des chuchotements font état d’éventuelles fuites financières à Radio-Congo et Télé-Congo. Attention ! Rien ne sert de regarder dans les bureaux des deux jeunes directeurs généraux qui ne broient que du noir, ni d’incriminer les directeurs administratifs et financiers qui gèrent des caisses irrémédiablement vides. Le trou mystérieux par lequel s’évapore l’argent collecté est ailleurs. Un trou noir, creusé à dessein dans la trame de la faîtière, pour happer toutes les recettes issues de la publicité, des pages spéciales, communiqués et cérémonies évènementielles. Chaque ministre de la communication le modèle à sa guise, mais les effets sont toujours les mêmes. Les lamentations aussi. 

A combien pourrait-on évaluer les sommes passées à travers ce trou noir ? Mystère. Bien malin est celui qui dira avec exactitude la proportion des montants collectés dans les deux principaux organes publics que sont Radio-Congo et Télé-Congo. Ce que l’on sait, c’est que les budgets des différentes entreprises de presse sont domiciliés en hauts lieux. Les uns parlent vaguement du cabinet du ministre de tutelle, les autres évoquent le nom d’un agent de sexe féminin aux pouvoirs exorbitants. Expressément déléguée par le ministre, cette femme étend son spectre sur les deux organes de presse. Sans pièces justificatives, elle s’accapare journellement de tout ce qui tombe dans les deux caisses et disparait, avant de réapparaitre le lendemain, pour le même rituel. L’on se demande : à qui sont destinées toutes ces sommes d’argent générées, suite à un travail de fourmis dans les deux organes de presse qui, en retour ne reçoivent aucun radis, pour leur fonctionnement ? « Les sommes collectées nous coulent entre les mains comme du vent et prennent une destination inconnue», a indiqué un agent. Ici, l’omerta digne de la mafia sicilienne est de rigueur; malheur à celui qui osera briser le silence. Tout se passe comme si Télé-Congo et Radio-Congo étaient des organes privés. Même si elles l’étaient, cette gestion brumeuse ne saurait se justifier, car tout organe de presse a besoin d’argent pour fonctionner. 

Ceci expliquant cela, personne n’est surpris par les contreperformances qu’affichent les deux organes à ce jour. En effet, ces mastodontes exigent d’importants budgets, leur permettant de faire face aux nombreuses et lourdes charges liées à la production, à la couverture et au traitement et à la diffusion des actualités, ainsi qu’aux interventions ponctuelles de toutes sortes. Or, il ressort que les budgets alloués à ces organes dans les lois de finances, sont souvent dérisoires. Le gap aurait pu être compensé par les recettes qu’ils génèrent. On sait que dans le même environnement, la DRTV réalise des exploits. Grâce à ses recettes, cet organe assure le fonctionnement régulier de ses différentes chaînes et parvient à payer régulièrement les salaires de ses agents. Avec un personnel tout aussi jeune et dynamique, Télé-Congo et Radio-Congo sont capables de prouesses. Pourvu qu’elles soient débarrassées de cette gestion calamiteuse qui joue à la fois contre l’Etat, les médias et la qualité du service public. 

© LePatriote

Ici Brazza

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