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Italie : un quartier de Rome se révolte contre la venue d’immigrés

À Casale San Nicola, les habitants se sont opposés violemment aux forces de l’ordre en  disant leur exaspération face aux afflux d’immigrés, Roma, 17 Juillet 2015. ANSA/MASSIMO PERCOSSI
À Casale San Nicola, les habitants se sont opposés violemment aux forces de l’ordre en disant leur exaspération face aux afflux d’immigrés, Roma, 17 Juillet 2015. ANSA/MASSIMO PERCOSSI

À Casale San Nicola, les habitants se sont opposés violemment aux forces de l’ordre en  disant leur exaspération face aux afflux d’immigrés.

La crise grecque, les négociations autour du nucléaire iranien ont éclipsé la question des flux migratoires auxquels l’Italie est soumis depuis au moins le mois d’avril. Dans la réalité pourtant la question reste entière, et les habitants le font parfois savoir avec véhémence. D’autant que par derrière les populistes attisent le feu. Au cours de la seule journée de mercredi dernier, au large des côtes du sud de l’Italie, quelque 2700 migrants ont été sauvés de la noyade par les garde-côtes.

Il a fallu pour cela 13 opérations distinctes et l’implication de plusieurs navires aussi bien italiens que d’autres nationalités européennes et même du mouvement humanitaire Médecins sans frontières (MSF). L’Organisation internationale des migrations (OIM) indique que depuis le 10 juillet seulement, ce sont en tout 150.000 migrants qui ont gagné l’Europe dans une aventure périlleuse par la mer. La moitié d’entre eux se sont dirigés vers les côtes siciliennes de Lampedusa. Cela fait beaucoup, même si la majorité est appelée à être renvoyée chez eux.

En visite au Kenya mercredi, le Premier ministre italien a indiqué lors d’une rencontre avec les étudiants de l’Université de Nairobi que le travail de sauvetage se poursuivrait. « Nous continuerons à sauver des vies humaines parce que nous croyons en certaines valeurs. Et, moi, je représente les valeurs auxquelles mon pays croit ». Mais il ne s’est pas caché la délicatesse d’une telle attitude auprès de son opinion. « Dans mon pays, il y a beaucoup de polémiques autour de notre approche en matière d’immigration, et cela fait beaucoup discuter même en Europe. Mais les personnes qui décident de fuir l’Erythrée ne suivent pas les débats politiques italiens ».

Et, inversement pourrait-on dire, une partie des Italiens estime qu’elle n’a que faire de ce qui se passe en Erythrée ou en Ethiopie ni du sort des personnes chassées de chez elles par la misère, les conditions difficiles de l’existence ou les guerres. Vendredi, ils l’ont fait savoir dans la localité de Quinto, dans le nord de l’Italie, et dans le quartier aisé de Casale San Nicola de Rome. Ils ont mis le feu à des matelas pour empêcher l’arrivée de la police et l’installation d’une quinzaine de nouveaux migrants dans des centres de transit. A Quinto, le gouverneur de la région de Vénétie, Luca Zaïa, membre du mouvement xénophobe de la Ligue du Nord, s’est rangé aux côtés des protestataires estimant que le gouvernement était en train « d’africaniser la Vénétie ».

© Adiac-Congo

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