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Congo : Une blague de mauvais goût fait perdre à l’UPADS ses deux sénateurs

 

Décidément l’UPADS aime bien souffler le chaud et le froid. En effet, les élections sénatoriales organisées le jeudi 31 août ont donné à voir un parti membre de l’opposition vraiment en proie à une crise interne sérieuse. Elle s’est révélée au grand jour pendant le scrutin des sénatoriales dans le Département du Niari, à Dolisie. A vouloir jouer au plus fin, le parti aux trois palmiers a perdu les deux sièges de sénateurs qu’il occupait dans la législature précédente.

Il y avait cinq candidats en lice pour le compte de ce parti. Mais une scène rocambolesque a eu lieu, qui n’augure pas de lendemains rassurants pour cette formation politique. Une blague de mauvais goût qui a tourné à la dérive.
L’UPADS, principal parti de l’opposition, avait aligné ses candidats avec la ferme intention de s’imposer dans le département ou, au moins, de conserver ses sièges de la précédente mandature. Etaient présentés au poste de sénateurs futurs : Joseph Adam Boussou-Diangou, Emmanuel Boungouanza, Philippe Mounguina, Guillaume Foutou et Nzaou Tsimbi. Le PCT, la locomotive de la majorité présidentielle, avait investi 3 candidats : Michel Mahinga, Mme Ondaye née Mapessi Tsona Bernadette et Pierre Damien Boussoukou-Mboumba. Mais suite à une clause avec son allié, le MAR (Mouvement action et renouveau), n’avait présenté finalement qu’un seul candidat, Pierre Zély Inzoungou-Massanga
Cette clause a été salutaire pour les deux formations politiques de la majorité présidentielle, dont les relations semblaient s’envenimer, après les résultats issus des élections locales de 2014. Leurs candidats ont tous gagné, sauf Pierre Damien Boussoukou-Mboumba. Le jeu de la démocratie a-t-il, si l’on peut dire, trop joué? Beaucoup de candidats : 22 au total dont des nombreux indépendants. D’ailleurs deux d’entre eux ont gagné: Clobert Ibinda et Alphonse Koua. Mais la pléthore n’est que rarement gage d’efficacité.

A malin, malin et demi

Le scrutin était lancé à l’hôtel de la préfecture de Dolisie aux premières heures de la matinée. Les grands électeurs défilaient à tour de rôle, pour accomplir leur devoir civique. Le vote se déroulait sans heurts. Mais les candidats de l’UPADS garderont un bien mauvais souvenir de ce vote. Ils sont passés à côté de la victoire des deux sièges qui étaient à leur portée, à la surprise générale.

Que s’est-il passé ? L’UPADS a rencontré une cuisante défaite, mais la cause remonte non pas tant au jour du vote crucial qu’aux législatives de 2017 où l’ancien député de la deuxième circonscription de Dolisie, Guillaume Foutou, avait mal digéré son éviction. Au terme de primaires internes au parti, Jérémie Lissouba, le fils de son père, lui avait été préféré.
Aussi, afin de le contenter, avait-il été positionné à Pointe-Noire, dans la deuxième circonscription de Loandjili où il avait pourtant perdu. Sans se décourager et, certainement en ruminant sa vengeance, il a décidé de se présenter aux sanatoriales de Dolisie aux côtés de ses deux camarades sénateurs du parti, à savoir Emmanuel Boungouanza et Joseph Adam Boussou-Diangou qui avaient fait leur entrée au Sénat en 2008.
A ces trois candidatures, s’étaient ajoutées deux autres, la direction du parti restant muette. Les choses se sont précipitées lorsque chacun des candidats a commencé à battre individuellement campagne. Malheureusement, le jour du vote, c’est le ridicule qui a été récolté. En effet, alors que le vote se déroulait, une correspondance de l’UPADS parvenait à la CENI (Commission électorale nationale indépendante) locale. Elle demandait le retrait d’un des cinq candidats en lice, en l’occurrence Philippe Mounguina. Plus tard, une deuxième correspondance arrivait demandant cette fois-ci le retrait de deux autres candidats, à savoir : Guillaume Foutou et Nzaou Tsimbi, pour laisser place aux deux anciens sénateurs: Adam Boussou-Diangou et Emmanuel Bongouandza.
Les deux derniers candidats retirés refusent d’obtempérer et maintiennent leurs candidatures dont le retrait, selon eux, était décidé de façon unilatérale. Fin du mot : l’UPADS a finalement perdu ses deux sièges programmés.
En tout cas, une crise en perspective s’annonce au sein de cette formation politique autour de questions à résoudre en urgence. Telle : quel sera le sort des deux candidats récalcitrants qui ont bravé la discipline du parti et fait dérailler la machine? A Dolisie où le parti est pourtant fortement implanté certains militent en perdent leur sommeil. Affaire à suivre!

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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