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Emmanuel Kamba: «Il est temps que le Congo se dote d’un modèle économique pour son domaine pétrolier»

Mr Emmanuel Kamba

Mr Emmanuel Kamba

Suite à la baisse des cours du pétrole sur les marchés internationaux, Emmanuel Kamba, expert en systèmes de financement et conseiller à la Cour des comptes estime que le Congo doit en tirer des leçons. Définir un modèle économique pour ce domaine très volatile du pétrole et diversifier les modes de financement du développement sont entre autres options à explorer selon cet économiste.

Les Dépêches de Brazzaville : Le budget de l’Etat congolais pour l’exercice 2015 serait en train d’être réajusté à cause de la baisse du prix du baril de pétrole. Quelles conséquences peuvent découler de cette conjoncture ?

Emmanuel Kamba : Dans le jargon du marché pétrolier, quand les prix sont en Contango, c’est-à-dire poussés vers le haut, ou quand ils sont en Backwardation, c’est-à-dire à la baisse comme c’est le cas actuellement, il faut naturellement ajuster les hypothèses initiales. Actuellement, on parle d’un baril de pétrole en dessous des 60 dollars. Si les prévisions étaient faites pendant que le prix du baril était à la hausse, il est tout à fait raisonnable de revoir les hypothèses. Cette situation est valable pour tous les pays producteurs de pétrole et concerne toute société pétrolière. Il est donc important que notre pays se dote d’un modèle économique pour ce domaine très complexe. Un tel modèle est construit pour étudier et prévoir le fonctionnement du secteur d’activité. Ndlr).

LDB : Cette baisse de prix pourrait-elle avoir un effet sur le fonctionnement et les investissements de l’Etat ; sachant que le Congo dispose d’une bonne épargne… ?

EK : Cette situation pourra effectivement amener le gouvernement à revoir les prévisions initiales en termes d’investissements et de fonctionnement.

LDB : Quelles leçons pourrait-on tirer de cette baisse sensible des prix du pétrole ?

EK : Etant donné la volatilité du marché pétrolier, le développement du secteur hors pétrole s’avère obligatoire. Il va falloir investir dans les secteurs des services, de l’industrie, du tourisme, de l’agriculture, etc.

LDB : Quelles sont aujourd’hui les possibilités qui peuvent s’offrir au Congo, en termes de diversification des modes de financement de l’économie ?

EK : Nos banques disposent globalement, en Afrique centrale, de liquidités abondantes, c’est-à-dire qu’elles sont en surliquidité et cela constitue un atout pour le financement de notre économie. Donc, l’Etat peut faire appel à l’épargne publique, en émettant des emprunts obligataires, afin de financer les projets de développement.

LDB : N’y a-t-il pas des choses à craindre dans cette diversification des modes de paiement ? Par exemple un risque de surendettement ?

EK : Tous les pays du monde s’endettent. Le plus important est de gérer au mieux les fonds obtenus, de réaliser l’objet pour lequel ils ont été levés ou empruntés. Les indicateurs macroéconomiques étant bons, les comptes de la nation étant solides, il n’y a donc pas de risque de surendettement.

LDB : A vous entendre, la diversification de l’économie congolaise est indispensable. Aurait-elle un effet important dans pareil circonstance ?

EK : Nous devons sortir d’une économie de rente qui consiste à exporter les matières premières. Le développement du secteur privé est sans conteste une source de croissance économique et d’emplois. Il est reconnu que le développement d’un secteur privé plus vibrant, dynamique et productif est un objectif crucial qui est étroitement lié à d’autres objectifs non moins importants. Dans un conteste de création de richesse et d’emplois, la tâche principale du secteur privé est de produire des biens et services. La transformation locale des matières premières, le transfert de technologies, la recherche et l’innovation devraient être les nouveaux défis de l’émergence de notre pays.

LDB : Quel est, enfin, votre dernier mot sur la politique budgétaire du Congo ?

EK : La politique budgétaire de notre Etat, principal levier de lutte contre la pauvreté, doit jouer un rôle essentiel. Malheureusement notre politique budgétaire souffre d’un principal handicap : notre économie est fortement tributaire du pétrole, qui est lui-même très sensible aux fluctuations des cours sur les marchés internationaux et du taux de change du dollar par rapport à l’euro. De ce fait, notre balance commerciale est structurellement excédentaire selon la conjoncture sur les prix et présente une très grande volatilité. Les défis actuels pour notre pays résident donc dans l’identification des politiques publiques appropriées susceptibles de résoudre le problème de financement de son développement.

Propos recueillis par Thierry Noungou.
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