Diables rouges du Congo – Juvhel Tsoumou : « J’espère vraiment que tout le monde sera patient avec cette équipe »

Diables rouges du Congo – Juvhel Tsoumou : « J’espère vraiment que tout le monde sera patient avec cette équipe »

L’ancien international junior allemand exprime son enthousiasme quant à sa présence dans le groupe des Diables rouges à Lisses. S’il espère que la patience sera de mise pour ce nouveau cycle qui s’annonce, il n’en reste pas moins ambitieux pour le match de Kinshasa.

Les Dépêches de Brazzaville : Juvhel, dix ans après tes sélections en équipe de jeunes allemandes, te voici en regroupement avec les Diables rouges du Congo, ton pays de naissance. C’est une anomalie enfin corrigée ?

Juvhel Tsoumou : Oui, c’est exactement ça. Quand j’ai eu mes sélections avec l’Allemagne (en U17, U18 et U19), mon cœur penchait déjà du côté du Congo. Mais les conditions d’organisation n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Mon entourage était assez réticent et on a fait le choix sportif de l’Allemagne. Après, l’occasion ne s’est plus présentée. Mais quand ma convocation est arrivée, il y a quelques jours, je n’ai pas hésité. J’ai naturellement fait le choix du cœur. Quand j’étais petit, au pays, j’allais au stade avec mon oncle pour voir les Diables rouges. Et je m’y voyais un jour.

LDB : Quel est ton sentiment après cinq jours de stage ?

J.T : Je ne suis pas déçu. L’ambiance est à la fois bonne et studieuse. Les séances sont intenses. Je suis très heureux. Maintenant, j’attends la décision du coach en me donnant à 100% à chaque instant. Mais quoiqu’il arrive, j’espère que le groupe aura l’occasion de se retrouver pour continuer à travailler, pour parfaire les automatismes. Nous sommes plusieurs nouveaux dans ce groupe, il y a donc une grosse marge de progression.

LDB : Comment expliques-tu d’être aujourd’hui en 4e division allemande, sept ans après un but très médiatisé contre le Bayern Munich, en Bundelsiga (victoire de Francfort, le 20 mars 2010, lors de la 21e journée) ?

J.T : Quand tu es jeune, tu veux jouer, c’est normal. Mais du coup, parfois, l’impatience ne te fait pas faire les bons choix. J’aurais probablement dû être serein, gagner du temps de jeu progressivement. Quand j’ai quitté Francfort pour l’Alemannia Aachen, en 2e division, j’espérais jouer une saison pleine et revenir en Bundesliga pour être titulaire. Mais ça ne s’est pas passé comme prévu. En Angleterre, en 2011-2012, j’ai eu de meilleures sensations, mais des blessures m’ont empêché de vraiment réussir mon passage. Quand tu joues moins, les propositions que tes agents t’amènent sont moins bonnes, c’est logique. C’est comme ça que je me retrouve en 2e division autrichienne et à Senika, en Slovaquie. Heureusement, je suis arrivé au Wacker Burghausen, en 2015 et j’ai retrouvé les sensations du buteur.

LDB : Après une saison à 13 buts, tu viens d’enchaîner l’exercice 2016-2017 avec 23 buts (16 en championnat, 7 en Coupe régionale). Tu penses que ça peut-être un tremplin pour revenir rapidement dans les divisions supérieures ?

J.T : Bon, j’espère (rires). Je sais que j’ai perdu du temps, mais mon objectif c’est de retrouver le haut niveau pour deux raisons : d’abord ne pas faire le mauvais choix. Et surtout, j’ai demandé à mon agent de ne pas me parler de transfert avant la fin de stage. Je veux le vivre pleinement, ne pas être parasité par des négociations. Donc, on va gagner à Kinshasa et le 11 juin, je pourrais étudier les offres tranquillement (sourire).

LDB : Tu es né au Congo et y a grandi jusqu’à l’âge de 7 ans. Depuis ton arrivée en Allemagne, y es-tu retourné ?

J.T : Oui, en 2013 et en 2014. Je n’avais pas vraiment l’occasion d’y retourner à cause des saisons qui s’enchaînent, mais ça me manquait. J’avais besoin de revoir les gens, les endroits que j’avais dans mes souvenirs d’enfance.

LDB : Nous réalisons cette interview en français, tu parles bien entendu allemand, mais aussi anglais depuis tes passages à Preston et Plymouth. Tu es donc polyglotte, mais en langues du pays, où en es-tu ?

J.T : Lari, munukutuba, lingala… j’ai grandi en Allemagne, mais si on me parle en lari, en munukutuba, en lingala, pas de problème.

LDB : Donc, aujourd’hui, il ne te manque plus que l’occasion de chanter La Congolaise…

J.T : Ah, mais je connais l’hymne national par cœur. Je suis prêt.

LDB : Un dernier mot à nos lecteurs ?

J.T : J’espère que tout le monde sera patient avec cette équipe et avec le sélectionneur. Il essaye de relancer un cycle avec un bon mélange d’anciens et de nouveaux joueurs. Ça ne se fait pas en un claquement de doigt. Mais, nous, les Africains, nous sommes souvent dans la passion. Soyons aussi dans la patience, car si on balaie tout au premier échec, ça sera dur d’avancer. Avec le soutien de tous les Congolais, je crois que cette équipe peut aller plus haut qu’on ne le pense. Et quelle que soit la décision du sélectionneur, je serai moi-même à fond derrière les Diables rouges.

Camille Delourme

 


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