Côte d’Ivoire : ces filles de ménages chères payées mais qui dorment dehors

Ces filles de ménages chères payées mais qui dorment dehors

Filles de ménages très spéciales à Cocody-Angré elles sont parmi les plus chers payées des employés de maison de la capitale économique voire même du pays. Avec un salaire minimum au dessus du SMIG ivoirien elles sont au dessus du lot des servantes et nounous d’Abidjan. Bienvenus chez les princesses des grosses maisons huppées d’Abidjan.

Aicha, 36 ans est femme de ménage à Cocody-Angré 8e tranche dans une maison, cossue, propriété d’un avocat international. Elle est payé cent trente mille (130 000 FCFA) le mois avec plusieurs avantages et cela se sent bien sur son visage rayonnant. Elle possède un Iphone 4 et n’hésite pas de temps en temps à jouer avec l’écran.

” Ici c’est moi la gouvernante de la maison. Presque tout est sous ma responsabilité, des deux cuisinières au jardinier, en passant par le blanchisseur. Même les  trois chauffeurs sont dedans”. En gros Aicha gère toute la maisonnée et son personnel. Elle a à sa disposition une voiture domestique lui permettant de faire les courses pour ses employeurs, elle règle les factures surtout que ce couple est presque toujours absent.

“Aicha elle, c’est une princesse dans la maison, c’est elle qui gère tout ici”, nous dira Mamadou le chauffeur, un adulte de la cinquantenaire passée.

A la différence d’Aicha, une autre fille de ménage à un pâté de maison vit une autre expérience. Rokia comme on l’appelle, dit toucher 150 000 FCFA avec presque les mêmes conditions mais n’habite pas chez son employeur comme Aicha. Rokia vit le jour dans cette famille et la nuit dort à la belle étoile avec d’autres “sœurs du même métier”

Elle témoignera que c’est pour gagner plus qu’elles ne dorment pas chez leurs employeurs car une fois installée au domicile de ceux-ci, le salaire est revu à la baisse. “On gagne quand on n’y dort pas. Parce qu’ils paient bien, mais une fois ils vous prennent en charge ils ne paient pas bien. Ils proposent des miettes à celles qui dorment chez eux et ne les respectent pas souvent. Nous on leurs a dit que chaque soir nous allons rentrer car nous sommes en couple.”

En réalité, ces filles usent de mensonges pour faire grimper les enchères car la nuit tombée, ces employées de maison d’une autre catégorie s’entassent sur des nattes dans un coin du quartier Djibi pour dormir. Elles sont plus d’une dizaine dans cette situation et chaque jour de nouvelles viennent s’y ajouter. Elles utilisent la douche de fortune du blanchisseur du quartier qui est devenu pour elles un tuteur heureux. Lui aussi à son tour, ne se fait pas prier pour profiter de la situation en leur imposant une sorte de loyer mensuel qui certes dérisoire prend en compte la garde de leur effets, leurs linges, le dortoir ainsi que la douche.

Nous vivons cette situation à cause de nos familles

Comme Rokia, ces filles qui dorment à la belle étoile malgré ces salaires consistants disent être prisonnières de leurs familles. Elles sont obligées de faire cela pour gagner un peu plus à cause de la famille qu’elles ont à leurs charges.

” Nous dormons dehors parce qu’ici les loyers de maison sont très élevés et pour rassembler la caution ce n’est pas du jeu. Même si nous prenons une maison ça sera pour garder nos affaires car nous passons toute la journée au boulot. Nous arrivons ici la nuit juste nous doucher et dormir surtout que nous sommes fatiguées par les travaux de la journée. Le lendemain matin très tôt nous sommes reparties, donc maison là on va payer cadeau ! ”

Dans ce groupe de femmes de ménage peu ordinaires existent “les mercenaires”. Elles font le même travail mais sauf qu’elles ont plusieurs ménages à charge dans la journée. Elles travaillent pour la plus part dans des appartements de jeunes cadres  célibataires. Femmes comme hommes ils en existent plusieurs dans le quartier qui vivent seuls. Elles passent une à deux fois dans la semaine chez chacun d’eux pour faire le ménage. La ronde leur prend toute la journée et c’est ainsi chaque jour de la semaine.

Antoinette K. “Mercenaires” dit exercer ce travail voilà maintenant 2 ans, pour  cause, sa mère malade d’une tumeur et restée au village. ” Ces médicaments coûtent chers et je n’ai personne pour m’aider surtout que je suis l’aînée. J’ai aussi un garçon de 8 ans qui vit au village avec ma mère, sans compter mes deux petites sœurs et mon petit frère qui vont tous à l’école. Je n’ai pas le choix je suis obligée de faire face à ça et beaucoup ici sont dans le même cas que moi.”

Si dans le quartier ou elles ont “immigré” on les surnomme les “servantes chocos” ces femmes aux allures fières venues pour la plus part des villes de l’intérieur,  vivent le martyr de la vie. Sans domicile fixe et sans intimité, elles bluff dans le travail pour avoir les meilleurs revenus car les charges de familles sont nombreuses et elles sont seules à les assumer.

J’espère que Dieu nous viendra en aide un jour par ce que c’est plus dur pendant la saison des pluies. A cette période nous sommes obligées de squatter les maisons inachevées avec tous les risques que cela comporte. Nous sommes parfois obligées de nous soumettre aux exigences des vigiles pour partager la chaleur de leur guérite.’’

Avec Cotedivoirenews

Ici Brazza

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