home Brazzaville, Congo Intégration en zone Cémac : le président de la commission appelle à un surcroît de volonté politique

Intégration en zone Cémac : le président de la commission appelle à un surcroît de volonté politique

Claudine Munari, Pierre Moussa et Raphaël Mokoko
Claudine Munari, Pierre Moussa et Raphaël Mokoko

Afin de surmonter les obstacles de l’intégration communautaire, le président de la commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), Pierre Moussa, a souhaité le 20 mars que des efforts supplémentaires soient consentis par les dirigeants de la sous-région.

« Les difficultés rencontrées aujourd’hui dans la zone nécessitent, à mon sens, un surcroît de volonté politique des États », a souligné le président de la commission lors d’une conférence de presse. C’était à l’occasion de la célébration de la 7e édition de la Journée de la Cémac, placée cette année sur le thème « Promouvoir la paix, la sécurité et l’intégration en Afrique centrale. Pour Pierre Moussa, l’espace Cémac est effectivement confronté à des problèmes qui ne favorisent pas son intégration. Il s’agit, entre autres, des entraves à la libre circulation des personnes et des biens, des problèmes liés au financement de l’organisation mais aussi de l’effondrement de l’État centrafricain provoqué par la crise actuelle qui a des répercussions sur les pays de la région. S’y ajoute la non-concrétisation d’Air Cémac, un projet pourtant tant attendu par l’ensemble de la communauté.

Déplorant que la libre circulation des personnes et de biens ne soit pas encore totalement effective dans la sous-région, le président de la commission a souhaité que les États encore réticents rejoignent les autres pour hâter l’intégration sous-régionale. « Trois États, à savoir le Cameroun, la RCA et le Congo ont déjà leurs passeports Cémac. Mais pour qu’il y ait véritablement marché commun et qu’on puisse dire que la libre circulation des personnes est bien établie en zone Cémac, il faut que le Gabon et la Guinée équatoriale qui n’ont pas encore de passeports communautaires adhèrent à cette libre circulation et la pratiquent », a expliqué Pierre Moussa. Cette libre circulation accuse un grand retard puisqu’elle devait être appliquée dans tous les pays de la sous-région dès le 1er janvier 2014.

Le président de la commission a émis le vœu de voir tous les dirigeants de la zone prendre davantage de décisions volontaristes en vue d’assurer effectivement l’intégration multiforme de la Cémac. « Il existe certes une volonté politique (…) mais, pour aller de l’avant, il faut qu’il y ait un surcroît de volonté politique. Ceci, afin de surmonter et de sortir des obstacles qui se dressent sur le chemin de l’intégration régionale, pour mettre fin au règne des égoïsmes micro-nationalistes », a ajouté Pierre Moussa. Quant à l’intégration économique, elle se heurte aussi à des problèmes délicats, selon Pierre Moussa. « Plus les États sont en crise, plus ils ont tendance à donner la priorité à leurs préoccupations d’ordre national », a t-il regretté.

Expliquant les raisons de la non-concrétisation d’Air Cémac, le président de la commission a dit que ce projet n’a pas avancé parce que les chefs d’État ont refusé le monopole d’une quelconque autre société, et souhaitent plutôt qu’il soit soumis au principe de « libre concurrence » prôné par l’Organisation mondiale des transports aériens. Pierre Moussa s’est, en outre, appesanti sur l’impact de la crise centrafricaine dans le fonctionnement de la commission. « Le fait que l’État centrafricain se soit effondré a causé beaucoup de difficultés pour l’ensemble de la sous-région : d’abord pour le fonctionnement de la Cémac, mais aussi pour d’autres institutions basées à Bangui », a affirmé le président de la commission de l’organisation sous-régionale. « Cette instabilité des institutions vient s’ajouter aux problèmes récurrents de financement de la communauté. De nombreux projets d’intégration ou transfrontaliers se trouvent ainsi ralentis pour ne pas dire bloqués », a-t-il renchéri.

« Malgré ces difficultés que je crois surmontables, a souligné le président de la commission de la Cémac,l’espoir d’une Afrique centrale émergente, où règne la paix, la sécurité est plus que permis » Outre cela, des efforts ont été consentis par la Cémac durant ces dernières années. Ils portent, entre autres, sur la convergence des politiques macroéconomiques et la coordination des politiques monétaires et budgétaires.

La Journée de la Cémac est organisée le 16 mars de chaque année pour promouvoir les idées de l’organisation et pour commémorer la date de signature du traité créant cette organisation, notamment à cette date susmentionnée, à N’Djamena, au Tchad. Notons que lors de la conférence de presse qui a permis d’édifier l’opinion sur le fonctionnement, les défis et les perspectives d’avenir de la Cémac, Pierre Moussa était accompagné de la ministre du Commerce et des Approvisionnements, Claudine Munari, et du ministre délégué à l’Intégration sous-régionale, Léon Raphaël Mokoko.      

© Adiac-Congo

 

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L’Agence d’information d’Afrique Centrale

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