Le Congo veut valoriser le gaz pour assouplir les effets de la chute du prix du pétrole

Le Congo veut valoriser le gaz pour assouplir les effets de la chute du prix du pétrole

Image d’archive

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Face à la baisse des cours du pétrole dont les effets se font ressentir sur le budget de l’Etat et paralysent plusieurs filières de l’économie, le gouvernement congolais veut faire feu de tout bois.

Si le maître-mot depuis plusieurs années reste la diversification de l’économie nationale, les résultats obtenus jusqu’ici pour le développement des secteurs clé comme les mines, l’agriculture, l’agroalimentaire, l’industrie, les télécommunications et le tourisme sont très limités.

Le gouvernement congolais s’est tourné vers la valorisation des gaz en interdisant leur torchage par l’industrie pétrolière.

Le torchage du gaz est une pratique très courante dans l’exploitation pétrolière au Congo. Il consiste à brûler le gaz qui s’échappe du puits lors de l’extraction du pétrole.

L’exploitation du gaz qui est en plus faible quantité que le pétrole dans les puits reviendrait à faire de lourds investissements pour les compagnies pétrolières.

« La préservation et la monétisation des ressources en gaz peuvent participer à la réduction des effets négatifs du niveau bas des prix du pétrole sur le budget et l’économie congolaise », affirmait le Premier ministre congolais Clément Mouamba, en commentant le 12 mai les résultats d’une étude sur la question « dans quel cas le gaz peut-il aider le Congo à diversifier réellement son économie ? »

De l’avis des experts du consultant britannique Mott MacDonald qui a réalisé l’étude, il est nécessaire de mettre en place un cadre légal propice, une synergie et une coopération entre opérateurs afin de soulager l’espace économique: les engrais tirés du gaz pourraient contribuer à l’édification d’une industrie agroalimentaire au Congo, et pourraient être destinés à l’exportation.

« C’est un facteur essentiel de l’indépendance alimentaire », indique le Premier ministre congolais.

Par ailleurs, l’étude estime que l’exploitation du méthanol issu du gaz pourrait conduire à l’industrie des vernis-lacque, peintures, ciments, encres, antigel, colorants, plastiques et diverses peintures industrielles.

Il est également un carburant pour les fusées. De cela, le gouvernement congolais espère créer plusieurs secteurs d’activités sources de richesses et d’emplois.

Néanmoins, la mise en œuvre de ce projet est encore soumise à plusieurs préalables.

Le cabinet consulté suggère, notamment, « l’entrée en vigueur du nouveau code des hydrocarbures cette année 2016, l’établissement et l’entrée en fonction d’une agence de régulation pour le secteur gazier, des études d’ingénierie, l’autorisation et le financement pour le gazoduc commun dès 2017, etc ».

Depuis 2012, le Congo a adhéré à l’Initiative de Réduction de torchage de gaz mondial, en partenariat avec la Banque mondiale.

« Elle fait obligation aux nations et entreprises qui y adhèrent de réduire progressivement le torchage de gaz, jusqu’à zéro torchage à l’horizon 2030 pour les installations anciennes, et zéro torchage, immédiat pour de nouvelles installations », a précisé le ministre des Hydrocarbures, Jean-Marc Thystère Tchicaya.

L’on constate cependant que depuis lors des progrès ont été faits pour limiter le torchage du gaz, mais pas pour sa valorisation.

Selon le ministère congolais en charge de ce domaine, la part du gaz torché, sur les sites pétroliers, a été réduite de 34% en 2008 à 16% en 2015.


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