Le Ministre Léon Juste Ibombo : Le Congo est prêt pour la révolution numérique

Léon Juste Ibombo

Le ministre des Postes et télécommunications, Léon Juste Ibombo ©DR

La première question porte sur le numérique : le secteur que vous voudriez asseoir et consolider se porte-t-il bien ? Etes-vous satisfait de ce que vous trouvez ?

Merci beaucoup. Le secteur de l’Economie numérique, c’est un secteur qui a une voie tracée, tracée par Son Excellence M. le président de la République Denis Sassou-Nguesso dans son programme de société «La marche vers le développement, allons plus loin ensemble». Il est décliné dans le point 5 qui consiste en l’arrimage de notre pays au développement de l’économie numérique. Aujourd’hui, aucune administration, aucune société dans le monde ne peut se passer du numérique, du digital, c’est la nouvelle économie. Et, nous sommes en train d’implémenter cette nouvelle économie. Donc notre satisfaction, c’est d’abord la base de l’économie numérique qui est l’infrastructure, parce qu’on ne peut pas prétendre parler de l’économie numérique si on n’a pas la base de l’économie numérique, les infrastructures, large bande, c’est-à-dire la fibre optique.

Où en est le Congo, précisément ?

Aujourd’hui, dans notre pays, nous avons une couverture nationale en fibre optique de près de 4700 Km à travers deux projets essentiels. Un projet financé sur fonds propres du Gouvernement : c’est le Projet de couverture nationale (PCN) en Télécommunication qui, à travers le câble sous-marin West Africain cable system et à la station d’atterrage de Matombi. Le Congo est interconnecté au réseau fibre optique mondial. Et nous avons un autre projet cofinancé avec les partenaires au développement qui permet l’implémentation de cette infrastructure du digital, c’est le projet Central African Backbone (CAB).

Le premier projet CAB 1 est cofinancé avec la Banque mondiale ; nous avons pu finaliser les travaux d’infrastructure entre le Congo et le Gabon, 512 Km. Il nous reste maintenant à finaliser entre les deux délégataires des deux pays qui auront la charge de commercialiser cette infrastructure. Donc le travail se fait entre les deux délégataires et les deux régulateurs. Une fois ce travail achevé, on aura une redondance. C’est-à-dire que lorsque nous avons des difficultés avec le câble sous-marin, on peut avoir une redondance à travers le câble terrestre qui relie le Congo au Gabon. Avec un autre partenaire au développement, la Banque Africaine de développement (BAD), nous avons un autre financement pour avoir d’autres autoroutes de l’information. C’est le projet CAB 2 qui nous permettra d’être interconnectés avec le Cameroun et la RCA. Donc, nous sommes satisfaits parce que nous avons la base de l’économie numérique. Maintenant, il nous faut maintenant réguler. Nous avons, à travers un appel à contribution, approuvé une Stratégie nationale du développement de l’économie numérique. Nous avons voulu valoriser les compétences locales, y compris les Congolais de la Diaspora. Nous avons recueilli les contributions de nos compatriotes qui sont à l’extérieur du pays et nous avons à la suite de la compilation de ces contributions élaboré une stratégie avec deux partenaires: Huawei et le PNUD. Nous avons assorti cette stratégie d’un plan d’action 2018-2022 pour le développement de l’économie numérique. Nous sommes en train de finaliser l’arsenal juridique qui permettra de protéger le citoyen congolais dans l’espace numérique. Donc, on va avoir un atelier de restitution. On a déjà reçu les avis de la Cour suprême sur un ensemble de projets de lois : par exemple sur les transactions électroniques. La stratégie gouvernementale est fondée sur trois piliers : le e-gouv, le e-citoyen et le e-business. Voilà, on peut dire en gros qu’on se satisfait puisse qu’on a une vision qui était tracée qui est celle du président de la République.

Il manque peut-être aussi ce que l’on appellerait le e-mentalité chez le gouvernant et le citoyen ! Est-ce que la technologie ne passe pas avant les mentalités?

Vous posez là une bonne question. Nous avons eu à interpeller à plusieurs reprises, à travers que ce soient des campagnes de sensibilisation avec les jeunes, que ce soient même des déclarations officielles à interpeller surtout les jeunes sur l’utilisation citoyenne des réseaux sociaux. Parce que les réseaux sociaux, c’est une évolution extraordinaire ; ça fait en sorte que le monde soit maintenant un village planétaire. Mais, le revers des réseaux sociaux, c’est aussi le fait qu’on ne se rend pas compte qu’on peut les utiliser à d’autres fins, le terrorisme par exemple. C’est un travail d’éducation que nous allons faire. Il y a plusieurs startups ou associations qui œuvrent dans le secteur de l’économie digitale qui demandent que nous les accompagnions et souvent nous avons répondu présent pour toujours sensibiliser sur l’utilisation citoyenne des réseaux sociaux. C’est le travail que nous allons faire parce qu’aujourd’hui, nous avons mis en place des points d’accès internet gratuit. Vous voyez : il y a de nombreux jeunes qui sont souvent à la Corniche, devant la société Congo Télécom, ou même à l’aéroport Maya-maya. Lorsque les jeunes utilisent l’internet, ils peuvent parfois l’utiliser à d’autre fin. Voilà donc, il y a un travail de sensibilisation continu et le Gouvernement continuera à sensibiliser là-dessus.

La coupure d’internet en période électorale fait-elle partie des mesures de démocratisation voulues?

La coupure internet en période électorale est motivée par des raisons purement de souveraineté nationale parce que lorsque vous n’avez pas encore un arsenal juridique, il faut se protéger. Des pays comme la France ou l’Algérie ont dû légiférer en la matière pour protéger le citoyen. Le Gouvernement n’a pas dans sa philosophie l’ambition de restreindre, mais de protéger.

Propos recueillis par Albert S. MIANZOUKOUTA


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