La friperie fait un tabac au Congo

Un étalage de friperie à même le sol au marché Total de Bacongo

Un étalage de friperie à même le sol au marché Total de Bacongo ©

Considérée il y a quelques années de cela comme la chasse gardée des démunis, la friperie fait de nos jours le bonheur de tous les Congolais qui, toutes classes confondues, s’habillent de pied en cap avec les vêtements de seconde main importés d’Europe ou des Etats-Unis d’Amérique. 

La ruée vers la friperie a pris forme en 2015, année où la république du Congo a été frappée de plein fouet par la crise économique, poussant ses habitants à la débrouillardise pour joindre les deux bouts. Dans cette quête forcée de la réduction de leur train de vie, les Congolais ont, entre recours, découvert et pris goût à s’habiller moins cher via la friperie.

Ainsi, les vestes, pantalons, chaussures et autres jeans, arborés fièrement dans les rues de Brazzaville et d’autres villes du pays, viennent presque tous des ballots de friperie, importés de l’étranger en grande quantité. 

Les commerçants libanais font venir ces ballots avant de les revendre l’unité entre 50.000 à 150.000 FCFA aux détaillants qui, à leur tour, inondent de friperie les grandes villes du pays comme Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie (sud du pays), Oyo et Ouesso dans le nord –Congo.

A l’ouverture des ballots et, du fait de la nouveauté, les pantalons, chemises et autres vêtements et chaussures sont cédés aux clients 1000 à 2000 CFA l’unité. Des prix qui, plus les jours passent, baissent drastiquement jusqu’à osciller entre 500 et 200 FCFA.

Ces prix défiant toute concurrence font l’affaire des Congolais qui y voient une parade pour s’habiller à la mesure de leurs bourses, mises à mal par la crise. Et pour que ces derniers ne loupent pas l’occasion, les détaillants ont mis en branle un marketing agressif consistant à accrocher sur les murs des maisons, des rues et avenues les vêtements de seconde main à vendre.

Aux anges, Christian Nganga, agent de la fonction publique congolaise, confie : « Aujourd’hui avec la friperie, je peux avoir une culotte à 500 FCFA pour mon garçon, une jupe de 200 F.CFA pour ma fille et, pour moi, je peux m’attraper un costume et un pantalon à 5000 F.CFA au lieu de 150.000 F.CFA dans les grands magasins ».

S’expliquant sur l’engouement pour la friperie, il affirme : « Le revenu du Congolais moyen aujourd’hui (environ 80 .000 F.CFA) ne lui permet plus d’habiller sa famille, d’où le recours à ce type De vêtement qui coûte moins cher».

Hélène Tsiba, ménagère de son état, ne voit, elle aussi, que du bien dans la friperie, au motif qu’elle permet d’habiller ses quatre enfants en déboursant seulement 10.000 FCFA.

« J’ai des habits de bonne qualité qui peuvent durer 6 à 9 mois l’année, ce qui me soulage. Dans les boutiques de la place, pour habiller une grande famille, il faut au moins 100.000 FCFA », exulte Hélène.

De même, tous les commerçants intervenant dans la vente de la friperie se frottent les mains. Des grossistes libanais aux détaillants, pour la plupart des Congolais mais aussi des ressortissants d’Afrique de l’ouest, on a du mal à cacher les bonnes affaires réalisées.

Clarisse Gamba, une jeune diplômée de l’université Marien Ngouabi, confie n’avoir aucun regret d’avoir eu l’idée de se lancer dans ce négoce après un long chômage. « Dès que j’achète un ballot et cela dépend du genre d’articles que contient le ballot, le premier jour de l’ouverture je peux recouvrer mon capital et même avoir un peu de bénéfice. Parfois quand c’est de bons articles, je fais cent pour cent de bénéfice », lâche la jeune fille avant d’ajouter, une pointe de fierté dans le regard, qu’elle a acquis maintenant une indépendance financière lui permettant de se passer de l’aide de ses parents.

Chez les grossistes libanais, l’enlèvement des ballots de friperie est tel que les commandes de livraison depuis l’étranger se font à une cadence effrénée. S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ce Libanais dont la boutique ne désemplit pas de ballots affirme qu’il lui arrive d’en vendre journellement « pas moins de 30». Surtout à la fin du mois, quand les salaires sont payés. 

Avec l’APA

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