Congo – Réinsertion des ex-ninjas : une mission délicate pour le gouvernement

Une fraction de ninjas-nsiloulous de Kindamba suivant le meeting/Photo Adiac

Une fraction de ninjas-nsiloulous de Kindamba suivant le meeting/Photo Adiac

Dans le cadre de la résolution pacifique de la crise qui prévaut depuis deux ans dans le département du Pool, l’exécutif a signé, le 23 décembre 2017 à Kinkala, un accord avec la rébellion.

 

Les termes de l’accord prévoient, en priorité, la réinsertion sociale des ninjas-nsiloulous à la solde de Frédéric Bintsamou alias pasteur Ntoumi, leur chef. Mais combien sont-ils exactement, cinq mille, dix mille ou plus ? C’est encore précoce de répondre à cette interrogation. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’ils sont en nombre impressionnant, tel que constaté  les 21 et 22 mars, à l’occasion d’une mission de sensibilisation que la commission ad hoc mixte paritaire (Camp) de l’accord de cessation des hostilités dans le Pool a effectuée à Kinkala, Mindouli et Kindamba.

Cheveux longs, petite canne en main et bracelets violets au bras ou à la jambe, les ninjas sont des centaines, voire des milliers sur ce tronçon.  En effet, dans tous les villages visités, il a été constaté une mobilisation sans pareille de jeunes à ‘’défendre leur cause’’. « Ici au village Yangui, nous sommes une centaine », a confié Djo, un jeune combattant ninja rencontré sur un bouchon.

A la vérité, le long de cette route, vu la mobilisation, on est tenté de dire que tous les jeunes, ou presque, se sont radicalisés. Mais pourquoi autant de mobilisation et de dynamisme ? Les ex-ninjas eux-mêmes ont brisé le silence. « Nous combattons pour une cause nationale », a lâché un des leurs, visiblement plus extrémiste, interrogé au village Mpiem, sur la route de Kindamba.

En dehors des petits villages, on retrouve aussi une kyrielle de combattants ninjas dans les centres urbains, notamment à Kinkala, Mindouli et Kindamba. Si rien que sur cet axe, les ninjas sont en nombre impressionnant, combien sont-ils dans les axes Kindamba-Mvinza-Kimba ; Linzolo-Mbandzandounga ; Kinkala-Nganga Lingolo, mais également sur la voie de Goma Tsé-Tsé ? L’on se demande aussi combien peuvent-ils encore être en forêt dans le premier rayon de leur guide. Etant donné qu’ils sont des milliers, combien seront-ils insérés dans la Force publique ? Le gouvernement seul est habilité à lever ce voile.

Des ninjas sont classés en deux catégories

La première classe de combattants, la plus nombreuse, d’ailleurs, est celle constituée d’analphabètes ou semi analphabètes. Ils ne parlent ni ne comprennent le français. Ils ne « tchatchent » que leur laari natal, un peu le Kituba aussi, mais très rares sont ceux qui bricolent le lingala. Cette catégorie est la plus difficile à convaincre. La plus infime catégorie est celle qui parle bien, sinon assez bien la langue de Molière. Il s’agit, entre autres, des intellectuels qui se sont lancés dans le jeu pour une cause.

Tout compte fait, le gouvernement saura lui-même les classifier, afin d’identifier les types d’insertion propices à chaque catégorie. Il saura le faire, mais vraisemblablement, il aura du fil à retordre pour y parvenir. De toutes les façons, il en faut, si l’on veut garantir et pérenniser la paix dans ce département.

Firmin Oyé

 
Adiac-Congo

Adiac-Congo

L’Agence d’information d’Afrique Centrale



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