Congo – Scandale au lycée Nganga Edouard : 100 FCfa par élève pour participer a un devoir de classe

Les élèves en classe au Congo

Les élèves en classe|Photo d’illustration| ©DR

Alors que depuis quelques années au Congo, la gratuité de l’enseignement a été instaurée dans les écoles publiques en dépit du payement des droits d’inscriptions pour favoriser l’accession à l’éducation à tous et de lutter conte l’analphabétisation, un phénomène surprenant se passe au lycée Nganga Edouard dans le quatrième arrondissement de Brazzaville.une somme de 100 francs Cfa est exigé à chaque élève pour participer au devoir de classe. Du jamais vu hélas qu’au Congo tout est possible de voir sans même avoir besoin d’un microscope.

Des dirigeants aux dirigés, les congolais sont tous devenus les mêmes. Et pourtant, à Nganga Edouard ce n’est pas Sassou Nguesso, le président de la république ou encore Collinet Makosso, le ministre de l’enseignement primaire et secondaire qui exigent aux élèves de cotiser 100 francs Cfa pour avoir accès dans la salle afin de se faire évaluer lors d’un devoir de classe. Ce sont les enseignants qui ont instaurés ce système : « l’argent en main, les fesses au banc ». (Pas d’argent, pas de fesses sur le banc). C’est incroyable mais vrai! Le Congo ne fait qu’être gangrené par des maux et antivaleurs de la nouvelle république. Tel qu’on peut citer l’existence des agents fictifs au sein de certains corps de la fonction publique, l’existence de la dette cachée de la Société Nationale des Pétroles du Congo qui s’élèverait à 914 millions $ selon les révélations d’Africa Energy Intelligence, les arriérés des salaires à l’Université Marien Ngouabi tout comme au CHUB… les élèves aussi sont confrontés au même problème au moment où le pays est devenue en proie facile face à une crise économique qui marque les esprits. 

En effet, l’affaire des 100 frs ou de 200 frs commence à faire de remous dans certaine famille. Les enfants sont actuellement tenus obligés de se munir d’une pièce de 100frs Cfa pour participer aux évaluations. Ce phénomène se développe à Brazzaville dans presque toutes les écoles en complicité avec les directeurs d’établissements et devant l’impuissance de la direction départementale de l‘ensaisinement primaire et secondaire chargé de l’alphabétisation (DDEPSA). Dans ce lycée du quatrième arrondissement de Brazzaville, Moungali au quartier OCH situé à coté du gymnase d’Ornano et la Cité du Clairon, les élèves vivent une véritable jungle.

A notre passage, alors que nous étions en plein reportage dans les environs, un élève en tenue a été surpris entrain de mendier, demandant 200 frs à un reporter la somme de 200 frs, le samedi dernier aux environs de 9h alors que ses collègues étaient en plein devoir nous a-t-il confiés. « Je vit chez mon oncle, il est dans le pool puisque c’est un militaire. J’habite le quartier massina et très souvent je viens à pied et je repars à pied car mon oncle n’est par-là. Ce matin, nous avons un devoir de philosophie et je ne peux pas le faire du fait que je n’ai pas 100 francs pour avoir accès en dans la salle ; car le professeur est catégorique et m’a mis dehors pour chercher l’argent et faire le devoir. Je n’ai pas envie d’avoir zéro. Aidez-moi sil vous plait Tonton, je vous en prie » nous a raconté cette gamine de 16 ans environ toute en larmes. D’après les quelques élèves interrogés, les professeurs exigent qu’ils viennent en classe au jour des devoirs avec la somme de 100frs Cfa sous prétexte que cette somme permet de faire les photocopies qui servent de support d’examen aux enfants. 

Est-ce logique de la part de ces professeurs ? Combien de profs peuvent donc organiser des devoirs par jour, en une semaine et combien d’évaluations cela peut faire pour une année scolaire ? Ou c’est juste un moyen d’extorsion de fonds aux parents par le truchement des élèves ? On est tenté de dire que c’est exaspérant d’apprendre cela. Déclare un parent d’élève. Puisque ces enseignants savent que les enfants et leurs parents, soucieux de la réussite et des études de ces élèves feront tout pour que les élèves ne manquent pas la somme exigée pour prendre part aux évaluations. Même si, le corps enseignants de ce lycée n’est pas capable d’assurer la photocopie des supports des devoirs des élèves ; 100frs Cfa c’est trop leur demander pour juste une évaluation. Se plaint un élève de ce lycée. Car avec la concurrence accrue et évidente entre les «photocopieurs» dans les établissements publics de Brazzaville où le prix de la photocopie à baiser depuis des années à 15frs l’unité surtout quand on fait la commande d’un document de plus de 10 pages. Ces profs se font donc du profit au détriment de leurs élèves.

Mais cette situation épineuse et néfaste soit-elle est connue du DDEPSA de Brazzaville ? C’est ici l’occasion d’informer les pouvoirs publics et la tutelle de ce phénomène qui n’honore pas notre secteur éducatif. Combien d’enfants donc qui n’arrivent pas à avoir ce montant sont absents des salles de classe et combien échouent-ils, car sans note de classe, il est difficile de prétendre aller en classe supérieure. Plusieurs questions restent donc en suspend. Et, on se demande quel est le sort réservé à un enfant en manque de 100frs pour participer au devoir. N’aura-t-il pas de note de classe ?

Par De kissacquyl’ha

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