home Congo, Pointe Noire La femme n’est pas l’esclave de l’homme ! »

La femme n’est pas l’esclave de l’homme ! »

Image d’archive|DR
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Associations, autorités locales, journalistes, habitantes et habitants de Les Bandas (village à 15 km au sud de Dolisie) ont dernièrement débattu des devoirs de la femme au foyer. L’occasion d’encourager aussi les époux à changer de comportement.

«La femme n’est pas l’esclave de l’homme ! Aujourd’hui, ce dernier peut aider son épouse, par exemple balayer la cour ou laver les habits. Nous ne devons plus vivre comme à l’ancien temps ! », a lancé Pierre Ndongui, secrétaire de l’association Femme rurale et les activités socio-économiques.
C’était à l’occasion d’un débat communautaire organisé le 16 décembre dernier à Les Bandas, un village de près de 900 habitants, à environ 15 km au sud de Dolisie (Niari). Thème des échanges de ce jour-là : « Les devoirs de la femme au foyer ». Ce débat a été animé en kituba par Max Poudi et Sandrine Ngoma, des journalistes du projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté ». Les discussions ont été supervisées par Gaston Elbi Enkari, coordonnateur dudit projet financé par l’Union européenne et piloté par le Centre de Ressources pour la Presse, en partenariat avec Syfia international.
Les 25 participants à ce débat, parmi lesquels trois femmes du village Moukondo Léproserie, ont évoqué le Code de la famille (article 1er) qui demande au couple de s’aimer : « Les époux s’obligent à une communauté de vie. Ils se doivent respect et affection ».

Partager les travaux ménagers
Pas si évident, à en croire bon nombre de participants… « La femme doit respecter son mari, lui préparer à manger, laver ses habits, elle doit lui être soumise, faire ce qu’il lui dit », a affirmé Bernadette Ngoma Passi, présidente du groupement Femmes unies de Les Bandas. Une opinion partagée par Augustine Biakouma, épouse du chef de ce même village : « La femme doit bien se comporter au foyer, car les enfants imitent le comportement des parents. Elle doit suivre les directives de son mari. Moi, je fais tout ce qu’il me demande. »
Pour Michelvie Pembélé, représentant à ce débat la directrice départementale de l’Intégration de la femme au développement,

« le rôle de la femme au foyer est non seulement de faire les travaux ménagers, mais aussi de soutenir économiquement son mari, en exerçant une activité génératrice de revenus. » Ernest Bouyou, président du village Les Bandas a ainsi évoqué « le problème d’un couple dans lequel la femme avait vendu les produits des champs sans le dire à son mari, alors que tous les deux y avaient travaillé. Nous lui avons parlé. Elle a compris qu’elle devait tout dire à son époux. Le couple s’entend aujourd’hui très bien. »
Pour certaines participantes, c’est le mauvais comportement des hommes qui pousse certaines d’entre elles à mal se conduire. Bernadette Passi Ngoma a assuré : « La femme devient impolie, insoumise à cause du mauvais caractère du mari ! Souvent, pendant la souffrance, l’homme reste avec elle, puis, dès qu’il a de l’argent, il regarde d’autres femmes et abandonne la première. » Joséphine Ngoubili, une autre participante, a souligné : « La femme doit se sentir aimée et respectée. Si l’homme a un peu d’argent, il doit le montrer à sa femme. »
Ces échanges, a avoué Ernest Bouyou, ont été bénéfiques : « Nous, les hommes, avons compris grâce à ce débat que nous pouvions aider nos épouses à faire certains travaux ménagers. La femme n’est pas une esclave ! ». Les hommes participants au débat ont promis de changer et d’aider par exemple leurs femmes à préparer à manger et faire quelques travaux de la maison, comme balayer la cour.

Bivihou Victor

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