Congo – Pct contre Pct : Garde resserrée autour de Mouamba ou d’un nouveau Premier ministre ?

Le Premier ministre congolais Clément Mouamba

Le Premier ministre congolais Clément Mouamba

Au Congo, le gouvernement dirigé par Clément Mouamba fait l’objet d’une interpellation par la chambre basse du Parlement congolais. Tout semble arrangé comme dans un théâtre d’ombre où les rôles sont bien distribués.

Jean Claude Ibovi (président du MDP,Majorité présidentielle) ouvre le bal des questions orales. Pour le moins, ses manières abruptes, directes et parfois désinvoltes agacent les membres du gouvernement. D’autant que sa charge est directe et précise. Le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, qui acquiesce de la tête, feint d’amortir les « scuds » lancés contre Mouamba. Le subtile jeu de mise en scène crève les yeux. Des députés du Pct au pouvoir approuvent. En témoignent les nombreuses félicitations que reçoit Ibovi aussitôt après son intervention.

Selon certaines indiscrétions, le téléphone de la vedette du jour aurait explosé – plus de 1000 appels- confie une source proche du président du MDP. Cette sortie parlementaire confirme le dépit amoureux qui caractérise les relations entre Clément Mouamba et l’aile dure du Pct, que l’ancien responsable de l’Upads a rejoint peu avant sa nomination.

La fronde venue de l’intérieur

« Au lieu de nous aider, Mouamba contribue au pourrissement de la situation socio-économique et financière du pays« , accusent certains cadres du parti au pouvoir. Qui vont jusqu’à lui prêter des intentions « présidentialistes » en 2021. « Une biographie conçue à Paris, à l’intention du premier ministre, aurait échoué entre les mains du Chef« , renchérit-on dans les milieux où Mouamba fait office de tête de turc. Vrai ou faux? Toujours est-il que la rumeur enfle pour déstabiliser un homme qui, selon certaines indiscrétions, se couche quasiment tous les jours à 2 heures du matin, le temps d’éplucher et d’affiner certains dossiers.

Les premiers à s’illustrer en ayatollahs ayant lancé cette « fatwa » contre le Premier ministre sont ceux que l’on appelle à Brazzaville le « trio arbitral », composé de deux puissants ministres et d’un haut cadre d’une grande entreprise parapublique. Les trois séides du pouvoir de Brazzaville, ainsi que certains membres influents de la famille du chef d’Etat, n’auraient pas approuvé l’initiative du Premier ministre de s’en remettre au FMI pour résoudre la crise financière que traverse le Congo depuis 2013. «  Il veut provoquer une révolte populaire pour faire tomber le Chef… », marmonnait-on, sous forme de « songui songui », dans certains milieux autorisés de la majorité présidentielle. Mouamba en avait-il le choix, lui qui a hérité d’une situation financière catastrophique?

Ceci explique t-il le retard pris par Brazzaville pour engager des discussions franches avec le FMI, à l’issue de la réunion de décembre 2016 à Yaoundé, à laquelle ont pris part Christine Lagarde et Michel Sapin, l’ancien ministre français de l’Economie?

Est-ce pourquoi certains ministres influents boudaient les réunions du conseil de cabinet, tandis que d’autres arrivaient toujours en retard ou se payaient le luxe de voyager à l’étranger sans, au préalable, obtenir l’autorisation du Premier ministre ? « Les débuts de Mouamba ont été très difficiles à la Primature  » , reconnaît, sous couvert de l’anonymat, un conseiller du Premier ministre.  » Il en a plusieurs, dont une partie imposée de l’extérieur. Deux d’entre eux, Grégoire Lefouoba et Oyali, sollicités par Mouamba lui-même, ont été relevés de leur fonction, pour des raisons de politique politicienne. Et pour cause, certains laboratoires politiques proches du Pct ont jugé cette expertise comme une recomposition des « lissoubistes nostalgiques »… « Aujourd’hui, poursuit notre source, le premier ministre tient le gouvernail pour faire respecter la discipline au sein de l’équipe gouvernementale. À preuve, des ministres arrivés en retard ne sont plus autorisés à prendre part au conseil de cabinet.« 

De malentendus en quiproquo, de sous-entendus en remontrance, le Premier ministre est visiblement passé à la vitesse supérieure pour exiger des réformes à la Snpc et dans d’autres entreprises parapubliques. Pas nécessairement du goût de tout le monde…

S’il est vrai que Mouamba tarde à répondre à la demande sociale du fait de l’assèchement financier que connaît le pays, tout porte à croire que l’audit sur la gouvernance et la corruption recommandé par le Fmi devait permettre, à terme, d’envisager l’avenir du Congo avec optimisme. Sauf si la machine se casse. Clément Mouamba bénéficiera t-il à nouveau de la confiance du chef d’Etat pour mener à bien ces réformes ? « Possible qu’une garde resserrée autour de lui soit à l’ordre jour« , croit savoir, sans sourciller, une source bien informée. Gare néanmoins à l’effet surprise comme lorsque Mouamba lui-même est arrivé, alors que c’est Martin Mbéri qui avait les faveurs des pronostics.

Par Alphonse Ndongo

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