«Nous voulons nous aussi voyager comme nos frères et sœurs qui font la route du Nord»

«Nous voulons nous aussi voyager comme nos frères et sœurs qui font la route du Nord»

la route kinkala- Mindouli.

Des véhicules empêtrés dans un bourbier

« Je voudrais vous transmettre le message des populations et des autorités du Pool et des usagers de la route, ainsi que celui de l’Union européenne et du groupement d’entreprises conduit par la société RAZEL, message consistant à vous inviter respectueusement à inscrire dans votre agenda  de travail très chargé, le lancement des travaux de la route kinkala- Mindouli. »

Ainsi s’adressait le ministre de l’Équipement et des travaux publics, le 8 mai à Talangaï. Une déclaration aux allures de plaidoyer, qui a dû passer inaperçue pour nombre de Congolais, tellement emportés par la joie de voir le chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, venu lancer officiellement les travaux de construction des voies d’accès à Kintélé.

Dans quel état se trouve le tronçon décrit par le ministre Émile Ouosso ?

Nous avons voulu faire le Saint-Thomas en interrogeant les habitués de cette route et les populations qui habitent les localités du Pool. « Rien ne laisse présager ce que sera ce voyage lorsque l’on embarque à la gare routière de kindamba », avertit Urbain qui continue : « Le véhicule dans lequel nous nous sommes embarqués quitte la gare routière à 9 heures. À bien l’observer, il est plein c’est-à-dire avec un nombre suffisant de passagers. Pourtant, l’équipage, composé du conducteur et de son aide, pense le contraire. »

Tout au long des 90 kilomètres environ qui séparent  kindamba de Mindouli, les tas des bananes, les sacs d’aubergines violettes et maniocs continuent d’être ramassés pour être entassés sur les caisses d’oranges et de tomates. Ce qui oblige les voyageurs,  essentiellement les femmes et même les enfants, à se percher sur le toit du véhicule.

Arrivé à un ruisseau, non loin du village Louholo, tous les passagers sont contraints de descendre. Motif énoncé : les troncs d’arbres qui servent de pont sur ce cours d’eau ne peuvent résister au poids du véhicules et des passagers. Une prudence saluée par les passagers dans un sursaut inédit au regard de leur état physique.

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C’est en comptabilisant ces incessants arrêts que le véhicule atteint enfin Mindouli à 18 heures passées sous la pluie battante. Il faut y passer la nuit. La réglementation étant désormais

Intransigeante. Faute d’auberges, ou d’argent pour certains, chacun essaie d’aménager une place afin de passer au mieux  la nuit. À la belle étoile. Alors que les hommes transforment les chaises d’une buvette en lits de fortune, les femmes et les enfants étalent les pagnes sur le sol.

Le lendemain, la police instruit d’attendre encore trois heures avant de reprendre la route. Les raisons sont techniques. Quand  sonne l’heure de partir, certains n’hésitent pas de lancer « Fini le calvaire ! ». Erreur, car à quelques encablures de là, de nombreux véhicules sont pris au piège par une route boueuse à cet endroit. Pas  moins de 150 véhicules toutes catégories confondues !

On y trouve des semi remorques, des véhicules de transports en commun, même des voitures d’occasion nouvellement acquises à Pointe-Noire et en acheminement vers la capitale. Tous les passagers de ce carnaval de voitures sont invités à descendre et à conjuguer leurs efforts pour se libérer de ce bourbier têtu. C’est finalement aux environs de 17 heures que la situation est débloquée. Le convoi arrive à Brazzaville, principalement au marché Bourreau (gare routière de la partie sud de BZV ) à 19 heures.

C’est pour fuir ce calvaire que vendredi dernier, le véhicule qui est parti pour Kindamba a emprunté un autre axe routier : Cité des 17, Loumou-Loueto-Nkoué-Mayama-Kindamba. Parti de Brazzaville à 9 heures, ce véhicule de transport est arrivé à kindamba à 15 heures. Un record ! « Le trajet est court et rapide mais de nombreux chauffeurs de véhicules l’esquivent à cause du sable », explique un habitué de la route.

Ministre des Travaux publics, donc habitué à parcourir le pays par route, Émile Ouosso a compris l’urgence de lancer les travaux sur ce tronçon Kinkala-Mindouli pour soulager les souffrances des populations. « Nous voulons nous aussi voyager comme nos frères et sœurs qui font la route du Nord. Nous sommes informés qu’on peut désormais quitter Brazzaville à 9 heures et arriver à Ouesso à 17 heures car la route est impeccable et incite même au voyage », commente Fred, un fonctionnaire passionné par sa profession mais lassé par l’état de la route.

© Adiac-Congo


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