home Pointe Noire L’insalubrité atteint un niveau extrême dans les marchés de Pointe-Noire

L’insalubrité atteint un niveau extrême dans les marchés de Pointe-Noire

Grand marché à Pointe-Noire
Image d’archive|Grand marché à Pointe-Noire

En tout cas, Pointe-Noire n’est plus la ville où il faisait bon vivre. La deuxième ville du Congo-Brazzaville s’illustre désormais par une insalubrité notoire, surtout dans les marchés. Tous ceux qui passent par ces marchés sont dérangés pour avoir respiré de la pourriture des tas d’immondices. Les personnes que nous avons interrogées à ce dénoncent «l’incapacité des autorités municipales et nationales à trouver de solutions».

Presque tous les marchés de la ville océane sont inondés de tas d’immondices. Le grand marché et les deux marchés de Tié-Tié sont les plus sales. Des vendeurs étalent leurs marchandises à proximité des tas d’immondices, malgré eux. Puisqu’il manque des toilettes dans les marchés, certains endroits sont transformés en urinoirs publics, dégageant ainsi des odeurs nauséabondes. Le pire arrive quand il pleut, avec des ordures et la boue qui se forment.

Certains vendeurs nous ont signifié que les services municipaux et d’hygiène, ainsi que les comités des marchés accusent des faiblesses. Mais, ils ont reconnu aussi leur responsabilité. «Nous, vendeurs, sommes aussi coupables. Car, les jours de lundi et vendredi qui sont consacrés à la propreté des marchés ne sont plus respectés. Pendant ces jours, la majorité des vendeurs vont vendre dans d’autres marchés ouvrables, et négligeant ainsi la salubrité dans leurs propres marchés», a déclaré Mme Rose Tchicaya, vendeuse de poissons de mer. Elle a souligné aussi le manque de politique de désinsectisation ou de désinfection des marchés. Les rares bacs à ordures placés sont toujours débordés et peuvent restés sans être dégagés pendant plusieurs semaines.

«Nous ne consommons pas les aliments, mais les maladies. On mène un combat contre les maladies sans un assainissement d’envergure dans des marchés. Nous nous demandons pourquoi les autorités municipales n’entament pas des opérations d’envergure pour débarrasser ces marchés de ces odeurs. Les épidémies (choléra, poliovirus sauvage, conjonctivite, rougeole) qui frappent souvent Pointe-Noire sont dues à cette insalubrité», a confié M. Mohamed, commerçant au grand marché.

En dehors des marchés, plusieurs rues et avenues de Pointe-Noire sont truffées de poubelles et de marres. Des caniveaux bouchés répandent leurs eaux sales sur les trottoirs des chaussées goudronnées. Les piétons marchent dans ces eaux souillées. Pour les associations écologistes congolais de Pointe-Noire, «la menace est bien là». Ces associations indiquent que cette menace est «aggravée par la morphologie de la côte congolaise qui sablonneuse et basse», occasionnant ainsi la pollution.

En effet, faute d’études fiables, il est encore impossible d’évaluer l’étendue de l’évolution de la pollution des côtes congolaises, surtout par les hydrocarbures. Pour se convaincre de la gravité du problème, on se contente des constats des experts et des plaintes des populations. Martial Makondi, cadre à la Cellule anti-pollution au ministère des Hydrocarbures, indiquait une fois que le phénomène s’exprime en termes d’huiles déversées dans la mer, particulièrement dans les sites où se déroulent les activités pétrolières. Dans la ville de Pointe-Noire, on a constaté qu’il y a du goudron sur la plage. Ces huiles ne sont pas uniquement des déchets de pêche.

Toutes ces menaces de pollution rassemblées, les habitants de Pointe-Noire craignent pour leur santé. Ils appellent les autorités municipales à se soucier de leur santé, en faisant reprendre les travaux de curage des caniveaux bouchés, afin d’assainir la voie publique, et à procéder au nettoyage des marchés.

«Nous nous demandons qu’est-ce le maire de Pointe-Noire fait. Pourtant, il est natif de Pointe-Noire et du Kouilou. Pourquoi ne prend-il pas soin de sa ville? Est-ce ire qu’il manque de moyens pour le faire ? Nous n’arrivons pas à comprendre. Si Bouity Viaudau n’arrive pas à bien travailler chez lui-même, où est-ce qu’il pourra faire mieux?», s’est interrogé M. Loemba, en colère.

© Congo – site

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