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Des Congolais parmi les migrants arrêtés en Turquie

Image d’archive|DR
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L’immigration clandestine vers l’Europe se révèle chaque jour complexe et un business très profitable car les pauvres savent payer.

Les arrivées de migrants clandestins sur les côtes italiennes n’ont jamais cessé même si le rythme a un peu ralenti. Au fur et à mesure que la Libye, pays de prédilection pour les clandestins voulant gagner l’Europe, est devenue terre de tous les dangers, les migrants passent par tous les côtés. D’autant que si habituellement ce sont les migrants africains qui privilégient la voie libyenne, ces derniers mois des désespérés venus en masse de pays en guerre comme l’Irak, l’Afghanistan et surtout la Syrie, se sont eux aussi lancés dans cette voie.

La Turquie vient d’annoncer mardi et mercredi derniers un total de 600 migrants désireux de passer par ce pays pour gagner la Grèce. Pour la seule journée de mercredi, affirme-t-on à Ankara, 149 personnes ont été découvertes dans un chantier à Bodrun, alors que 152 autres ont été découvertes à bord de trois embarcations prêtes à prendre la mer. Plus significatif, l’opération a permis de démanteler un réseau de passeurs international.

Selon la police turque, pour cette seule opération 11 improvisés-capitaines de bateau ont été arrêtés. Il s’agirait de 6 Syriens et de 5 Turcs, alors que 5 véhicules appartenant au réseau ont été saisis. Cette opération donne à voir la complexité du phénomène de l’immigration clandestine vers l’Europe : les victimes peuvent facilement être des entremetteurs, se transformer en affairistes, alors que les juteux profits de ces traversées payantes renforcent une logistique de plus en plus en pointe.

Car, pour pourris qu’ils soient, les bateaux pour la traversée, il faut bien les acheter quelque part avec de l’argent. D’où la cherté rapportée des prix de passage : jusqu’à 5000 euros par personne (un peu plus de 3 millions 200.000 F CFA). A ce taux, les 600 clandestins qui voulaient prendre la mer à leur risque et péril ont dû débourser, dans la meilleure des hypothèses, une somme faramineuse, faisant de ce trafic un business qui rapporte plus que tous les autres trafics de l’heure connus !

Complexité dans la complexité : ce sont des personnes réputées pauvres et fuyant la pauvreté qui déboursent de telles sommes, dans l’espoir de ramasser une mise supérieure une fois entrée et établie en Europe ou en Occident. La police turque affirme que les personnes arrêtées cette fois étaient de diverses nationalités : des Syriens, des Afghans… et des Congolais ! Toutes les nationalités et toutes les situations se rencontrent désormais dans le monde de la migration clandestine. La guerre et la pauvreté s’entremêlent pour créer un mal-être qui force la jeunesse à aller braver les graves risques de l’inconnu  dans les déserts et les océans.

Lucien Mpama

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