Dérapages sanitaires au Congo : la fermeture des cabinets illégaux est imminente

Dérapages sanitaires au Congo : la fermeture des cabinets illégaux est imminente

90% des structures sanitaires privées ne remplissent pas les conditions d’exercice libéral de la médecine au Congo. Les délais qui leur avaient été accordés pour régulariser leur situation sont épuisés. Le temps de la fermeture est donc arrivé…

La prolifération anarchique des cabinets médicaux illégaux saute aux yeux dans Brazzaville, en l’occurrence. « Les hôpitaux publics reçoivent régulièrement des patients ayant reçu des soins inappropriés dans certains de ces cabinets médicaux. La police et la gendarmerie ont enregistré de nombreuses plaintes relevant de la mise en danger de la santé d’autrui, avec dans certains cas, des complications graves et des décès », a fait savoir l’inspecteur général de la santé, le Pr Richard Bilekot. Pour ce faire, la ministre de la Santé et de la Population, Jacqueline Lidya Mikolo, a instruit la fermeture de ces centres illégaux comme en témoigne la circulaire, n°00027/MSP/CAB/IGS-16 du 26 juillet 2016, relative à la lutte contre l’exercice illégal des professions de santé et la mise en danger de la santé d’autrui. « Nous déplorons des dérapages », a fait savoir la ministre de la santé, lors d’un échange ce 30 août à Brazzaville avec les conseillers municipaux, les chefs de quartiers en présence du maire de la ville capitale, Hugues Ngouélondélé.

L’opération de fermeture se fera donc conformément à la loi. Une plateforme intersectorielle a été mise en place avec d’autres organes de contrôle de l’Etat, coordonnée à Brazzaville par le maire, Hugues Ngouélondélé. Le programme d’actions de la plateforme porte sur deux volets: d’abord, un plan de communication pour sensibiliser la population et les autorités locales (maires d’arrondissement, chefs de quartier, conseillers municipaux). Des actions d’information seront également menées à l’endroit des responsables des formations sanitaires. Après viendra la phase opérationnelle, consistant en la fermeture effective des cabinets médicaux illégaux par les services techniques de contrôle de l’Etat. La décision de la fermeture sera prononcée par l’inspection générale de la santé à partir des faits probants et dûment documentés.  Enfin, les services de la police administrative et de la gendarmerie exécuteront la fermeture.

Pas d’amalgame

Le gouvernement, conscient que l’offre de soins de premiers secours est aussi assurée par le secteur privé, a entrepris avec l’appui des partenaires techniques et financiers comme la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé des actions visant à réguler ce secteur en l’intégrant dans le système de santé national. Le secteur privé de la santé est d’ailleurs inclus dans le haut conseil du dialogue public-privé présidé par le chef de l’Etat. Dans ce cadre, certaines formations sanitaires privées bénéficient de l’appui technique et financier du gouvernement à travers le programme de développement des services de santé par le mécanisme de financement basé sur la performance. Ne subiront la fermeture que les formations sanitaires illégales.

En rappel, durant l’année 2015 les services du ministère de la Santé notamment: la direction départementale, la direction générale des hôpitaux et de l’organisation des soins ont émis des observations et des recommandations à l’endroit des responsables des formations sanitaires privées, afin qu’ils régularisent leurs situations. En juin 2016, l’inspection générale de la santé a mené des actions de sensibilisation et de vulgarisation des lois et règlements régissant le secteur privé de la santé à Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi et Ouesso.

En dehors de la fermeture des cabinets médicaux illégaux, la ministre de la Santé s’est également exprimée sur la bi-appartenance des médecins au secteur public et privé où ils passent le plus de leur temps. « Les médecins ont conscience de leurs engagements envers les hôpitaux publics et les heures qu’ils doivent passées en dehors de ceux-ci. Nous allons renforcer le travail de régulation de cette situation ensemble avec les structures sanitaires pour que la présence au poste soit effective et la qualité des soins aussi », a indiqué Jacqueline Lidya Mikolo.

Rominique Nerplat Makaya


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2 comments

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  1. le fils du pays
    le fils du pays 31 août, 2016, 12:21

    Tous incompetents et demolisseurs regnent a la tete du Congo depuis quarante huit ans.
    Les vrais Congolais remettront la santé et d’autres structures sociales publiques.
    Il n’y aura plus des cabines privees,c’est scandaleux l’etat dans lequel se trouve actuellement le Congo.
    Le Pct a transforme tout le Congo en un village prive,tout est prive.

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  2. JDM
    JDM 1 septembre, 2016, 22:03

    Qu’ils continuent à nous prendre pour des imbéciles, a qui ces cabinets versent-ils de l’argent pour inventer cette escroquerie, n’est pas aux policiers, dignitaires, famille du clan au pouvoir, le matériel destiné aux hôpitaux publics étaient systématiquement détournés vers ces cabinets privés, qui en avait le pouvoir en deehors de ceux qui veulent aujourd’hui nous apprendre qu’ils veulent lutter contre tout, foutaises

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