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Congo : Thierry Moungalla répond aux accusations d’Amnesty et du Mgr Portella

Thierry Moungalla et Mgr Louis Portella Mbuyu
Le ministre congolais de la Communication, Thierry Moungalla et Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala dans le département du Pool.

Le ministre congolais de la Communication, Thierry Moungalla a réagi mardi aux accusations d’Amnesty International au sujet des frappes aériennes gouvernementales menées depuis 15 jours dans le département du Pool, au Congo-Brazzaville. Ces bombardements menés en représailles à l’attaque de Brazzaville attribuée aux Ninja du Pasteur Ntumi auraient touché des zones fréquentées par des civils. Le porte-parole du gouvernement congolais dénonce des affirmations gratuites de l’ONG.

«Amnesty International nous a habitués depuis quelques mois à des attaques totalement injustifiées sans avoir quelque élément technique ou scientifique sur le terrain capable de recouper leurs affirmations gratuites », a dénoncé Thierry Moungalla au micro de Rfi.

Moungalla se justifie par rapport aux premières conclusions de la mission humanitaire dans le Pool menée par l’organisation Caritas, conjointement avec les autorités congolaises. En effet, l’ONG catholique s’est rendue jeudi et dimanche derniers à Nkoué, Mayama centre, Kindamba centre, mais n’a pas pu pour le moment se rendre dans des villages plus reculés.

Le ministre contacté par RFI avance que cette « ONG à caractère humanitaire totalement indépendante » a conclu que les bombardements effectués ces 15 derniers jours ont fait 250 déplacés mais aucune victime civile autre que le pasteur Ntumi et ses complices en fuite.

Caritas Congo n’a pu se rendre que sur quelques-uns des sites touchés par les frappes. Par contre d’autres ONG comme l’Organisation congolaise des droits de l’homme (OCDH) et Amnesty International ne sont pas autorisées à se rendre sur place. Pour Amnesty, c’est carrément une interdiction d’entrée sur le territoire congolais. 

«On refuse l’entrée sur le territoire à des organisations dont l’objet n’est pas tant de faire une évaluation humanitaire impartiale, mais de chercher à charger les autorités nationales et à faire des enquêtes qui soient « totalement orientées et partiales », a déclaré Thierry Moungalla.

Pendant ce temps, l’ONU a engagé une discussion avec les autorités congolaises à travers la commissaire des droits de l’homme des Nations unies au sujet de l’interdiction d’accès aux ONG excepté Caritas. 

Le porte-parole du gouvernement congolais explique qu’il y a des opérations sécuritaires en cours contre des fuyards qui sont lourdement armés et il n’est pas possible d’autoriser ces organisations.

Thierry Moungalla précise toutefois que «le Congo est tout à fait ouvert à ce qu’une délégation de l’ONU vienne à Brazzaville pour discuter avec les autorités». Il estime qu’il n’y a aucune volonté du gouvernement de cacher quoi que ce soit.

Cette position du ministre est contredite par Massengo Tiassé, le 2e vice-président de la commission nationale des droits de l’homme et conseiller du candidat d’opposition Jean-Marie Michel Mokoko qui assure avoir vu lui-même des corps de victimes des frappes menées depuis 15 jours dans le département du Pool. 

«Quand je suis arrivé le 6 avril, j’ai vu les hélicoptères qui ont tiré […], et là j’ai vu sept morts. Personne ne me l’a dit, j’ai vu moi-même sept victimes. Il y a un endroit où j’en ai vu deux, un autre où j’en ai vu quatre et un endroit où j’ai vu un corps. Et je ne parle pas de ceux qui étaient blessés et ceux qui fuyaient dans la forêt. Je n’étais pas loin de là où on a tiré. Moi-même je fuyais. Ce que j’ai vu, ce sont des gars qui sont tombés par éclats d’obus ou par balles, parce que des gens tiraient des hélicoptères», a expliqué ce responsable de la CNDH du Congo.

Thierry Moungalla n’a pas manqué de réagir aux propos de Monseigneur Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala dans le département du Pool. L’évêque avait fustigé vendredi dernier, «le manque de transparence» dans le processus électoral qui a conduit au maintien de Sassou Nguesso à la tête du pays.

Moungalla accuse Mgr Mbuyu d’être « sorti de son rôle d’homme d’Eglise » en portant un jugement de valeur sur une élection et sur son caractère transparent ou non.

 

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