home Politique Congo: Sassou Nguesso subit « un camouflet », le référendum largement boudé

Congo: Sassou Nguesso subit « un camouflet », le référendum largement boudé

Le président congolais Denis Sassou Nguesso fait une déclaration aux médias après avoir voté, le 25 octobre 2015 à Brazzaville
Le président congolais Denis Sassou Nguesso fait une déclaration aux médias après avoir voté, le 25 octobre 2015 à Brazzaville

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a subi « un camouflet » lors du référendum organisé dimanche au Congo sur un projet de constitution qui lui permettrait de se représenter en 2016, a estimé lundi un des chefs de l’opposition à Brazzaville.

« Il vient d’avoir un camouflet. Les Congolais ont refusé de voter », a déclaré Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), premier parti d’opposition au Parlement, dans un entretien téléphonique avec l’AFP.

« Les Congolais ne se sont pas déplacés, c’était le mot d’ordre que nous avions donné », a ajouté M. Tsaty Mabiala, pour qui la participation dimanche n’a pas dépassé « 10% ».

Selon les observations de plusieurs journalistes de l’AFP à Brazzaville et Pointe-Noire, la deuxième ville du pays, dans le sud, et les informations récoltées dans plusieurs autres grandes villes dans diverses régions, les électeurs semblent avoir largement boudé le référendum.

Groupés en plusieurs coalitions, les opposants au chef de l’État ont qualifié cette consultation populaire de « coup d’État constitutionnel » et avaient appelé la population à la boycotter.

Le projet de constitution soumis aux urnes fait sauter les deux verrous qui empêchent M. Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat: la limite d’âge et celle du nombre des mandats présidentiels.

Revenu au pouvoir par les armes en 1997, M. Sassou Nguesso, qui avait dirigé le Congo de 1979 à 1992, cumule plus de 31 ans à la tête du pays.

La campagne référendaire a été marquée la semaine précédant le scrutin par l’interdiction des rassemblements publics, l’assignation à résidence de certains dirigeants d’opposition, et des violences meurtrières qui ont ravivé dans l’opinion le spectre des épisodes de guerre civile ayant déchiré le pays entre 1993 à 2003.

Plusieurs ONG locales et internationales ont dénoncé un climat de « répression » rendant impossible la tenue d’un scrutin dans des conditions démocratiques.

Lundi, l’internet mobile, les SMS et le signal FM de la radio française RFI, l’une des stations les plus écoutées du pays, étaient coupés pour le sixième jour d’affilée.

« Après tout ce que nous avons connu comme tracasseries, arrestations, brimades, violences inouïes (…) nous allons continuer la désobéissance civile », a encore déclaré M. Tsaty Mabiala, alors que le pays est dans l’attente des résultats officiels du référendum, qui devraient être connus cette semaine.

Par l’AFP

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