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« On ne peut pas continuer à les laisser manifester violemment. Non, trop c’est trop », lance Mugabe aux manifestants

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, contesté dans la rue depuis plusieurs semaines, a justifié samedi l’interdiction de manifester dans la capitale Harare pour deux semaines, estimant que « trop, c’est trop ».

« On ne peut pas continuer à les laisser manifester violemment. Non, trop c’est trop », a lancé le chef de l’Etat à Harare, lors d’un discours d’une heure devant la Ligue pour la jeunesse de son parti, la Zanu-PF.

« Les partis d’opposition sont dans une logique de déstabilisation destinée à rendre notre pays ingouvernable. Ils poursuivent leur agenda égoïste qui vise à faire tomber de façon non démocratique un gouvernement élu », a-t-il ajouté.

Robert Mugabe s’exprimait deux jours après la décision de la police d’interdire toute manifestation à Harare jusqu’au 16 septembre, alors que le régime fait face à une vague de contestation pour réclamer le départ du président.

La semaine dernière, une manifestation anti-Mugabe dans la capitale avait dégénéré en échauffourées entre opposants et forces de sécurité.

Robert Mugabe a aussi accusé une nouvelle fois samedi l’opposition d’être à la solde des intérêts de l’Occident, désireux de « provoquer une instabilité interne ».

« Nous savons aussi que le changement de régime fait partie d’un objectif plus vaste, décidé pour tous les pays d’Afrique australe dont les gouvernements sont issus d’anciens mouvements de libération », a affirmé le président zimbabwéen, au pouvoir depuis l’indépendance de son pays en 1980.

« Je note avec tristesse » que l’opposition est « trop pétrifiée à l’idée de faire face à la Zanu-PF lors d’élections justes, car elle sait que notre parti coule dans les veines du peuple et qu’il gagnera toutes les élections », a encore dit Robert Mugabe, 92 ans, qui compte se présenter à la présidentielle de 2018.

Les précédentes élections zimbabwéennes ont été entachées de nombreuses irrégularités, au profit du pouvoir en place, selon les observateurs.

Le président s’en est également pris samedi aux réseaux sociaux, largement utilisés par la fronde anti-Mugabe pour mobiliser. « Les médias sociaux ne devraient jamais être mal utilisés. Je suis heureux que le ministère de l’Information soit en train de rédiger une loi sur l’utilisation appropriée des médias sociaux », a-t-il annoncé.

Un vent nouveau de contestation souffle depuis plusieurs semaines sur le Zimbabwe, où les manifestants accusent le président d’avoir plongé l’économie dans un crise inextricable.

Quelque 90% de la population active travaille dans le secteur informel, et faute de liquidités, l’Etat a de plus en plus de mal à payer les fonctionnaires en temps et en heure.

Par l’AFP

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