Côté d’Ivoire : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé seront jugés ensemble par la CPI

Côté d’Ivoire : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé seront jugés ensemble par la CPI
L'ex-Président ivoirien

L’ancien Chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mercredi 11 mars qu’elle jugerait l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et l’ex-chef de milice Charles Blé Goudé au cours d’un seul procès, les deux hommes étant accusés des « mêmes crimes » lors des violences post-électorales de 2010-2011 en Côte d’Ivoire.

Laurent Ggagbo est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences pour tenter – en vain – de conserver le pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle de novembre 2010, qui l’avait opposé au président actuel, Alassane Ouattara, finalement sorti vainqueur de cette crise.

Plus de 3 000 personnes avaient été tuées durant les cinq mois qu’ont duré les violences. Surnommé « le général de la rue » pour sa capacité à mobiliser les foules, Charles Blé Goudé est lui accusé d’avoir « œuvré étroitement avec Laurent Gbagbo et d’autres membres de son entourage immédiat » pour exécuter un plan commun dont le but était de conserver le pouvoir.

L'ex-bras droit du président ivoirien Charles Blé Goudé à La Haye le 27 mars 2014

L’ex-bras droit du président ivoirien Charles Blé Goudé à La Haye le 27 mars 2014

Les juges avaient décidé en décembre de juger M. Blé Goudé, confirmant quatre charges de crimes contre l’humanité contre l’ancien chef des « jeunes patriotes », mouvement pro-Gbagbo.

Un seul procès, plus équitable et plus pratique

La CPI précise ainsi dans son communiqué :

« La Chambre a noté que les charges confirmées contre M. Gbagbo et M. Blé Goudé découlent des mêmes allégations, à savoir des crimes qui auraient été commis au cours de quatre mêmes incidents, par les mêmes auteurs directs, qui ont ciblé les mêmes victimes parce qu’elles étaient perçues comme étant des partisans d’Alassane Ouattara [l’actuel président ivoirien]. »

La procureure de la CPI avait demandé en décembre la jonction des affaires, les éléments de preuve étant « en grande partie les mêmes ».

« Un procès conjoint est adéquat pour garantir des procédures équitables et rapides », ont conclu les juges, qui ont donc annulé la date du début du procès dans l’affaire Gbagbo, prévue pour le 7 juillet, sans donner de nouvelle date. Un seul procès permet aussi d’éviter que des témoins doivent se présenter à la CPI à plusieurs reprises, a ajouté la Cour.

L’épouse de Laurent Gbagbo, Simone, a, elle, été condamnée dans la nuit de lundi à mardi à vingt ans de prison par la justice ivoirienne pour ses responsabilités dans la crise. Aucun membre du camp Ouattara n’a encore été inquiété par la CPI.

AFP avec OEIL D’AFRIQUE 


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